Histoire de la Tunisie

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Cet article fait partie de la
série Histoire de la Tunisie
Carthage
Époque arabe
La Tunisie des Beys
Protectorat français
La Tunisie indépendante

Sommaire

Préhistoire

On a retrouvé des traces de présence humaine en Tunisie datant du paléolithique.

C'est en Tunisie qu'a été trouvé (20 km à l'est de Gfasa) le plus ancien édifice religieux au monde (plus de 40 000 ans), un amoncellemnent d'objets (pierres et silex taillés, dents et ossements d'animaux) dédiés aux esprits ou aux forces de la nature, au fond d'une ancienne source, aujourd'hui asséchée.

Ainsi, plusieurs civilisations de cette âge de pierre s'y succèderont. Notamment le Capsien, à la fois présent en Afrique et en Europe.


Au néolithique (4500 à 2500 avant J.C. environ), la présence humaine a été conditionnée par la formation du désert saharien qui acquiert son climat actuel.

Egalement, c'est à cette époque que le peuplement de la Tunisie s'enrichit par l'apport des Berbères, issus semble-t-il de la migration de population libyque (ancien terme grec désignant les populations africaines en général), comme le Soudan, sinon du Moyen-Orient, et peut être même du Caucase ou du sud de l'Europe (Italie, Espagne ?)

Bref, la question des origines du peuple berbère reste ouverte.

Cette présence Berbère est attestée au moins 4 000 ans avant J.-C.

Le terme Berbère est issue du mot barbare, terme utilisé par les grecs pour désigner les étrangers à leure civilisation de manière générale.

Le néolithique, arrivé tardivement dans cette région, verra le contact s'établir entre les Phéniciens de Tyr, les futurs carthaginois qui fonderont la civilisation punique dont le centre sera la Tunisie, et les peuples de Tunisie, dont les berbères sont devenus la composante essentielle.

Ainsi, on observe le passage de la préhistoire à l'histoire en Tunisie grâce à l'apport des populations Phéniciennes principalement (même si le néolithique continuera un temps à coexister aux côtés des nouveaux arrivants).

En effet, cet apport sera notamment nuancé, entre autre dans Carthage (centre de la civilisation phénicienne puis punique en Occident), par la coexistance avec les phéniciens de populations différentes, minoritaires, mais dynamiques (artisants grecs etc.) ; comme les berbères, les grecs, italiens, ibères d'Espagne, etc. On notera de nombreux mariages mixtes contribuant a la création de la civilisation punique.

On retrouve aussi une trace écrite d'un peuple pacifique du néolithique tunisien dans l'Odyssée, à travers la rencontre entre Ulysse et les lotophages (mangeurs de lotus) qui semblaient vivre dans l'actuelle île de Djerba.

Carthage et Rome

Voir aussi l'article détaillé : Carthage

Fondation de Carthage

En 814 av. J.-C., des colons phéniciens venus de Tyr fondèrent la ville de Carthage. D'après la légende, ce serait la reine Élyssa (Didon pour les Romains), sœur du roi de Tyr Pygmalion, qui fonda la cité.

Il existe un débat sur l'exactitude de la date donnée par la tradition littéraire, celui-ci est alimenté par les découvertes archéologiques.

Mais pour l'instant la date (celle de la tradition littéraire) de 814 av J.C. est retenue.

Expansion de Carthage

Un siècle et demi après la fondation de la ville, les Carthaginois (ou puniques) étendent leur influence sur le bassin Occidental de la Méditerranée.

Ils s'affirment en Sicile, en Sardaigne, aux Baléares, en Espagne, en Afrique du Nord (du Maroc à la Libye), partagée entre les grecs de Cyrénaïques et les carthaginois), y compris sur les côtes Atlantiques du Maroc.

Cette présence prendra diverses formes, y compris la colonisation, mais elle sera d'abord commerciale (comptoirs de commerce, traités etc...)

De plus, les puniques s'appuient dans ces régions sur une ancienne présence phénicienne (sauf peut être sur les côtes Atlantiques), datant d'avant la création de Carthage. En effet, la nouvelle puissance de Carthage supplante celle déclinante des anciennes cités de Phénicie dans cet espace de la méditerranée.

De même, ils s'allient aux Étrusques. Et leurs deux flottes réunies sortent victorieuses de la bataille navale d'Alalia (Aléria), au large de la Corse, contre les grecs de Massalia (future Marseille). Ces grecs, venus des côtes turques (l'Ionie), avaient tenté de s'installer en Corse, une île juste en face de l'Etrurie et au nord de la Sardaigne (zone d'influence et de colonisation punique). Cette île était située sur la liaison la plus courte, la plus indiqué entre les cités massaliotes et les autres cités grecques du sud de l'Italie, puis plus loin avec la Méditerranée orientale.

La Corse sera par la suite une sorte de zone tampon entre les massaliotes, puniques et étrusques. En effet, les massaliotes garderont leure influence dans le nord de la Méditerranée occidentale, des côtes nord de l'Espagne aux côtes de Provence (région du sud de la France, limitrophe de l'Italie). Mais avec le déclin Etrusque, la Corse entrera dans l'orbite Carthaginoise.

Ainsi, se forme un empire de la mer, marchand dans cet occident mediterranéen.

Mais sa mutation vers un empire plus terrestre se heurtera aux grecs de Sicile, puis à la puissance montante romaine (et ses alliés comme les massaliotes, les campaniens, les italiotes).

En effet, le coeur carthaginois, la Tunisie, à la veille des guerres puniques aura un terroir agricole supérieur à celui de Rome et de ces alliés réunis. Ce riche terroir, dont l'exploitation faisait l'admiration des romains, sera d'ailleur une des premières zones agricole de l'empire romain.

Ainsi, malgré cette expansion africaine, et ailleurs (la Sardaigne était aussi en cours de colonisation, les implantations espagnoles se consolidaient etc...), cette super-puissance commerciale, maritime, terrestre, agricole, qui était en passe de vaincre les grecs en Sicile, qui avait dépassée en pérénité la civilisation Etrusque, butera puis s'effondrera face à une puissance montante, Rome.

L'explication de cette chute n'est pas encore pleinement comprise.

Mais la civilisation punique perdurera un temps sous l'empire romain par sa langue, culture, écriture, religion. En effet, la capitale carthage fut détruite, mais les autres villes tunisiennes ont continuées à vivre. D'ailleurs, la Tunisie garda son dynamisme économique punique ; elle resta un des pôles de propérité (agricole, artisanal, commercial) de l'empire romain.

Enfin, parmi les legs fait au monde, le traité d'agronomie du punique Hannon (pas celui qui parti en expédition le long des côtes atlantique d'Afrique) fut traduit en latin, car c'était le meilleur traité agricole de l'antiquité.

Les guerres contre les Grecs

Les guerres puniques

La première guerre punique couvre les années 264-241 av. J.-C.. Il s'agit d'un conflit naval et terrestre (en Sicile, Italie du Sud, et Tunisie), ayant pour origine des luttes d'influence en Sicile, une terre située à mi-chemin entre Rome et Carthage.

Les Carthaginois prennent la ville de Messine. Ceci provoque l'inquiétude des Romains en raison de la position de Messine proche des villes grecques d'Italie qui venaient de tomber sous leur protection. Le sénat ne souhaitait pas ouvrir les hostilités avec Carthage, mais le peuple demanda d'intervenir, poussé par le lobby des propriétaires terriens de Campanie qui voulait contrôler la passage maritime entre la Sicile et l'Italie (Messine est une des villes qui contrôle le passage de ce détroit). Ainsi Appius Clodius Caudex traversa et prit par surprise la garnison punique de Messine declenchant le début de la première guerre punique. Suite à ce revers le gouvernement de Carthage commence à regrouper ses troupes à Agrigente, mais les Romains mené par Claudius et Marcus Valerius Messalla prennent les villes de Ségeste et d'Agrigente après un siège de 7 mois.

Il s'ensuit 20 ans de guerres avec des fortunes diverses.

Les premières victoires sont remportés par l'armée romaine, face à des troupes puniques hétérogènes (mercenaires de toute la Méditerranée, y compris des Gaules, troupes africaines, alliés siciliens). D'ailleurs, le roi de Syracuse changea de camp suite aux premiers revers puniques et contribua avec sa flotte à ravitailler les troupes romaines en Sicile.

De plus, l'armée romaine avaient déjà affrontée (dans le sud de l'Italie, face aux cités grecques de cette région) victorieusement (tout en les intégrants) les techniques de guerres grecques utilisés par les troupes puniques.

Ainsi, les puniques perdirent une grande partie des terres siciliennes reconquises sur les grecs.

De même, eux les seigneurs de la mer, subirent une défaite navale d'importance face à une flotte romaine qui avait était construite en partie grâce à l'aide technique de grecs de Sicile alliés à Rome. Cela se fit grâce à une nouvellle arme, appelée le corbeau. C'est une sorte de boule de métal que les marins romains lancaient dans un bateau punique, pour le bloquer puis le prendre à l'abordage. Les romains avaient en effet fait l'expérience lors de précédents combats navals, de la dextérité des marins punique pour éperonner les navires et ainsi les couler ; aussi ils décidèrent de déplacer le combat naval dans l'abordage des vaisseaux adverses, car ils étaient meilleurs que les puniques au corps à corps.

Suite à cette défaite les troupes carthaginoises ont crucifiés leur chef (cela montre une certaine forme de démocratie, même au sein des troupes) en Sardaigne.

Le nouveau chef des armées en Sicile va redresser la situation.

il va mener une stratégie de raids, de guérilla, sur terre comme sur mer, en Sicile comme en Italie, tenant les positions siciliennes par des forteresses inexpugnables. En effet, l'armée punique avait une meilleure technique des sièges et des fortifications que celle des romains (technique apprise des grecs). Ainsi, les troupes romaines n'arrivèrent plus à avancer dans l'ouest Sicilien.

En Tunisie, l'armée romaine débarquée au Cap Bon sera défaite aux abords de la ville de Tunis. Et les débris de l'armée récupérés par la flotte seront éprouvés par l'incompétence navale des romains qui détruira une grande partie de sa flotte au large de la Tunisie, puis de la Sicile.

De même, un autre désastre navale (une tempète) détruira la deuxième flotte romaine au large de la sicile.

Bref, la méconnaissance romaine de la mer va peser lourdement dans le budget romain de cette guerre qui n'en finie pas.

Et se sera le lobby campanien, le principal intéressé par cette guerre, qui va payer au moins la troisième flotte romaine (qui se comptait chaque fois en plusieurs centaines de vaisseaux pour faire face aux flottes carthaginoises, qui elles aussi se reconstituaient) ; ce lobby (groupe de pression) a toutefois demandé à être rembourser par l'état romain des sommes avancées pour reconstuire une flotte. En effet, à ce moment là les caisses de l'état romain sont incapables de reconstituer une flotte.

La bataille décisive sera navale, au large de la principale citadelle carthaginoise en Sicile ; Motyé.

Et les romains, toujours en privilégiant l'abordage, en sortirent victorieux. Rome devient alors maîtresse des mers occidentales de Méditerranée.

Le chef des armées de Sicile, Hamilcar (père d'Hannibal), isolé de la Tunisie, sans espoir de ravitaillement notable (en hommes, armes etc...)proposa alors la paix à Rome (avec l'accord du gouvernement Carthaginois), il reçut même les honneurs de ses adversaires qui reconnurent en lui et ses troupes un adversaire valeureux.

La fin de cette première guerre punique, marque donc le déclin naval de Carthage, qui n'est plus maîtresse des mers, au contraire de Rome.

De même, ce conflit a coûté très cher aux deux bélligérents. Et même les indemnités carthaginoises perçus par Rome ne suffirent pas à couvrir les sommes englouties dans ce conflit.

La Sicile devient donc romaine. Mais à quel prix ; 20 ans de guerre contre les romains, en plus des précédentes guerres contre les grecs ont dus laissé des traces profondes.

Et les aternoiements pour payer les 20 000 mercenaires rapatriés par Carthage de Sicile vers la Tunisie, va aboutir à une révolte de ceux-ci ; soutenus par une partie de la population qui ne supportait plus la lourdeur des charges dues à la guerre.

Cette guerre civile fit des ravages dans les terres tunisiennes.

Mais Hamilcar réussit à rétablir militairement et socialement la situation.

Toutefois, Rome voyant Hamilcar Barca prendre de l'ascendant sur le gouvernement carthaginois, s'empara de la Sardaigne et la Corse ; îles isolés de Carthage par la perte de la Sicile et de sa suprématie navale.

Carthage alors faible ne réagit pas, mais cela confortera la volonté de revanche chez les puniques, y compris dans la famille Barca.

Toutefois on peut se poser la question du rôle des élites carthaginoises dans la tenue de cette guerre. Les puniques ont été des rudes combattants au point que le lobby romain en faveur de la guerre (les propriétaires terriens de Campanie) a du investir ses propres fonds pour financer au moins la reconstruction d'une flotte. Alors que la révolte tunisienne a pour origine en grande partie les taxes trops lourdes pour soutenir l'effort de guerre et l'avarice du pouvoir carthaginois de l'époque pour payer les mercenaires. Ainsi, on ne parle pas d'investissements des élites puniques alors au pouvoir pour soutenir l'effort de guerre (même si certaines familles ceux sont investies dans cette guerre, comme les Barca). Ceci est une interprétation personnelle.


L'expansion rapide des Carthaginois dans le Sud de l'Hispanie, s'effectue sous la conduites des Barcides (famille des Barca, dont Hannibal). Ils y fondent la ville de Nouvelle Carthage (Carthagène) et y exploitent des mines, redonnant à Carthage sa puissance économique et commerciale.

Hamilcar périra dans un combat contre des Ibères, en confortant les positions puniques dans le Sud de L'Espagne. Les ibères étaient en effet un peuple combatif, rétif pour partie à cette expansion du pouvoir carthaginois malgré une ancienne implantation phénico-punique dans cette région.

La famille Barca, soutenue par les troupes qui l'ont accompagnées dans cette conquête (troupes qui sont issues pour partie de la guerre contre les romains puis de la guerre civile, bref des hommes qui ont vécues avec Hamilcar), va continuer l'oeuvre d'Hamilcar.

En effet, son but est de redresser financièrement Carthage tout en payant les indemnités de guerre aux romains par l'apport des richesses, métaux espagnols.

De même, cela permet aux puniques de s'assurer le contrôle des métaux espagnols.

Mais il voit plus loin que les buts officiels du gouvernement Carthaginois. Il espère une revanche sur Rome, en créant les conditions d'un renouveau de la puissance militaire carthaginoise.


La Deuxième guerre punique dans les années 218-202 av. J.-C. a pour point d'orgue la campagne d'Italie : Hannibal traverse les Alpes (avec ses éléphants) mais renonce à entrer dans Rome. Le prétexte de la guerre avait été le siège de Sagonte par les Puniques, qui selon le traité de 241 était au-delà d'un fleuve délimitant les zones d'influence respectives des deux puissances rivales (apparement se ne serait pas l'Ebre, mais un fleuve plus au sud). Et Hannibal aurait délibéremment attaquer cette ville, alliée des romains.

On voit donc que le partie, le lobby revanchard des puniques à pris le dessus dans Carthage, dont le dynamisme éconmique a rapidement repris le dessus après la fin de la première punique.

On peut penser que les intérêts économiques des grandes familles carthaginoises au pouvoir n'ont pas été vraiments touchés par la première guerre punique.

Sous la conduite d'Hannibal, les troupes carthaginoises (composées de numides, ibères et de puniques), parties d'Hispanie, traversent les Pyrénées et les Alpes et envahit l'Italie. Il avait préparé longtemps à l'avance par la diplomatie son passage de l'Espagne au nord de l'Italie ; et même dans cette partie de l'Italie il réussit à se trouver des alliés. Ainsi des troupes indigènes (cette région était peuplée de gaulois) se joignirent aux troupes puniques. Puis, il descendit dans le sud de la péninsule italienne et fit des ravages par son génie militaire et diplomatique. Un nombre conséquent de villes quittèrent l'alliance romaine, et malgré le faible nombre de ses troupes écrasa plusieures armées romaines. Une de ses victoire est encore étudiée dans les écoles militaires ; la bataille de Cannes. Mais n'ayant pas assez de moyens militaires il renonça à entrer dans Rome. C'est là que Rome a montré son vrai visage. Malgré des défaites répétées, l'effondrement de sa position dominante en Italie par le défection de cités au profit d'hannibal, l'alliance entre Hannibal et les macédoniens, Rome réussit à aligner 200 000 hommes en arme. C'est un effort de guerre énorme.

De plus, elle envoya des légions en Espagne pour détruire la base de départ d'Hannibal. Et c'est en Espagne que se révéla Scipion l'Africain, un jeune officier romain formé par Hannibal à force de vivre les défaites que ce génie militaire infligeait aux romains (Scipion à vécu en tant que combattant plusieures défaites infligées par Hannibal). Rome a eut l'intelligence de reconnaître et de sortir les officiers de valeur du rang pour leur donner le commandement d'armées.

Elle rétablit alors petit à petit la situation en Italie, reprenant une à une les positions puniques, détruisant les renforts (venus de Tunisie ou d'Espagne) avant qu'ils n'arrivent à Hannibal. L'Espagne punique s'effondre face au génie de Scipion, soutenu par des troupes conséquentes.

Bref, c'est là qu'on voit les puissantes ressources de Rome, lui permettant d'écraser tous ses adversaires.

Hannibal, invaincu militairement, est alors petit à petit asphyxié, cantonné dans une région du sud de l'Italie.

La fin arrive lorsque des armées romaines débarquent en Tunisie, Hannibal est alors appelé au secours. De plus, les romains ont vaincus les troupes cantonnées en Tunisie. Et les romains ont réussis à retourner les alliés numides (royaume situé en Algérie) de Carthage, les carthaginois perdent ainsi le soutien de la très bonne cavalerie numide.

L'affrontement entre ces deux génies militaires de l'antiquité, Scipion et Hannibal, tournera à l'avantage de Scipion (qui portera alors le surnom d'Africain). Il sera aidé en cela par des troupes plus fournies en cavalerie (les numides), et par des troupes plus aguerries.

C'est la première défaite d'Hannibal et le fin de Carthage en tant que puissance politique. cette bataille a eut lieue près de Zama (probablement dans la vallée de l'ouest Siliana)

La défaite entraîna la perte de l'Espagne, la destruction de la flotte, l'interdiction de toute remilitarisation punique sans l'aval de Rome, l'interdiction de toute action africaine sans l'accord romain, le paiement d'une indemnité de guerre. Carthage devenait un état sous tutelle romaine.

Rapidement après le retour de la paix, Hannibal fut rappeler par le peuple de Carthage pour pallier à cette situation difficile. Il s'était retiré dans les terres d'origine de sa famille, dans la Byzacène, près d'Hadrumète (Sousse), même s'il est né à carthage (près de Tunis) et qu'il a vécu une partie de sa jeunesse en Espagne carthaginoise. Une fois au pouvoir, il dénonca la corruption des élites au pouvoir ainsi que l'accaparement d'une partie de l'appareil d'état par ces même élites (ce qui pouvait maintenir au pouvoir, tout en les rendant intouchales, des gens incapables de gouverner correctement), ce qui va lui attirer des haines mortelles. Ces meaux sont peut être aussi en partie à l'origine de la défaite de la première guerre punique.

Malgré la victoire finale, cette guerre marqua profondément les Romains. Et ,poussés par la crainte d'avoir à affronter à nouveau les Puniques, ils décident, selon le fameux mot de Caton (Delenda est Carthago), que la destruction totale de Carthage était le seul moyen d'assurer la sécurité de la nation romaine. En effet, malgré toutes les représailles infligées à Carthage, la cité punique retrouva vite sa puissance économique. elle s'offrit même le luxe d'offrir des tonnes de blé à Rome lors de la guerre qui opposa Rome au macédoniens (mais Rome refusa).

De plus, Rome en avait fini avec ses principaux adversaires, comme les macédoniens, réduit la résistance des farouches ibères. Il ne restait donc que la puissance économique carthaginoise qui faisait de l'ombre à l'impérialisme romain.

Saisissant le prétexte de la violation du traité de paix de 202 (Carthage dut lever une armée pour repousser les invasions numides), et profitant de la faiblesse militaire de son ennemi, le Sénat romain décida de lancer une grande offensive en Afrique, dans le but de détruire la ville rivale. La troisième guerre punique consista donc en une courte campagne destinée à amener les troupes romaines à pied d'œuvre pour le siège de Carthage, qui dura trois ans, et fut mené à bien par Publius Cornelius Scipio, surnommé pour cela le second Africain. Le siège s'acheva en -146 par la destruction complète de la ville : elle fut rasée et du sel fut semé sur les terres pour les rendre infertiles, par crainte de la résurrection de la puissance de Carthage.

L'occupation romaine

Image:Amphitheater El Djem, Typhrus, Tunesia, from the outside 13 Sept 2004.jpg

La fin de la troisième guerre punique (-146) marque l'établissement de la colonie romaine d'Afrique.

Carthage est reconstruite par Jules César (Colonia Julia Karthago). Celle-ci devint la capitale de la nouvelle province d'Afrique et retrouve rapidement son rang et sa prospérité d'autrefois.

C'est une période de grande prospérité, l'Afrique est le « grenier à blé » de Rome (cf. Colisée d'El Jem, antique Thysdrus, l'un des plus grands de l'empire).

Au Bas-Empire, la cité, gagnée au christianisme, subit les persécutions impériales. Carthage est au IVe siècle l'une des plus grandes capitales spirituelles d'Occident.

cf. Tertullien, saint Cyprien, saint Augustin.

Vandales et Byzantins

Les invasions barbares

Carthage est conquise en 439 par les Vandales, menés par Genséric.

L'Église est victime de persécutions et est particulièrement meurtrie.

La restauration byzantine

Carthage est reprise en 533 par les Byzantins (Empire romain d'Orient), menés par Justinien Ier.

Retour de la prospérité.

Justinien en fait le siège de son diocèse d'Afrique, mais à la suite de la crise monothéliste, les empereurs de Byzance, opposés à l'Église d'Afrique, se détournent rapidement de Carthage.

Ère arabo-musulmane

Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie à l'époque arabe

Cette ère est marquée par le développement urbanistique du pays, et l'apparition de grands penseurs tels que Ibn Khaldoun, historien et père de la sociologie moderne.

Les invasions arabes

Les Aghlabides

~800 : établissement de la dynastie des Aghlabides.

Construction de la Mosquée Zitouna de Tunis.

Influence de Kairouan

Les Fatimides

909 : dynastie des fatimides

921 : fondation de Mahdia, qui devient la capitale du pays

Les Almohades

1159 : unification du Maghreb (occident arabe, de l'Andalousie à la Tunisie) par les Almohades

Les Hafsides

1236 : indépendance des Hafsides (vassaux des Almohades) ; fondation d'une nouvelle dynastie à Tunis

XVe et XVIe siècles  : arrivée des mauresques musulmans et juifs andalous chassés d'Espagne par la Reconquista

Période ottomane

Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie des Beys

Annexion ottomane

1574 : La Tunisie est annexée à l'empire ottoman.

Mise sous tutelle

1705 : fondation de la dynastie des husseinites

Quoique toujours officiellement une province de l'empire ottoman, la Tunisie acquiert une grande autonomie au XIXe siècle. À cette époque, le pays vit de profondes réformes, comme l'abolition de l'esclavage et l'adoption en 1861 d'une constitution — la première du monde arabe —, et manqua même de devenir une république indépendante.

Malheureusement, en raison d'une part des la politique ruineuse des beys, et d'autre part d'interférences étrangères dans l'économie, le pays connut de graves difficultés financières qui contraignirent à déclarer la banqueroute en 1869. Ce fut l'occasion pour les grandes puissances européennes de mettre pied dans le pays, qui fit l'objet de rivalités entre la France, l'Italie et le Royaume-Uni.

La Tunisie avait à peine amorcé son virage vers l'indépendance qu'elle retombait sous le joug d'une autre puissance étrangère. Ce fut la France qui réussit à imposer au bey un protectorat, à la grande colère de l'Italie qui voyait la Tunisie comme son domaine réservé.

Protectorat français

Voir aussi l'article détaillé : Protectorat français en Tunisie

Le 12 mai 1881, le protectorat français fut officialisé par la signature du traité du Bardo. La France ne tarda pas à abuser de ses droits et prérogatives de protecteur pour exploiter le pays comme une colonie, en contraignant le bey à abandonner la quasi-totalité de ses pouvoirs au résident général de France, qui représentait à Tunis les intérêts de la République française.

Marche vers l'indépendance

La lutte contre l'occupation française commença dès le début du XXe siècle, autour de Béchir Sfar et de son Mouvement des Jeunes Tunisiens, qui devint quelques années plus tard le parti du Destour. Entré en conflit avec le régime du protectorat, le Destour a, dès la proclamation officielle de sa création le 3 juin 1920, exposé son fameux programme en 8 points.

En 1932, Bourguiba fonde avec d'autres le journal l'Action Tunisienne, qui, outre l'indépendance, prône la laïcité. Cette position originale au sein du Destour conduisit en 1934 plus tard à sa scission en deux branches, l'une islamisante qui conserva le nom Destour, et l'autre moderniste, le Néo-Destour. En 1938, Habib Bourguiba est emprisonné en France pour conspiration contre la sûreté de l'état.

En 1940, le régime de Vichy le livra à l'Italie à la demande de Benito Mussolini, qui espérait l'utiliser pour affaiblir la résistance française en Afrique du Nord. Cependant Bourguiba ne voulut pas cautionner des régimes fascistes et lança le 8 août 1942 un appel pour le soutien aux troupes alliées, position qui lui valut d'être aussitôt arrêté par les nazis, mais qui allait être à l'origine de sa remise en liberté en avril 1944.

Des négociations furent menées après la guerre avec le gouvernement français, mais leur échec provoqua en janvier 1952 le début de la révolte armée et un durcissement des positions de chaque camp. Cette situation difficile fut apaisée par la reconnaissance de l'autonomie interne de la Tunisie concédée par Pierre Mendès France le 3 juin 1955.

Enfin, le 20 mars 1956, la France finit par concéder à la Tunisie l'indépendance totale (à l'exception du port stratégique de Bizerte) et moins d'un mois plus tard fut élue l'Assemblée nationale constituante, dont le Néo-Destour remporta tous les sièges et dont son chef Bourguiba fut élu président.

La Tunisie moderne

Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie depuis 1956

La construction d'un état moderne

À l'indépendance, le pouvoir n'est pas restitué au bey mais donné au peuple tunisien, représenté par le mouvement du Néo-Destour du leader Habib Bourguiba. Celui-ci est nommé président du Conseil par l'Assemblée nationale. Les réformes se succèdent alors pour mettre en place un état moderne, parachever la souveraineté nationale et moderniser la société.

Bien que l'islam reste la religion d'état, le pouvoir des chefs religieux fut grandement réduit. Dès le 13 août 1956, dans la foulée de l'indépendance, Bourguiba fait promulguer le code du statut personnel, qui donne aux femmes, encore aujourd'hui, un statut inouï dans le monde musulman, dépassant même celui des Françaises dans certains domaines :

  • reconnaissance des droits civiques de vote et d'éligibilité
  • consentement requis pour le mariage
  • abolition de la répudiation et remplacement par une procédure de divorce judiciaire
  • interdiction de la polygamie
  • fixation d'un âge minimum pour le mariage (18 ans)
  • légalisation de la contraception et de l'avortement.

Cependant, malgré quelques tentatives, il ne put imposer l'égalité des deux sexes dans l'héritage en raison d'une trop forte réticence des chefs religieux. Il se contenta donc d'encadrer ces pratiques pour éviter les abus.

Le 25 juillet 1957, la monarchie est abolie et la Tunisie devient une république, dont Habib Bourguiba fut élu président le 8 novembre 1959. La constitution est définitivement ratifiée le 1er juin 1959.

Crise des années 1980

Au milieu des années 1980, la Tunisie connut une crise politique et sociale étouffante, avec le développement du clientélisme et de la corruption, la paralysie de l'état devant la dégradation de la santé de Bourguiba et les luttes de succession, et le durcissement du régime. Cette situation favorisa la montée de l'islamisme, ce qui mena le pays au bord de la guerre civile, avec des émeutes de plus en plus vives. Commencé dans une atmosphère de libéralisme et de laïcisation de la société tunisienne, le long règne de Bourguiba s'achève ainsi dans une atmosphère de crépuscule alimentée par une une grave crise économique et une véritable paranoïa du président, engagé dans une lutte sans merci contre la montée de l'islamisme menée par le général Zine El-Abidine Ben Ali, ministre de l'intérieur puis premier ministre.

Relations internationales

France — Peu après l'indépendance, un contentieux, connu sous le nom de crise de Bizerte, opposa le pays à la France à propos du port de Bizerte. En effet, l'ancienne puissance coloniale avait conservé cette base navale stratégique pour elle et son influence sur la rive sud de la Méditerranée. Une marche populaire sur Bizerte fut organisée pour faire entendre pacifiquement les revendications du peuple sur le sujet. Toutefois, la France réagit par la force militaire et fit des dizaines de victimes, ce qui eut pour conséquence de tendre brusquement le conflit et faillit mener à la guerre. Sous la pression des deux superpuissances, la France dut céder et mit fin le 15 octobre 1963 à une présence en Tunisie qui avait duré près d'un siècle.

Algérieunion tuniso-algérienne (à développer)

Libyeunion tuniso-libyenne (à développer)

La Tunisie sous Ben Ali

Le 7 novembre 1987, le général Zine El-Abidine Ben Ali, Premier ministre, déposa le président Bourguiba pour sénilité, et prit en main les destinées du pays à l'issue d'un coup d'état médical, unique dans les annales du monde arabe. Élu président en 1989, il poursuivit la politique de Bourguiba dont il se positionna comme le fils spirituel.

La démocratisation, bien que non encore aboutie, se fait très lentement :

  • 1987 : abolition de la présidence à vie
  • 2 avril 1989 : élection de Ben Ali à 99,9 % (il était seul candidat)
  • 20 mars 1994 : ouverture pluraliste (accession limitée de l'opposition au parlement)
  • 24 novembre 1999 : premières élections présidentielles pluralistes et quota minimum de 20% de sièges pour l'opposition au parlement

Une modification controversée de la Constitution lui permit cependant d'obtenir le droit de se représenter jusqu'en 2014. Cet amendement constitue un pas en arrière dans la démocratisation, et d'aucuns considèrent que ce faisant il a renié l'engagement qu'il avait pris en 1987 de ne pas rétablir de présidence à vie.


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