Histoire de la Rhodésie du Sud
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Image:CecilRhodes.jpg L'histoire coloniale de la Rhodésie commence au XVIe siècle avec les premières incursions portugaises, mais c'est après 1855 et la « découverte » par l'explorateur anglais David Livingstone des chutes Victoria que l'histoire de la Rhodésie va débuter.
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La Rhodésie du sud de 1890 à 1953
En 1888, le roi ndébélé Lobengula « concède » des droits miniers à la British South Africa Company (BSAC) de Cecil Rhodes, sur les territoires du Matabeleland, au sud du fleuve Zambèze. Image:Rhodes.Africa.jpg La BSAC a obtenu du gouvernement britannique une charte l'autorisant à administrer les territoires conquis en Afrique australe.
En 1890, la Pioneer Column partie de Kimberley et conduite par Leander Starr Jameson débute l'entreprise de colonisation avec la fondation de Fort Salisbury.
En 1895, la BSAC annexe les royaumes du Mashonaland et du Matabeleland au sein de la Zambézie du sud. Vaincus, les Ndébélés et les Shonas sont relégués dans des « réserves ».
Les territoires gérés par la BSAC divisés en Zambézie du Nord et Zambézie du Sud, en amont et en aval du fleuve Zambèze, sont baptisés Nyassaland (au nord-est), Rhodésie du nord, et Rhodésie du sud, en l’honneur de Cecil Rhodes initiateur de cette conquête territoriale.
Jusque dans les années 1920, la BSAC exploite ces territoires alors que les populations autochtones sont parquées dans des sortes de réserves indigènes et servent de réservoir de main d’œuvre à bon marché.
En 1922, les Blancs de Rhodésie réclament leur émancipation et l'autonomie politique. Consultés par référendum, ils écartent le rattachement à l'Afrique du Sud.
En 1923, la Rhodésie du Sud devient colonie de la Couronne britannique. Un gouvernement autonome est installé à Salisbury chargé de la gestion du territoire. Un régime ségrégationniste est officiellement instauré. La Rhodésie du Nord et le Nyassaland beaucoup moins « européanisés » demeurent sous le contrôle du Colonial Office.Le but de cet affranchissement des colons de la Rhodésie du Sud était d'encourager l'immigration vers ce territoire afin d'en faire un dominion comparable à l'Union de l'Afrique du Sud.
Jusqu'aux années 50, la Rhodésie du sud connut une lente colonisation axée autour des terres cultivables et des villes comme Salisbury, Bulawayo et Umtali à l'est.
Les chutes Victoria, à la frontière des 2 colonies rhodésiennes , permirent le développement d'un tourisme de luxe pour les Européens, les Rhodésiens et Sud-africains aisés.
La Rhodésie du Sud dans la Fédération d'Afrique Centrale (1953-1963)
En 1953, pour améliorer le développement économique de la région et freiner les aspirations nationalistes des noirs, le gouvernement britannique choisit d'expérimenter une union administrative et économique de ses colonies d'Afrique centrale en les réunissant sous le contrôle d'un gouvernement fédéral. Cette Fédération d'Afrique centrale (ou Fédération de Rhodésie et du Nyassaland) qui voit ainsi le jour fut immédiatement rejetée par les africain nationalistes.
Le poste de premier 1er ministre de la fédération revint à Sir Godfrey Huggins (anobli sous le titre de Lord Malvern) remplacé à la tête de la Rhodésie du Sud par Garfield Todd, un libéral, fédéraliste, partisan de l'accession au pouvoir en douceur de la majorité noire, et opposant à la discrimination raciale.
Le but de la Fédération était bien de maintenir la domination économique des Blancs. Les Noirs pouvaient voter mais les conditions pour accéder au droit de vote étaient tellement drastiques que moins de mille d'entre eux possédaient une carte d'électeur dans les années 50. Les officiels rhodésiens admettaient cependant que les Noirs pourraient un jour devenir majoritaires dans les parlements.
En 1955, Lord Malvern fut remplacé par Roy Welensky à la tête du gouvernement fédéral.
En 1958, Garfield Todd fut contraint par son parti, le parti fédéral uni (United Federal Party - UFP), de démissionner de son poste de premier ministre de Rhodésie du Sud. Il était remplacé par un partisan de la ségrégation, Edgar Whitehead manifestant aux Africains la volonté des Blancs d'aller vers un système d'apartheid, violent et répressif.
Dès 1959, l'état d'urgence fut proclamé dans chacune des 3 colonies.
En 1960, les représentants africains refusèrent de participer à la révision de la constitution provisoire de 1953 et quittèrent la conférence constitutionnelle pour protester contre l'intransigeance des colons blancs de Rhodésie du Sud. Ils ne tardèrent pas à engager des pourparlers avec le gouvernement britannique pour se retirer du processus de révision et obtenir l'indépendance.
Bien que le gouvernement sud-rhodésien de Whitehead ait mis fin aux mesquines discriminations raciales dans les lieux publics, les nationalistes noirs exigèrent l'égalité juridique et citoyenne.
En juillet 1961, une nouvelle constitution fédérale fut proposée par référendum aux 80 000 électeurs sud-rhodésiens. Boycottés par les 4 000 électeurs africains, elle fut approuvée par les électeurs blancs, satisfaits de voir le Royaume-Uni renoncer à ses pouvoirs réservés qui l'autorisait à intervenir pour défendre les intérêts africains.
La constitution entrait en vigueur le 6 décembre 1961 alors que les premiers troubles violents avaient lieu en Rhodésie du Sud. Le leader nationaliste noir, Joshua Nkomo, créait par ailleurs la Zimbabwe African People's Union (ZAPU) alors que l’année suivante, un autre leader noir, Robert Mugabe, fondait la Zimbabwe African National Union (ZANU). Tous deux réclamaient l’égalité raciale, le droit de vote et l’indépendance du pays qu’ils appelleraient Zimbabwe en référence à des ruines pré-coloniales découvertes dans le sud de la Rhodésie.
En mars 1962 des dissidents de l'UFP comme Ian Smith, des membres du parti du dominion et quelques groupuscules racistes créèrent le Front Rhodésien (Rhodesian Front - RF).
En décembre 1962, le RF mené par Winston Field remporta les élections générales sud-rhodésiennes. Les électeurs blancs avaient manifestement été effrayés par les déclarations de Whitehead qui avait promis aux Noirs l'abolition de toutes les discriminations raciales dont la loi de répartition des terres.
Au début de l'année 1963, la Grande-Bretagne reconnaissait le droit au Nyassaland de quitter la fédération désormais condamnée et de préparer son indépendance
Le 29 mars 1963, la même décision fut prise pour la Rhodésie du Nord.
Elle opposa néanmoins un refus à la demande d'indépendance de la Rhodésie du Sud.
Le 31 décembre 1963, la fédération de Rhodésie et de Nyassaland était officiellement dissoute.
En 1964, la Rhodésie du Sud était redevenue une colonie autonome. Jugé trop timoré par son parti, le Premier ministre Winston Field fut évincé et remplacé par Ian Smith à la direction du gouvernement.Dès sa prise de fonction le 13 avril 1964, Ian Smith réclama le droit à l’indépendance et accentua la répression contre les mouvements nationalistes noirs.
Le 1er juillet 1964, le Nyassaland rebaptisé Malawi accédait à l'indépendance, suivi de la Rhodésie du Nord sous le nouveau nom de Zambie.
Le 5 novembre 1964, Smith organisait son propre référendum sur l'indépendance. L'électorat majoritairement blanc lui apporta son soutien. Puis Smith convoqua les grands chefs de tribus lesquels lui donnèrent leur accord en tant que représentant de la population noire pour réclamer l'indépendance à la Grande-Bretagne.
Le 7 mars 1965, les élections générales amenèrent une victoire éclatante du front rhodésien qui remporta la totalité des 50 sièges de députés à pourvoir.
Les négociations tournèrent courts entre le gouvernement britannique, exigeant la mise en place d'un régime non-racial, et le gouvernement Smith, revendiquant une solution rhodésienne et préserver les privilèges de la minorité. Ce fut alors que les Nations unies semblèrent vouloir interférer dans les discussions pour faire respecter les droits des Africains, cristallisant la rigidité des colons.
Devant la fermeté du gouvernement britannique et pour éviter une indépendance imposée par Londres selon ses termes, le gouvernement colonial prit alors l’initiative en novembre 1965.
La Rhodésie sous le régime de l'UDI (1965-1980) :
Le 11 novembre 1965, Ian Smith, Premier ministre de Rhodésie du Sud, déclarait l'indépendance unilatérale de son pays, la Rhodésie (Unilateral Declaration Of Independance - UDI).
Jusque-là, seule une colonie britannique avait osé proclamer unilatéralement son indépendance : les États-Unis d'Amérique, en 1776.
Le gouvernement britannique non seulement déclara l'UDI illégale mais il prononça la dissolution du gouvernement rhodésien et la reprise directe du contrôle de l’administration de sa colonie par le gouverneur général. Ses décisions n'eurent cependant aucun effet à l’intérieur des frontières de la Rhodésie. Le Royaume-Uni s'en remit alors à l'ONU et prôna des sanctions économiques « non punitives ».
En dépit des déclarations de Diallo Tlli, son secrétaire général (« Si plus de 200 millions d'Africains libres ne parviennent pas à riposter efficacement à 200 000 colons, alors nous n'aurons pas mérité la confiance de nos peuples »), le plan d'action de la toute jeune Organisation de l’Unité Africaine (OUA) restera lettre morte.
De fait, après le 11 novembre, seule l'Afrique du Sud reconnaît la colonie sécessionniste, qui peut néanmoins compter sur le soutien indirect du Portugal colonialiste de Salazar. La ZAPU et la ZANU sont interdites, et leurs dirigeants emprisonnés.
Aux Nations unies, les résolutions se succédèrent condamnant fermement l'UDI et enjoignant les gouvernements à ne pas reconnaître le nouvel État. De recommandations, les sanctions économiques devinrent l’objet de résolutions à caractère obligatoire.
En 1968, la première résolution imposant des sanctions obligatoires totales fut votée par le Conseil de sécurité, mais certains États passèrent outre. L'Afrique du Sud et le Portugal salazariste ouvrirent même des représentations diplomatiques à Salisbury. Quant aux sanctions économiques, elles furent sans cesse contournées.
En 1968, la Rhodésie franchit un cap supplémentaire en remplaçant le drapeau bleu ciel de la colonie par un nouvel emblème aux couleurs verticales vert, blanc, vert au centre duquel était représenté les armoiries du nouveau pays. La devise demeurait « Qu'elle soit digne de son nom ».En 1969, la Loi fondamentale adoptée par les Blancs excluait toute possibilité d'accession au pouvoir pour la majorité noire.
Le 3 mars 1970, la république est proclamée en Rhodésie, adoptée par référendum. Clifford Dupont prend les fonctions protocolaires de l'ancien gouverneur général et devient le premier président. Smith est le Premier ministre et le véritable homme fort du régime.
La république de Rhodésie instituait un régime parlementaire sur le modèle anglais de Westminster. Les critères pour être électeurs étaient très stricts. Par conséquent, en 1970, seulement 8 000 africains (sur 5 millions) bénéficiaient du droit de vote afin d’élire 16 députés noirs alors que 82 300 blancs (sur 256 000 Rhodésiens) élisaient 50 députés blancs. Un sénat était institué où les Blancs prédominaient largement.
En 1970, 49 % du territoire (dont les meilleurs terres du pays) étaient détenus par les colons blancs (7 % de la population) ou par l'administration, alors que les Noirs (92 % de la population) se partageaient les 51 % restant au titre de réserves indigènes. La Rhodésie était devenu un État policier pour ses opposants ; les mouvements noirs de libération étaient interdits et leurs leaders régulièrement emprisonnés.
Les Nations Unis continuèrent à organiser l'isolement international de la Rhodésie. Si certains États et des sociétés internationales contournaient discrètement les sanctions, certains comme la RSA ou le Portugal défiaient ouvertement les résolutions internationales. Les liaisons entre Pretoria, Lourenço-Marquès (capitale du Mozambique portugais) et Salisbury étaient maintenues. On évoqua même un axe Lisbonne – Tel Aviv – Salisbury – Pretoria pour contourner les sanctions internationales.
Les États-Unis transgressèrent égalerment les résolutions en important du chrome rhodésien. En effet, la richesse de son sous-sol en métaux rares et utiles pour les industries occidentales était un atout pour la Rhodésie. L'amendement Byrd, du nom du congressiste démocrate américain à l'initiative de cette mesure, permit aux États-Unis d'importer des matériaux de Rhodésie nécessaire au développement des industries américaines dont le chrome.
Quant aux autres pays africains à la pointe du combat contre l'apartheid en RSA et contre le « gouvernement raciste » de Rhodésie, ils ne purent s'empêcher eux-même de commercer avec ces parias, étant trop souvent dépendant de leurs voies de communication construits à l'époque de la colonisation et qui en avaient fait les centres de toutes les voies de communication d'Afrique australe.
En 1971, un accord semblait intervenir entre la Grande Bretagne et la Rhodésie concernant le statut du territoire. Ce projet prévoyait la diminution progressive de la ségrégation raciale jusqu'à son abolition complète, l'extension rapide du droit de vote aux Africains et leur participation progressive aux affaires politiques du pays. Avec un tel système, il aurait fallu attendre encore 50 ans pour que les noirs deviennent prédominants au parlement. En contrepartie, la Grande-Bretagne reconnaissait l'indépendance du territoire, la légalité du gouvernement de Smith et mettait fin aux sanctions économiques. Il resterait à faire reconnaître par l'ONU le bien-fondé de cet accord.
En janvier 1972, une commission royale fut instituée, chargée de vérifier si le projet recevait l'accord de toute la population de Rhodésie, Noirs compris.
Dans son rapport publié en mai 1972, la commission reconnaissait que 98 % de la population blanche était favorable à l'accord anglo-rhodésien de même la quasi-totalité des chefs tribaux reconnus par Salisbury. Mais la commission exposait également que l'accord était rejeté par la grande majorité des Noirs qui n'avaient pas confiance dans le gouvernement blanc et trouvaient injustes la plupart des termes y figurant. Le projet se trouvait alors enterré.
En 1972, bien que la Rhodésie se soit conformée aux exigences du comité national olympique en se présentant avec une équipe multiraciale et en acceptant de défiler sous son ancien drapeau colonial, elle est exclue des jeux olympiques de Munich à quelques jours de l’ouverture.
Le 25 août 1975, John Vorster, premier ministre de RSA et Kenneth Kaunda entreprenaient une rencontre au sommet entre Smith et les leaders noirs des mouvements de guérillas dont la lutte s'était intensifiée depuis 1972. La rencontre eu lieu aux chutes Victoria, dans un wagon sud-africain stationné sur un pont situé au-dessus des chutes à la frontière entre la Zambie et la Rhodésie. La tentative de dialogue entre Smith avec Abel Muzorewa (ANC), Joshua Nkomo (ZAPU) et le pasteur Sitholé (ZANU), en présence de Vorster et de Kaunda, se solda par un échec.
Alors que la lutte des mouvements de guérilla s'intensifiait et que l'indépendance des anciennes colonies portugaises amenaient au pouvoir des gouvernements marxistes offrant des bases arrières aux mouvements de guérillas, Smith envisagea lors du congrès du front rhodésien en septembre 1975 à Umtali, de former un gouvernement avec Joshua Nkomo.
En 1976, Vorster, inquiet de l'évolution politique des anciennes colonies portugaises, entreprit de calmer la situation en Rhodésie, quitte à y laisser s'installer un gouvernement noir modéré.
Alors que Nkomo s’était radicalisé, Ian Smith accentuait ses contacts avec Abel Muzorewa en disgrâce auprès des autres mouvements de libération.
Les accords de Salisbury du 3 mars 1978, signés entre Smith et 3 leaders africains modérés, Abel Muzorewa, le révérend Sitholé et le Chef Chirau, prévoyaient la formation d'un gouvernement multiracial intérimaire chargé de mettre en place une nouvelle constitution.
Le 21 mars 1978, le premier gouvernement multiracial de Rhodésie était formé avec un conseil exécutif réunissant les signataires de l'accord de Salisbury.
En janvier 1979, la nouvelle constitution est ratifiée par les Blancs. Elle prévoyait la formation d'un régime parlementaire où 28 sièges de députés sur 100 seraient réservés aux Blancs. Bien que cette constitution ait été négociée avec Muzorewa, celui-ci fut désavoué par tous les autres mouvements noirs, les Nations-Unis et la Grande-Bretagne.
En avril 1979, les premières élections multiraciales eurent lieu et furent massivement suivies par la population noire. Le parti de Muzorewa remporta 51 des 100 sièges. Quant au Front rhodésien, sans surprise, il remportait les 28 sièges réservés aux Blancs (3 % de la population représentés par 28 % des députés).
Le 1er juin 1979, Abel Muzorewa devenait le premier Premier ministre noir de la nouvelle Zimbabwe-Rhodésie. Le premier président noir nommé fut Josiah Gumede et succéda au dernier président blanc du pays et un nouveau drapeau national adopté en septembre.
Ian Smith restait ministre dans le nouveau gouvernement qui comprenait 12 ministre noirs et 5 ministres blancs.
Pour la RSA, il s'agissait d'un gouvernement noir modéré mais pour les Nations unies, ce n'était qu'un nouveau régime discrédité et illégitime. L'absence de reconnaissance internationale et la pression de la guerilla empêcha le nouveau gouvernement d'asseoir sa légitimité d'autant plus que Smith restait, au sein du gouvernement, l'homme fort du régime.
Devant l'échec du projet de constellation d'États amis concoctés par l'Afrique du Sud, le gouvernement de Pieter Botha, depuis peu au pouvoir à Pretoria, poussa alors Muzorewa et Smith à s'installer de nouveau à la table des négociations avec la Grande-Bretagne, et les autres partis noirs d'oppositions.
Si les sanctions ne firent pas plier la Rhodésie, elles l'avaient considérablement affaiblie au bout de 15 ans. De plus, le harcèlement des mouvements de guérilla avait fini par lasser une population blanche dont le solde migratoire était devenu négatif depuis 1975.
En septembre 1979 s'ouvrirent des négociations en Grande-Bretagne entre le gouvernement britannique, le gouvernement de Muzorewa et les mouvements de libération noir (ZANU, ZAPU...).
Le 12 décembre 1979, dix ans après le début de la guérilla et vingt mille morts, l’ex-colonie rebelle accepta qu’un nouveau gouverneur soit nommé mettant fin à 14 années d’indépendance convulsives. Le gouvernement britannique nomma Lord Soames gouverneur général de la colonie de Rhodésie du Sud avec les pleins pouvoirs. L'Union Jack était de nouveau hissé à Salisbury en lieu et place du drapeau de Zimbabwé-Rhodésie marquant le retour effectif de la souveraineté britannique sur sa colonie rebelle.
Les négociations constitutionnelles ouvertes à Lancaster house en Angleterre sous l’égide de Lord Carrington, ministre de Margaret Thatcher, aboutissaient à un accord entre Smith, Muzorewa et les leaders de la ZANU et du ZAPU.
Le 21 décembre 1979, les accords de Lancaster House prévoyaient l'instauration d'un régime parlementaire, le maintien au parlement pendant 7 ans de 20 sièges sur 100 réservés aux Blancs, et l'interdiction pendant 10 ans de procéder à une nationalisation forcée de la propriété privée. Cependant, une redistribution pacifique des terres avec indemnisation conséquente était encouragée, laquelle aurait lieu sous l’égide de la Grande-Bretagne.
Aux élections des 27-29 février 1980, à l'étonnement général, le parti le plus radical chez les noirs, la ZANU de Robert Mugabe, remportait 62,9 % des voix laissant loin derrière la ZAPU de Nkomo (25 %) et l'ANC de Muzorewa (8% et 3 sièges). Les Blancs élisaient 20 représentants du Front rhodésien dont Ian Smith, pour les 20 sièges qui leur étaient réservés.
Le 18 avril 1980, l'ancienne Rhodésie accédait une nouvelle fois à l'indépendance sous le nouveau nom de Zimbabwe. Le nouvel État fut accueilli chaleureusement par la communauté internationale. Le premier Premier ministre du Zimbabwe fut Robert Mugabe, un chrétien marxiste qui avait pour modèle les États marxistes. Le nouveau président de la République était Canaan Banana, un modéré.



