Histoire de la Bretagne

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La Bretagne est une péninsule à l'extrême ouest de la France. Son histoire débute avec les Commentaires de César sur la Guerre des Gaules. Elle alors peuplée de Celtes. Mais ce sont d'autres Celtes, venus de Grande-Bretagne, qui lui donnent son nom : les Bretons.

Sommaire

Préhistoire

Antiquité

Voir article détaillé : Armorique

À l'époque gauloise, on ne parle pas encore de Bretagne. Le territoire de l'actuelle Bretagne faisait partie de l'Armorique, vaste fédération de peuples gaulois réunis sous l'appelation Confédération armoricaine s'étendant de Pornic près de Nantes à Dieppe au nord du pays de Caux. On y retrouve les départements actuels de la Loire Atlantique, du Morbihan, de l'Ille et Vilaine, du Finistère et des Côtes d'Armor, plus la quasi totalité de la Normandie actuelle avec son littoral depuis le Mont-Saint-Michel, le Cotentin jusqu'au pays de Caux (départements de la Manche,de l'Orne, du Calvados, de l'Eure et de la Seine-Maritime) plus l'Anjou avec la Sarthe, la Mayenne et leurs territoires limitrophes. Pas d'identité donc entre l'Armorique et la Bretagne, malgré la confusion qui est faite fréquemment.

Julius Caésar s'exprime ainsi :

"(…) Toutes les cités armoricaines voisines de l'Océan qui se donnent le nom d'Armoricains (Aremorici) et au nombre desquels figurent les Coriosolites, les Redones, les Ambibares, les Calètes, les Osismi, les Vénèti, les Unelli, devaient fournir 6000 hommes." (Guerre des Gaules, VII, p.35.)

L'Armorique était peuplée de plusieurs nations celtes (voir article détaillé) dont les Vénètes - celtique Veneti, qui ont impressionné César :

"Par leur marine considérable,leur supériorité nautique bien reconnue et leurs relations commerciales avec l'Ile de Bretagne, les Vénètes étaient devenus un peuple très puissant, dont l'autorité s'étendait au loin sur tout le littoral de la Gaule et de la Bretagne Insulaire. Ils possédaient un petit nombre de ports situés sur cette mer ouverte et orageuse à de grandes distances les uns des autres et rendaient tributaires presque tous les navigateurs obligés de passer dans leurs eaux" .(César, Guerre des Gaules, III,8.)

Les Vénètes, puissante et influente cité maritime de commerçants et de marins, comme plus tard Venise ou Saint Malo, avait une forte organisation, était dotée d’un Sénat et avait notamment une flotte importante pour commercer avec les îles britanniques et l'Italie dont elle diffusait le vin et l'huile(que les romains convoyaient en Armorique depuis Bordeaux), en Armorique et en Bretagne insulaire à partir de Vannes et de l'actuelle région Malouine, notamment à Hengistbury Head non loin de Bournemouth dans le Dorset actuel) et à qui elle vendait entre autres productions les salaisons et les charcuteries armoricaines déjà bien connues et appréciées à Rome et l' étain, le plomb et le cuivre de la grande île. Les Vénètes-Veneti- résidaient dans le Morbihan actuel et donnèrent leur nom à la ville de Vannes ; ils portent curieusement le même nom (Vénètes) que le peuple qui fonda une autre puissante cité commerçante et maritime : Venise.

" Les Pictons étaient hostiles aux Vénètes comme on peut le déduire de leur liaison avec le proconsul Julius Caesar dès sa première campagne (César, Guerre des Gaules, VIII,26.) et des navires construits ou fournis aux Romains par eux, par les Santons et d'autres peuples gaulois pour leur faciliter la ruine des Vénètes ".(César, Guerre des Gaules, III, 11.) En 56 av. J.-C., les navires de Jules César fournis par d'autres peuples gaulois détruisent la flotte vénète au cours de la bataille du Morbihan. Le parlement est passé par les armes et les femmes et les enfants vendus comme esclaves.

Toutes les cités armoricaines (à l'époque romaine, la cité est la circonscription administrative correspondant au territoire d'un peuple) ont le statut de colonies stipendiaires.

En 380, les Romains donnèrent le nom de "Tractus Armoricanus et Nervicanus" à un grand commandement militaire s'étendant de la Gironde au Pas de Calais et embrassant un groupe considérables de peuples, dont beaucoup avaient été jadis membres de la Confédération armoricaine.

Les migrations des Britto-romains vers l'Armorique et naissance de la Bretagne

À l'appel des Romains, des contingents bretons (fœderati) viennent de l'île de Bretagne, [[actuelle Grande Bretagne et s'installent d'abord sur la frange littorale de l'Armorique afin de la défendre contre les pirates germains qui sévissent en Manche puis s'enfoncent dans les terres pour mater les révoltes des bagaudes indigènes.

Lorsque les dernières légions romaines quittent l'île de Bretagne en 411, ils confient la défense de l'île aux Bretons. Rapidement, les raids des Pictes depuis la Calédonie (actuelle Écosse, au-delà du mur d'Antonin) et surtout des Irlandais (depuis l'Hibernie) se multiplient contre le Pays de Galles, en même temps que s'installent à l'est de l'île des peuplades germaniques, et notamment les Angles et les Saxons qui repoussent les Bretons à l'ouest. Il semblerait même que ce soit les raids et la colonisation des Irlandais qui auraient été un facteur décisif dans le départ de certaines vagues migratoires bretonnes vers le continent.

Alors des communautés entières de Bretons (cité-clan) émigrent dans une partie de l' Armorique depuis les régions de l'ouest de la Bretagne insulaire (surtout depuis le Devon et la Cornouailles) sous la conduite de leur chefs religieux et laïcs. Ces émigrants apportent avec eux leur culture, leur organisation et probablement leur langue, bien qu'il soit difficile de dire si le breton de l'époque était similaire ou non à la langue des Gaulois armoricains. Il est également difficile de quantifier la population armoricaine au moment des émigrations.

Pendant cette période de migration, l'histoire de la Bretagne recouvre à la fois la Grande-Bretagne, d'où proviennent les migrants, et la plus grande des deux péninsules de Armorique (l'autre péninsule armoricaine étant le Cotentin) qu'on finira par appeler Petite Bretagne, puis simplement Bretagne.

Notons que l'émigration bretonne en provenance des Îles Britanniques eut lieu également sur tout le territoire normand de l'Armorique, notamment le Cotentin et le département du Calvados particulièrement la région autour de Caen, comme l'ont confirmé les recherches du professeur Léon Fleuriot. Les liens du territoire qui devint plus tard la Normandie avec l’île de Bretagne ont toujours été des plus étroits (Camille Jullian Hist. de la Gaule). La Normandie a été particulièrement riche en saints bretons : sa côte faisant face à celle de la Grande-Bretagne, il serait invraisemblable que les immigrés des Ve et VIe siècles aient évité systématiquement ses rivages.Saint Patrick saint irlandais d'origine bretonne - né en Bretagne insulaire - est honoré dans plus de six paroisses normandes. Saint Méen dans trois d’entre elles. L’« exemption » de Sainte-Mère-l’ Eglise est une enclave de cinq paroisses du Diocèse de Bayeux survivance d’un ancien monastère de Saint Mewen, forme bretonne moderne Méen, cornique Mewan.Sainte Anne, Saint Armel, Saint Aubin, Saint Méen, Saint Samson sont honorés dans de nombreux lieux de Normandie. La densité des toponymes bretons en Normandie est également remarquable. Quatre paroisses bretonnes à l'embouchure de la Seine, en plus du monastère de Pentale-Saint-Samson (Pental=Talben, pen=tête, tal=front) et dans son voisinage : Saint-Maclou-de-la-Brière, - Saint-Maclou = Saint-Malo -, Saint-Maclou-de-Folleville, Saint-Maclou-de-Rouen- Eure, Saint-Thurien (Saint Turioult en 1376), subsistèrent comme entités bretonnes jusqu'au Moyen Âge et restèrent dépendantes de l’évêché de la Métropole bretonne de Dol en tant qu’enclaves de Neustrie et des bords de la Seine de l’Evêché de Dol-de-Bretagne jusque 1790. La Métropole bretonne de Dol-de-Bretagne était la plus ancienne et la plus importante abbaye-évêché bretonne de type celtique datant des premiers temps de l'émigration.

Le morcellement et la grande étendue des possessions et dépendances du Diocèse de Dol, qui est le seul Diocèse breton dans ce cas - ce qui prouve son ancienneté et son importance - s'explique par la dispersion des premières colonies bretonnes des premiers temps de l'émigration des Ve et VIe siècles, dont elle avait la charge et pour lesquelles elle devait être un grand centre spirituel, sur les côtes de la Bretagne et la Normandie actuelles. Le Havre, à l'embouchure de la Seine, fut aussi, curieusement un grand centre d'émigration bretonne dans la deuxième moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, notamment par bateau à vapeur au départ de Morlaix. Si on compte aussi la participation de l'armée bretonne du duché de Bretagne sous le commandement du duc Alain IV de Bretagne à la bataille de Hastings et à la conquête de l' Angleterre avec l'armée normande de Guillaume le Conquérant le 14 octobre 1066 cela fait un ensemble de liens historiques et culturels communs très anciens et très nombreux entre les deux parties les plus importantes de l'ancienne Aremorica que sont la Bretagne et la Normandie actuelles.

Un cas typique

Un exemple peut être fourni par Riwall, qui fonde le royaume de Domnonée vers 500. Il arrive avec une grande flotte. Il venait du royaume de Gwent dans l’est du Pays de Galles et « il continua à régner en tant que dux Brittonum de chaque côté de la mer jusqu’à sa mort ». Il fut élu roi, tant par les indigènes que par les Bretons. Riwall dut débarasser le pays d’une bande de Frisons qui avait pour chef un certain Corsold. On doit retenir l'étroitesse des liens politiques entre la Bretagne insulaire (Pays de Galles, Cornouailles, Devon), et la Bretagne armoricaine du continent qui accueille de nombreux rois, princes, clercs et fondateurs de la Bretagne insulaire. Nous les voyons traverser la Domnonée insulaire avant de passer la Manche. Il faut avoir à l’esprit que la mer a été en général un facteur d’unité : elle unissait plus qu’elle ne divisait. Dans les traditions relatives à la colonisation de la Bretagne par les Bretons nous retrouvons des royaumes doubles de ce genre. (Nora K.Chadwik Les Royaumes celtiques).

De nombreux lieux seront nommés du nom des chefs de ces clans (plou-, tre-, lan-, ...)

Les sept saints fondateurs de la Bretagne (saint Pol Aurélien (évêque de Léon), saint Corentin (évêque de Cornouaille), saint Patern (évêque de Vannes), saint Samson (évêque de Dol), saint Brieuc (évêque de Saint-Brieuc), saint Malo, évêque d'Alet, évêché transféré à Saint-Malo) et saint Tugdual, appelé aussi Tudy, Tutuarn et Pabu (évêque de Tréguier), sont probablement la version christianisée de ces chefs de clan investis de pouvoirs religieux.

Les sept évêchés traditionnels bretons étaient réputés avoir été fondés par eux. Celui de Dol n'avait pas de continuité territoriale : il était composé d'une vingtaine de paroisses autour de Dol et de nombreuses autres enclavées dans les autres évêchés, ainsi qu'en Normandie jusqu'à l'embouchure de la Seine (voir article sur saint Samson).

La plus grande des deux péninsules de l' Armorique devient alors la Bretagne mineure, ou Petite Bretagne, puis n'est plus appelée que Bretagne.

Note : la Bretagne continentale est appelée en gallois Llydaw, la terre en longueur.

Il semble que vers l'an 600 l'émigration soit achevée.

L'évolution de la situation en Grande-Bretagne

Après le départ des Romains, les Britto-romains mènent une lutte militaire contre les Saxons sous la direction de « seigneurs de guerre » issus de l'aristocratie romanisée. Le seul dont l'histoire garde le nom est Ambrosius Aurelianus (cf. Sidoine Appolinaire) (le « Riothamus » de Grégoire de Tours ?) qui combattit également sur le continent contre les Francs et les Wisigoths notamment. Il était allié au magister miliitum Ægidus (le père de Syagrius).

Ces évènements donneront naissance aux mythes de Cadwaladr et Emrys chez les Gallois et à la saga d'Arthur chez les Bretons.

Au Sud, peu à peu les Angles, les Saxons, les Jutes, les Frisons et les Francs s'établissent en nombre.

En 493 au Mont-Badon -Bannesdowne, de nos jours, près de Bath - une grande armée bretonne infligea une sévère défaite aux Saxons dont les bretons firent un grand massacre. Cette victoire bretonne, stoppa net l' avance des Anglo-Saxons et fut suivie d' une période de paix.

À partir de la bataille de Deorham (577), l'équilibre est rompu et leurs royaumes s'étendent peu à peu vers l'ouest, isolant les Bretons du sud-ouest de ceux du nord (Strathclyde, ...), puis les Gallois des Cornouaillais.

Au nord, la fusion du royaume des Pictes, du royaume irlandais de Dal Riada et des peuples britonniques du nord donna naissance à l'Écosse.

Au sud, les royaumes anglo-saxons commencèrent à s'unir, l'union étant parachevée durant l'occupation danoise puis normande.

Des principautés au duché : Bretons et Carolingiens

Après 907, les querelles des grands seigneurs affaiblissent la Bretagne. Au détriment des deux fils (Rudalt et Derien) et deux gendres d'Alain le Grand, Gurmaëlon, comte de Cornouaille se fait reconnaître roi. Les conflits entre seigneurs provoquent insécurité et anarchie. Les raids vikings reprirent, menés par les chefs Ohtor, Hroald et surtout Ragenhold. Des groupes s'installèrent en différents lieux d'implantation (notamment dans la région de Nantes). À partir de 919 la plupart des communautés religieuses fuirent en Angleterre ou en France, bientôt imités par la noblesse et les notables. De cet exode date la vénération des reliques de saints emportés par les moines dans les lieux de leur exil : celles de saint Corentin à Marmoutier, de saint Guénaël à Courcouronnes, de saint Samson à Saint-Symphorien d'Orléans et de saint Magloire à Paris.

En 936, Alain dit Barbe-Torte, fils du comte de Poher et petit-fils du roi Alain Ier dit le Grand, revenu d'Angleterre à l'appel de l'abbé Jean de Landevennec, rassemble les Bretons. Les Normands sont battus à Nantes en 937, puis à Trans le 1er août 939, date qui devint la fête nationale.

Une dispute ne tarda pas à naître entre la dynastie fondée par Alain Barbetorte, duc et comte de Cornouaille, et celle de Juhel Berenger comte de Rennes. Par alliances les Thibaldiens, comtes de Chartre et de Blois, contrôlèrent le comté de Rennes, les comtes d'Anjou le comté de Nantes.

En 987, le comte de Rennes Conan Ier triomphe des Bretons de Nantes et prend le contrôle de la Bretagne, sous la suzeraineté (nominale) des Capétiens.

Moyen Âge médian

Image:Tapisserie motte dinan.jpg En 1066, Guillaume le Conquérant envahit et conquiert l'Angleterre. Il est accompagné de nombreux Bretons.

En 1076, il fait le siège de Dol. Le roi de France, Philippe Ier, l'oblige à lever le siège et donne du poids à la suzeraineté des Capétiens sur la Bretagne.

Geoffroi II, fils d'Henri II d'Angleterre, fiancé à l'héritière du duché, résiste à la tentative de son père d'annexer le duché aux possessions anglaises, durant son règne (1181-1186). Son fils Arthur fait de même (1186-1203).

En 1185, Geoffroi II signe l'Assisse du comte Geoffroi, qui interdit le démembrement des fiefs, ce qui renforce le régime féodal breton.

La Bretagne capétienne

En 1209, Philippe-Auguste fit établir une convention pour régler le mariage de la jeune duchesse Alix (9 ans) avec le petit Henri (5 ans), fils du comte Alain de Penthièvre. Les barons breton rendent hommage à l'enfant Henri de Penthièvre.

Mais en 1213, dans le but de renforcer son pouvoir en Bretagne, le roi de France Philippe Auguste impose le prince capétien Pierre Mauclerc comme baillistre, c’est-à-dire administrateur du duché et tuteur de son fils, le duc Jean Ier de Bretagne. Ce fut Pierre Mauclerc qui introduisit les hermines dans le blason de la Bretagne. Il épouse la cause de son fief et défend son indépendance face au roi de France.

Moyen Âge tardif

À l'issue de la guerre de succession de Bretagne, une forme tempérée de la loi salique est introduite en Bretagne.

  • 1352 : les États de Bretagne, qui constitueront le Parlement de Bretagne, sont mis en place.
  • 29 septembre 1364 : Bataille d'Auray : victoire de Jean IV et de la maison de Montfort qui était le parti breton opposé au candidat (Charles de Blois) du roi de France. La Paix est conclue par le premier traité de Guérande le 12 avril 1365 et l'abdication de la duchesse Jeanne.
  • 1373 : Abandonné par sa noblesse, Jean IV repart en exil en Angleterre. Le roi de France Charles V nomme son frère le duc d'Anjou (époux d'une fille de Jeanne de Penthièvre & Charles de Blois) lieutenant-général en Bretagne.
  • 1378 : Le roi de France tente d'annexer la Bretagne, ce qui provoque le rappel par les Bretons (y compris Jeanne de Penthièvre !) de Jean IV. Le second traité de Guérande (15 janvier 1381) règle la neutralité bretonne dans le conflit anglo-français mais Jean IV ne peut éviter de prêter l'hommage lige à Charles VI.
  • 12 février-4 juillet 1420 : Attentat de Champtoceaux, le duc Jean V est enlevé par le comte de Penthièvre, fils de Jeanne de Penthièvre. Jeanne de France, duchesse de Bretagne, assiège les places rebelles et fait libèrer son mari qui confisque le biens des Penthièvre.
  • François II participe aux alliances avec les états bourguignons, le duc Charles de Normandie, le duc d'Alençon ou le comte d'Armagnac contre le roi de France Louis XI, sans succès.
  • 1464 : Parution du Catholicon, dictionnaire breton-latin-français de Jehan Lagadeuc qui est le premier dictionnaire trilingue du monde, le premier dictionnaire breton et le premier dictionnaire français de cette envergure.
  • 1487 En mars 1487 une soixantaine de nobles bretons réunis chez Françoise de Dinan à Châteaubriant font appel à la régente de France pour chasser les conseillers du duc. Celle-ci, par son agent, André d' Espinay, archevêque de Bordeaux, promet 4000 hommes aux factieux, avec pour seul objectif avoué le départ de la cour du duc de Dunois et des autres féodaux français en exil. (source: L' Etat breton tome 2 de l' Histoire de la Bretagne et des Pays Celtiques, Morlaix, Skol Vreizh, 1966).
  • En 1487, l' armée française pénètre en Bretagne. Les places frontières de Chateaubriant, Vitré, Ancenis et Clisson aux mains du parti français, s' ouvrent à elle. L' armée française atteint Vannes : elle est forte de 12000 hommes, dont cinq mille suisses et non de 4 à 6000 comme prévu et promis, ce qui est considérable. Ploërmel,qui résiste est prise et mise à sac. Les Français et leurs appuis bretons veulent en finir en prenant Nantes. La garnison et la population, aidées par des volontaires cornouaillais conduits par le marchand Michel Marion, rennais et guérandais, appuyés par des mercenaires anglais, allemands et hollandais, brisent le blocus.Le 6 Août 1487 après des semaines de combat, l'adversaire rebrousse chemin tout en s' installant à Vitré, Saint-Aubin du Cormier, Dol et Auray,entre autres. Ils doivent évacuer la Cornouaille où les paysans se soulèvent. Le baron de Rieux rallie le camp du duc et Vannes est libérée en mars 1488. (source: L' Etat breton tome 2 de l' Histoire de la Bretagne et des Pays Celtiques, Morlaix, Skol Vreizh, 1966)

L'assaillant français de la Bretagne, est renforcé de mercenaires suisses, d'une artillerie actionnée par des spécialistes italiens et suisses. Le pilonnage d'artillerie lui permet d'emporter villes et châteaux. Après la prise de Fougères, à 15000 contre 11000, l' aspect militaire du problême est réglé. La bataille de Saint-Aubin du Cormier opposa, le 28 juillet 1488, l'armée bretonne, composée 11500 hommes dont 7000 gentilhommes et francs archers bretons, 3000 Espagnols de Castille et Gascons venus par mer, 800 lansquenets allemands, reliefs de la petite armée de Maximilien de 1500 hommes, 300 Anglais, et qui était commandée par plusieurs chefs dont le capitaine Blher et le maréchal des Rieux, à l’armée française de 15000 hommes dont 5000 mercenaires suisses commandée par Louis de La Trémoille. L' artillerie française était la plus puissante d' Europe à l' époque. "6000 Bretons et alliés des Bretons restent sur la lande de Saint-Aubin du Cormier contre 1500 dans le camp français. Le nombre et la supériorité en armement ont fait la différence". (L' Etat breton tome 2 de l' Histoire de la Bretagne et des Pays Celtiques, Morlaix, Skol Vreizh, 1966)

  • Août 1488 : Découragé, François II doit accepter le traité du Verger. Le traité fut signé le 19 août 1488. Le duc s' engageait à éloigné du duché les princes et tous les étrangers qui s' étaient mêlés de la guerre contre le roi de France; il ne marierait pas ses filles sans l'avis et l'agrément du roi de France; Saint Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin seraient remis en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale seraient réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle.

Pour éviter un sursaut national comme à l' époque de Charles VI, le pacte laisse à la Bretagne son indépendance.Mais les ennemis du roi de France sont expulsés de la cour ducale et Anne, l'héritière du duché ne pourra se marier qu' avec l'accord du roi de France.

  • Septembre 1488 Le duc François II meurt à Couéron "chargé d' ennuy, vieillesse et mélancolie".

François II avait bien à la légère conpromis son duché presque irrémédiablement."Les plaies profondes de l' Etat saignaient. Les forces de la nation étaient épuisées...les peuples foulés, la noblesse découragée, les campagnes désolées et l' épargne sans argent. On faisoit les payements avec des pièces de cuir marquées d' un point d' argent au milieu" C' était grande pitié au duché de Bretagne. Anne de Bretagne n'a que douze ans et pas d' alliés.La situation est désespérée.

Bilan : En dépit de trente ans de politique d' indépendance, le règne de François II aboutit à un échec.La conjoncture interntionale privait la Bretagne d' alliés face à une France qui venait de "digérer" l' Etat Bourguignon et avait donc les mains libres.L' armée bretonne était affaiblie par le double jeu de plusieurs de ses chefs, notamment aux frontières. La bourgeoisie bien qu' active, l' administration, bien que correctement organisée, ne pouvaient dégager suffisamment de moyens pour contrer une France plus forte et désormais libre de ses mouvements. Les Bretons restèrent tout de même assez puissants pour monnayer leur intégration à la France pendant plus de trente ans. (L' Etat breton tome 2 de l' Histoire de la Bretagne et des Pays Celtiques, Morlaix, Skol Vreizh, 1966)


  • 1490 : Anne se marie par procuration avec Maximilien d'Autriche, mais Charles VIII l'oblige à rompre ce mariage, et épouse Anne en 1491.

Époque moderne

  • 1498 : Louis XII rompt son propre mariage avec Jeanne d France pour épouser la duchesse et reine douairière Anne.
  • 1514 : Claude de France, fille d'Anne et de Louis XII, hérite de la Bretagne et épouse François Ier, malgré l'opposition de sa mère, Anne, et après la mort de cette dernière. Elle lègue le duché à son époux, et à sa mort en
  • 1524 : François, fils de Claude et de François Ier, hérite du duché. Il est couronné à Rennes et reconnu duc sous le nom de François III, son père le roi François Ier conservant l'usufruit du duché.
  • 1532 : signature de l'édit d'union entre la Bretagne et la France, requis par les États de Bretagne.
  • 1536 : François III meurt, bien avant son père. Son frère Henri lui succède comme dauphin du royaume de France et comme duc de Bretagne, mais ne sera pas couronné.
  • 1547 : Le dauphin-duc Henri monte sur le trône de France sous le nom d'Henri II. Toute allusion à un duc de Bretagne disparaît, mais une certaine autonomie fiscale et réglementaire subsiste, défendue par les États de Bretagne contre les empiètements de la cour royale.
  • 1590-1598 Guerre de la Ligue : Du chef de sa femme la comtesse de Penthièvre, le duc de Mercoeur (gouverneur de Bretagne) ambitionne de se faire proclamer duc de Bretagne et s'allie avec le roi Philippe II d'Espagne. Celui-ci a d'autres vues et pense installer sa fille Isabelle (descendante aînée d'Anne, de Claude et des derniers Valois) à la tête d'un duché de Bretagne reconstitué. Henri IV amènera Mercoeur, brouillé avec Philippe II, à une soumission honorable.

Les insurgés étaient en contact avec la Hollande et attendirent des secours qui ne vinrent pas. La répression est féroce. Des centaines de Bretons sont pendus ou roués. Sebastian Ar Balp, le chef de l'insurrection est assassiné fortuitement d'un coup d'épée par le Marquis de Montgaillard, noble du Languedoc, ancien colonel de l'Armée française au régiment de Champagne, chef de la réaction de la noblesse contre l'insurrection populaire, qui était alors prisonnier des Bonnets Rouges. Madame de Sévigné a raconté dans sa lettre en date du 5 janvier 1675 à Mme de Grignan, sa fille, que des soldats français en garnison à Rennes ont embroché un enfant breton pour le rôtir ! : " Ils s'amusent à voler ; ils mirent l'autre jour un petit enfant à la broche ! ". Une rue entière de Rennes qualifiée de séditieuse est évacuée de ses habitants jetés à la rue sans ménagements et l'ordre est donné le 20 avril 1676 de démolir toutes les maisons jusqu'au niveau de la chaussée. Ils errent ensuite dans les rues de Rennes au grand désespoir du reste de la population. Source: "La Révolte du Papier Timbré advenu en Bretagne en 1675", Arthur de La Borderie, Saint-Brieuc 1884.)

  • 1720 : conspiration de Pontcallec : des membres de la petite noblesse, en contact avec l'Espagne, mènent un soulèvement anti-fiscal contre le Régent. Le marquis de Pontcallec et six autres conjurés furent arrêtés, jugés et exécutés sur la place du Bouffay à Nantes sur l'ordre de l'abbé Dubois, ministre du régent du royaume de France, Philippe d'Orléans.

La Bretagne « province réputée étrangère » perd ainsi son existence juridique, son autonomie, son Parlement, et ses particularités administratives, fiscales et juridiques, garanties par l'édit d'Union de 1532. Cette décision est l'une des causes de la chouannerie. Pour l'anectode, on retiendra que la première idée d'abolition a été proposée la veille au Club breton à Paris.

Le découpage de la Bretagne en départements prend pour base la division existante de la province en présidiaux. L'évêché et le présidial de Nantes coïncidant à peu près, la Loire-inférieure en reprend presque exactement l'emprise à quelques aménagements près, notamment à sa frontière sud sur les Marches séparantes entre Bretagne et Poitou. La définition du Morbihan se fait sans difficulté sur un moyen terme entre les limites du présidial et celles de l'évêché de Vannes, cette ville en restant naturellement le chef-lieu. Le Finistère sera établi sur le présidial de Quimper un peu retouché, malgré les contre-projets des députés brestois qui réclamaient d'obtenir le chef-lieu autour d'un Finistère entier ou réduit à sa moitié nord. Le grand présidial de Rennes hérité de l'ancienne Domnonée est divisé entre St-Brieuc et Rennes. Les départements des Côtes du Nord et de l'Ille & Vilaine qui en sont issus sont arrondis aux dépends de leurs voisins. Une âpre négociation entre villes fera échouer le projet d'un département autour de St-Malo. Nb Les présidiaux étaient eux-même issus de l'évolution des baillies médiévales.

Époque contemporaine

Des mouvements autonomistes et indépendantistes se développent à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, n'obtenant jamais une forte audience. Dans le nombre, quelques-uns mènent des actions terroristes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, certains collaborent avec l'occupant nazi, tandis que d'autres s'engagent dans la Résistance.

Création de la région administrative Bretagne qui reprend les quatre cinquièmes du territoire de la province historique sans la Loire-Atlantique. Ce détachement fait débat.

Dans les années 60, construction d'une centrale nucléaire expérimentale à Brennilis, dans les Monts d'Arrée. Exploitée conjointement par EDF et le CEA, elle a fonctionné une dizaine d'années. Depuis 1988, elle est en démantèlement (déconstruction). C'est le premier cas de démantèlement de centrale nucléaire en France.

En mars 1972, les ouvriers du « Joint Français », une usine de Saint-Brieuc, font grève pour obtenir une augmentation de salaire. La grève dure huit semaines.

Le 16 mars 1978, l'Amoco Cadiz fait naufrage à quelques centaines de mètres du rivage du petit port de Portsall en Ploudalmézeau. Il s'ensuit une marée noire qui pollue très gravement les côtes du Nord et du Nord-Ouest de la Bretagne.

En février et mars 1980, la population de Plogoff, commune où se trouve la Pointe du Raz, s'oppose à l'implantation d'une centrale nucléaire sur leur commune, malgré les paras et les hélicoptères qu'expédie le gouvernement. Elle reçoit un large soutien médiatique. Le projet de centrale est abandonné après les élection présidentielles de 1981.

Liens externes

Bibliographie

  • Alain Bouchard, Les grât croniques de Bretaigne : tant de la grande Bretaigne depuis le roy Brutus qui la conquist et la appela Bretaigne iusques au temps de Cadualadrus dernier roy breton etc., Paris,Jehan de la Roche, 1514.
  • Pierre Le Baud, Histoire de Bretagne avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval, 537 pages et 215 pages, Paris,chez Gervais Alliot,1638,in-f°.
  • Bertrand d'Argentré, Histoire de Bretaigne, in-f°, 1174 pages, Paris,J.Dupuys, 1582 et édition de 1588,in-f°de 831 pages - édition de 1582 saisie par le pouvoir royal français -- édition de 1588 censurée puis interdite par le pouvoir royal français du roi de France Henri III.- 3° édition Paris,Nicolas Buon,1618,in-f°.,4° édition Rennes,Vatar, 1668.
  • Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, 2 vol. in-folio, Paris, Veuve Muguet, 1707.
  • Histoire des ducs de Bretagne. Dissertation historique sur l'origine des Bretons sur leur établissement dans l' Armorique et sur leur premiers rois, Paris,Rollin et fils,Libraire,1739.
  • Dom Morice et Dom Taillandier, Histoire de Bretagne, 2 vol. in-folio, Paris, Veuve Delaguette, 1750-1756.
  • Dom Morice et Dom Taillandier, Mémoires pour servir de preuves à l'Histoire de Bretagne, 3 vol. in-folio., Paris, Ch.Osmont, 1742-1746.
  • Arthur de La Borderie, correspondant de l' Institut, La Révolte du Papier Timbré advenu en Bretagne en 1675, Saint-Brieuc, 1884.
  • Arthur Le Moyne de la Borderie, Membre de l' Institut, Histoire de la Bretagne, 6 volumes in-quarto, Plihon Editeur, Imprimerie Vatar, Rennes 1905-1914.
  • Collectif d’universitaires des universités de Brest, Nantes, Rennes, Toute l’histoire de Bretagne, dans l'Ile de Bretagne et sur le continent, ouvrage in-8°, 800 pages, éditions Skol- Vreizh, Morlaix 1996
  • Léon Fleuriot, Les origines de la Bretagne, Éd. Payot, 1980. ISBN 2-228-12710-8
  • Myles Dillon, Nora Chadwick, Christian-J. Guyonvarc'h, Les royaumes celtiques, Librairie Arthème Fayard, 1974.
  • Michel de Mauny, 1532 Le grand Traité franco-breton, Rennes, Librairie Bretonne, 1971
  • Michel de Mauny, 1532-1790 Les dessous de l'Union de la Bretagne à la France, Editions France-Empire,Rennes, 1986.
  • Marcel Planiol, Histoire des Institutions de la Bretagne (Droit Public et Droit Privé), 3 vol., Editions du cercle de Brocéliande, Rennes 1953-1955 ; ouvrage couronné par l' Institut, publié avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique.
  • Christian Y.M. Kerboul, Les royaumes brittoniques au Très Haut Moyen Age, Editions du Pontig-Coop Breizh,1997.ISBN 2-84346-030-1.
  • Christiane M.J. Kerboul-Vilhon Gildas Le Sage, Vie et oeuvres, Editions du Pontig, Sautron, 1997, ISBN 2-9510310-2-5.
  • François Sagot, La Bretagne Romaine(Isle de Bretagne), in-8°, 417 p., Paris, Fontemoing, 1911.
  • E.G.Bowen, Saints seaways and settlements, University of Wales Press, 1977.
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  • J.C. Cassard, Les Bretons de Nominoë, Edition Beltan, Brasparts, 1990.
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  • Ant. Dupuy, Histoire de l' union de la Bretagne à la France, 2 vol. de 447 p et 501 p., Librairie Hachette, Paris, 1880.
  • L'Histoire de la Bretagne et des pays celtiques, Morlaix, Skol Vreizh, 1966
  • Jean Kerhervé, L'État breton aux 14e et 15e siècles, 2 vol., Maloine, 1987. ISBN 2-22401703-0. 2-224-01704-9
  • Jean-Pierre Legay et Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale 1213-1532, Editions Ouest-France Université, 435 pages, Rennes, 1982
  • Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, 1789-1815, éd. Ouest-France, 2004.
  • Reynald Secher & René Le Honzec, Histoire de Bretagne, éd° Reynald SECHER, BD en 10 tomes parus entre 1991 et 1998.
  • J.De Mey, Les Monnaies de Bretagne, vol. de 158 p., Numismatic pocket, Bruxelles, 1970.
  • Michel de Mauny, Anne de Bretagne, Editions Kanevedenn, Rennes, 1976.
  • Jacques Borgé et Nicolas Viasnoff, Archives de Bretagne, éditions Michèle Trinckvel, 1993. ISBN 2-85132-025-4. La vie en Bretagne à la fin du XIXe siècle, nombreuses reproductions de cartes postales.
  • I.C.Zeuss, GRAMMATICA CELTICA e monumentis vetustis tam Hibernicae linguae quam Britannicarum dialectorum Cambriacae Cornicae Aremoricae comparatis Gallicae priscae reliquis construxit I.C. Zeuss,Phil.Dr.Hist.Prof.,editio altera curavit.

H.EBEL,.Ph.Dr.,Acad.Reg.Hib.Soc.Hon.,Acad.Reg.Boruss.Adi.Comm.Epist. Berolini,Apud Weidmannos MDCCCLXXI.


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