Histoire de l'Algérie

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Histoire de l'Algérie

Sommaire

L'Algérie préhistorique

La présence humaine date de plus de 300 000 ans (homme de Tighenif)

L'Algérie numide

L'époque phénicienne et carthaginoise

Les royaumes numides

En 203 Massinissa unifie la Numidie en un seul royaume, mais à sa mort ce territoire est partagé entre ses fils. Miscipsa lui règne en 149, mais à la mort de ce dernier en 118, Jugurtha élimine les propres fils de Miscipa et prend le pouvoir, dans l'espoir de rétablir l'unité de la Numidie. Rome intervient à partir de 111 renverse Jugurtha en 105 grâce à l'aide de Bocchus, roi de Maurétanie.

Le royaume est alors divisé : cette fois-ci la partie orientale revient à la Maurétanie, le reste passe sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

L'Algérie romaine

La paix romaine

Voir les provinces romaines de Numidie et de Maurétanie Césarienne.

La fin de la présence romaine et l'invasion vandale, 429-533

En 429, 80 000 Vandales et Sarmates, conduits par leur roi Genséric, franchissent le détroit de Gibraltar. Saint Augustin, évêque d'Hippone (aujourd'hui Annaba) et philosophe chrétien meurt durant le siège de sa ville le 28 août 430. Les Vandales occupent la région en 432. En 442, Genséric signe la paix avec Valentinien III, avec l'approbation de Théodose II : en échange de la Sicile, qui est rendue à Rome, les nouveaux envahisseurs obtiennent la Numidie et créent un royaume avec Carthage pour capitale. Les Vandales, trop peu nombreux pour occuper toute la Maurétanie, limitèrent leur royaume à une partie de celle-ci et à l'Ifrikia autour de Carthage.

Contrairement aux idées reçues, le règne de Genséric et de ses successeurs immédiats fut relativement harmonieux. En effet, les Vandales, chrétiens ariens, se bornèrent à exiger de leurs nombreux sujets juifs ou catholiques l'obéissance et l'impôt. Ils les laissèrent pratiquer en paix leurs religions. Toutefois, comme ils furent en butte à l'opposition ouverte des évêques catholiques romains, qui les considéraient comme des hérétiques, les Vandales finirent par déporter plusieurs dizaines de ces évêques dans le sud tunisien, dont la plupart revinrent finalement vivants la crise passée. Cela était peu de chose, comparé à la façon dont certains prélats catholiques traitaient à ces époques leurs ouailles récalcitrantes. Un autre grief à l'encontre des Vandales a été leur pillage de Rome. En effet, dès leur installation en Afrique du Nord, ces cavaliers sont devenus des marins et ont multiplié des expéditions en Méditerranée. Mais leur pillage de Rome fut un modèle de spoliation sans violence. Ils garantirent en effet le respect de la population, en échange du prélèvement des richesses de la ville. A cet effet, ils divisèrent Rome en îlots, et déménagèrent les trésors de chaque îlot en bon ordre et sans verser de sang. Aussi, si l'on considère que les richesses de Rome provenaient elles-mêmes en grande partie des butins accumulés par les Romains à la suite de leurs propres pillages, on n'a pas lieu de s'en émouvoir (surtout si l'on compare cet événement au pillage sanglant de Rome, perpétré, beaucoup plus tard, par les mercenaires du très catholique empereur Charles Quint). Mais pour les clercs catholiques médiévaux, Rome était le centre du Monde. Aussi transformèrent-ils pour la postérité ce pillage en sacrilège, et firent-ils aux Vandales une réputation de Barbarie exagérée.

Les Vandales furent vaincus par une expédition grecque (composés de mercenaires huns). Les Vandales survivants se réfugièrent dans l'intérieur, tandis qu'une répression terrible frappait les Juifs dont une partie émigra avec eux dans l'intérieur. Ces Juifs y propagèrent leur religion parmi les tribus montagnardes et sahariennes ainsi que parmi les derniers Vandales.

La reconquête byzantine, 533-670

En 533 - 534, l'armée byzantine, conduite par Bélisaire, s'empare du royaume vandale d'Afrique du Nord après avoir pris Carthage.

L'Algérie arabe, de 670 à 1516

La conquête arabe et la résistance berbère

La chute de Rome, puis des Vandales, et l'instabilité durant la période byzantine entraînent la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l'arrivée des musulmans entre 670 et 702.

Les figures les plus connues de ce conflit furent le roi chrétien Koceila, qui vainquit Sidi Ocba en 689, près de Biskra, puis la reine guerrière juive Kahena (de son vrai nom Dihya), qui à la tête des Berbères (Djerawa de l'Aurès et Nefoussa de Tripolitaine) ainsi que des Roums de la côte, infligea, en 693, à la bataille de la Meskiana, une sévère défaite au corps expéditionnaire arabe de l'émir Hassan Ibn en Noman, qu'elle repoussa jusqu'en Tripolitaine. Mais elle perdit la bataille suivante en partie à cause de la trahison d'un jeune Arabe qu'elle avait adopté (Khaled) et en partie parce que ses hommes, voulant faire la terre brûlée pour décourager l'invasion, suscitèrent l'opposition des cultivateurs Roums qui passèrent du coté des arabes. Kahena meurt au combat dans l'actuel Est algérien (Puits de Kahena, « Bir al Kahena »).

De nombreux Berbères se convertissent ensuite en masse à la religion musulmane. Certains adoptent même la langue des conquérants, surtout à l'Est de l'Ifriqya. La conquête musulmane de l'Espagne et du sud de la France qui s'ensuivit fut menée par un contingent berbère presqu'entièrement composé de récents convertis, à commencer par son chef Tarik, qui donna son nom à la colline de Gibraltar (Djebel Tarik). Le Calife récompensa Tarik de ses exploits, en se le faisant envoyer enchaîné. Il mourut en route. Quant à l'immigration arabe en Afrique du Nord, elle fut peu importante, sauf dans deux régions extérieures à l'Algérie, celle de Kairouan et celle de Tanger. Il s'y ajouta ultérieurement l'arrivée dans certaines régions du sud, au temps d'Ibn Khaldoun, des terribles, mais peu nombreux, bédoins Hilaliens. Si bien qu'au total le peuplement de l'Algérie n'a reçu qu'une contribution démographique arabe limitée, et qu'une grande partie des populations arabophones est berbère.

La période kharidjite

Mais les Berbères ne tardent pas à se révolter contre l'autorité du calife d'Orient, autant pour des raisons fiscales que politiques. Plusieurs royaumes berbères autonomes font leur apparition : dans le maghreb central, l'un d'eux, la principauté de Tahert se développe durant 140 ans. À la suite du grand schisme de l'Islam, lorsqu'Ali, gendre du prophète disputant le califat à Moaouia, accepta une transaction, à la suite de laquelle Moaouia fut vainqueur, l'Islam se divisa en deux branches principales : les adeptes de la branche dominante prirent le nom de Sunnites et ceux qui se réclamaient d'Ali devinrent les Chiites. De ces deux branches, celle qui a finalement prévalu en Afrique du Nord est le sunnisme.

Mais il n'en fût toujours été ainsi, car au moment du schisme, la branche chiite fut à son tour l'objet d'une scission : certains des partisans d'Ali lui reprochèrent d'avoir accepté le compromis avec Moaouia et 12 000 de ses hommes quittèrent son armée. Leur tendance prit le nom de Kharedjite. Le Kharedjisme se développa par la suite avec une grande ampleur en Afrique du Nord, où il fut accueilli avec chaleur par de nombreux berbères. Leur révolte débuta à Tanger, où, en 742, au cours d'un combat près du Chéliff, qualifié de « Combat des Nobles », périt une grande partie du corps expéditionnaire destiné à renforcer la pénétration arabe en France. Ce n'est donc pas la victoire de Charles Martel, à elle seule, qui a arrêté la conquête musulmane en France, puisque les Arabes ont pris Lyon, trois ans plus tard. (La bataille de Poitiers remportée par Charles Martel, l'aïeul de Charlemagne, a probablement été exaltée, aprés la prise de la Couronne des Francs par les Carolingiens, pour légitimer leur accession au trône).

Il en résulte que c'est surtout le combat fratricide entre mahométans, sur les arrières du corps d'invasion musulman, qui semble avoir épargné à la France l'islamisation. Autre phénomène, le schisme kharidjite prit racine non seulement dans la ferveur religieuse, mais aussi dans le mécontentement populaire. Un grand désordre et des combats très violents ensanglantèrent l'Afrique du nord. Ces massacres et ces dévastations entraînèrent, entre autres conséquences, la création des royaumes de Fès et de Tiaret, ainsi que l'arrivée au pouvoir de la dynastie berbère chiite des Fatimides qui chassa les derniers Arabes du Mahgreb et poursuivit son expansion jusqu'en Égypte.

Quant au Karedjisme, il disparut entièrement de l'Afrique du Nord où il n'a subsisté que dans le sud Algérien, au Mzab. Les actuels originaires du Mzab, ou mozabites, exercent de nos jours, dans le reste de l'Algérie, les activités les plus pacifiques, contrastant particulièrement avec le goût pour le combat de leurs ancêtres.

L'invasion hilalienne

Au XIVème siècle, le Mahgreb fut envahi par une tribu d'Arabie, les Hilaliens, qui installèrent leur base sur les Hauts Plateaux algériens, où ils vont vivre à côté de leurs frères musulmans les Berbères Zenatas. Ils joueront plus tard un grand rôle dans la politique du nord africain ainsi que dans la résistance contre les espagnols et les français.

Les Almoravides et les Almohades

Le royaume de Tlemcen

L'Algérie ottomane (1518 à 1830)

À cette époque l'Algérie était considérablement divisée. Au sud le sultanat de Touggourt était indépendant depuis 1414, tandis qu'au nord-ouest la région d'Oran était gouvernée par les espagnols depuis 1509. La conquête ottomane de la région d'Alger commença en 1518, et fut successivement gouvernée, pour le compte de l'Empire ottoman, par des beylerbeys (gouverneurs généraux) de 1518à 1587, des pachas de 1587 à 1659, des aghas de 1659 à 1671 et des deys de 1671 à 1830.

Il est important de noter que la région de Constantine, conquise en 1525, pris une relative autonomie administrative par rapport à Alger en 1567 et fut administrée par des beys jusqu'à la conquête française le 13 octobre 1837. Du côté d'Oran, la province fut annexée à l'empire ottoman de 1708 à 1732, puis à partir de 1792. Enfin, une confédération targuie, les Kel Ahaggar, fut formée dans le Sahara algérien vers 1750, tomba sous suzeraineté française en 1903 et fut éliminée par la République démocratique et populaire d'algérie en 1977.

La Colonisation française, de 1830 à 1962

La conquête et la résistance d'Abd El-Kader, 1830-1871

Voir Campagne d'Algérie

Peu après la campagne d'algérie, elle fut divisée en 3 départements français (départements d'Oran, d'Alger et de Constantine).

La politique d'assimilation et la mise en valeur du pays, 1871-1914

L'apogée de la colonisation, 1914-1930

la colonisation française

L'éveil du nationalisme algérien, 1930-1945

Plusieurs figures concrétisent la volonté d'indépendance de ce pays durant cette période: Messali Hadj, Ferhat Abbas mais le fait qui fonda le nationalisme algérien fut le massacre de Sétif.

Les prémisses de la guerre d'Algérie

La guerre d'Algérie 1954 - 1962

L'Algérie algérienne, depuis 1962

L'ère du parti unique

Ahmed Ben Bella dirige le pays entre 1962 et 1965, date à laquelle il est victime d'un putsch de l'armée. Houari Boumedienne règne jusqu'à sa mort en 1978. Sous la présidence de Chadli Bendjedid, la crise est économique - en 1986, la chute du dollar entraîne une forte baisse des revenus issus des hydrocarbures - et politique. Le pouvoir doit aussi faire face aux premiers mouvements populaires depuis l'indépendance. Face au Printemps berbère de 1980, puis aux émeutes de Sétif en 1986, il réagit par la répression. Mais en octobre 1988, l'armée décide de tirer sur les émeutiers (plus de 500 morts). Les autorités font d'apprentes concession : une nouvelle Constitution, l'instauration du multipartisme et un régime de liberté de la presse.

La guerre civile

Mais ces changements profitent essentiellement à une mouvance islamiste qui multiplie les démonstrations de force. La crise économique perdure et, en juin 1990, le Front islamique du salut (FIS) remporte les élections municipales. Ce mouvement sort également vainqueur lors du premier tour des législatives de décembre 1991.

Le pouvoir réagit en interrompant le processus électoral. En janvier 1992, l'armée obtient la démission de Chadli Bendjedid qui est remplacé par un Haut comité d'État.

À partir de cette date, le pays sombre dans le chaos : c'est la « décennie noire ». Policiers et journalistes assassinés, rafles à l'aveuglette, camps de détention inhumains au sud, établissements brûlés, bombes, attentats suicides, villages décimés se succèdent… Les statistiques officielles mentionnent plus de 100 000 morts et de milliers de disparus : il est probable qu'il y en ait eu bien plus. Les groupes armés menaient alors – et mènent encore – ce qu'ils appellent le jihad (Guerre sainte) qu'aucun idéologue de l'Islam ne reconnaît. De son coté, le régime en place, sous prétexte de la lutte anti-terroriste, restreint la liberté d'expression, le champ d'action des partis politiques et celui des ONG, locales et internationales.

Dès l'ère du président Liamine Zéroual, les prémisses de tentatives de règlement politique de la crise commencent à voir le jour, mais aucun accord n'est trouvé, faute d'une réelle volonté politique et à cause de l'intérêt de certains (en Algérie comme à l'Étranger) de maintenir les troubles dans le pays. Néanmoins, durant le régime de ce président, l'AIS (branche armée du FIS) observe une trêve : le président Zéroual promulgue une loi Erahma (de El Rahma, la Clémence) pour les rebelles repentis. Pendant ce temps les pires massacres sont commandités aux portes d'Alger (massacres de Raïs et Ben Talha avec plus de 1000 morts civils) et exécutés par le GIA.

Le 25 juin 1998, le populaire chanteur berbère Matoub Lounès est assassiné sur une route de Kabylie. Cet événement d'abord attribué à des groupes islamistes provoque des émeutes dans toute la région. Le climat est d'autant plus tendu que la loi sur la généralisation de l'arabisation remet la question du pluralisme linguistique au premier plan. La même année, le président Liamine Zéroual démissionne.

Lors des élections présidentielles d'avril 1999, l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika se présente comme un candidat « indépendant ». Il faut comprendre qu'il n'est pas investi par le FLN, mais est tout de même soutenu par l'armée. Tous ses adversaires se retirent la veille du premier tour.

L'avènement du président actuel Abdelaziz Bouteflika, en 1999, change un peu plus la donne avec une volonté plus affichée de parvenir à la paix civile. La loi dite de la « concorde civile » (semblable à la loi El Rahma de Zéroual) est votée et approuvée par référendum, et les groupes armés commencent à déposer les armes, surtout à jijel à l'est et aïn Defla à l'ouest.

À ce jour, le principal groupe armé qui reste actif est le GSPC. Des tractations, dit-on, sont en cours pour trouver un accord d'amnistie de ses membres comme cela a été fait avec l'AIS.

Eléments de bibliographie (A compléter)

Antiquité

  • Professeur Emile Félix Gauthier, Genséric, roi des Vandales, Payot, Paris, 1935.

Période berbère et arabe

  • Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, Traduction du Baron de Slane, Tomes I, II, II et IV, Alger, 1852-1856.
  • Professeur Emile Félix Gauthier, Les siècles obscurs du Mahgreb, Paris, Payot 1927.
  • M. Demnati, L.S.A. Oulahbib, M. Feki et M Rahmani, A l'ombre de l'Islam. Minorités et minorisés, Filipson Ed., Bruxelles, 2005.

Période ottomane

  • Diego de Haedo, Histoire des rois d'Alger ("Topographia e Historia general de Argel", Valladolid, 1612), Traduction d'H.D. de Grammont, Bouchène, Paris, 1998.

Période coloniale

  • Professeur Mahfoud Kaddache, La vie politique à Alger de 1919 à 1939, SNED, Alger, 1970.
  • Professeur Yves Maxime Danan, La vie politique à Alger de 1940 à 1944, L.G.D.J., Paris, 1963.

Voir aussi

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