Histoire de Rennes
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Histoire de Rennes La peuplade armoricaine des Redones fonda Condate (nom qui signifiait « confluent » en celtique ancien), au confluent de l'Ille et de la Vilaine et en fit sa capitale.
Sommaire |
Formes écrites anciennes
- nom celtique : Condate
- Civitas Riedonum au IIIè siècle
- Civitas Redonum au IVè siècle
- Ecclesia Redonensis au Vè siècle
- Redonicum oppidum en 830
- Redonas oppidum en 850
- Urbe Redonensis, Urbs Redonis et Redhonis au XIIè siècle
- Renes et Rennes au XIVè siècle
Condate
Le terme est à l'origine de nombreux Condat, Condé, Candé (etc..) (on en compte plus d'une centaine recensés en France). Aux IIIè et IVè siècles, comme beaucoup de métropoles régionales, Condate change son nom et prend celui du peuple dont elle est la capitale. Ces mutations toponymiques sont intervenues à une époque où la solidité de l'empire romain s'effondrait. On observe alors, entre autres éléments significatifs, une renaissance des antiques divinités gauloises locales dans les sculptures religieurses et les inscriptions dédicatoires. Le changement de noms de cité relève sans doute un phénomène du même ordre, lié à une résurgence des vieux sentiments d'appartenance ethnique des tribus gauloises.
Époque romaine
À l'époque romaine Condate devint Condate Riedonum, capitale de la civitas riedonum (cité des Riedones, du nom du peuple gaulois dont elle est le chef-lieu).
Le plus ancien Rennais connu est Titus Flavius Postuminus, il est connu au par des stèles qui furent retrouvées à Rennes en 1968, quai Duguay-Trouin. Comme ses prénoms l'indiquent, il serait né sous la dynastie des Flaviens et sous le règne de Titus, c'est-à-dire entre 79 et 81 après J.-C. L'une des stèles nous dit, en latin, qu'il exerça toutes les charges publiques dans sa patrie, la Civitas Riedonum. Il fut deux fois duumvir et flamine à vie du dieu Mars Mullo.
À l'époque romaine, la position stratégique de la ville contribue en faire une ville d'importance. Vers l'ouest la principale voie romaine conduit de Condate à Vorgium (l'actuelle Carhaix) chez les Osismii.
En l'an 275, la menace de barbares amène la cité à s'entourer d'une robuste muraille de briques, Rennes devient « la ville rouge » et réduit sa surface de 90 à 10 hectares. Avec sa muraille romaine, elle mettra plus d'un assaillant en échec dans l'histoire, pas tous.
Menacée un temps par le péril des bagaudes, à la fin de l'Empire romain, l'Armorique formait avec la Bretagne insulaire le dernier et irréductible bastion de l'empire romain d'Occident, la Romanie. Les « irréductibles » romains armoricains tenaient bon et firent renoncer Clovis qui se préoccupa alors davantage des Alamans, puis des Wisigoths. Melaine, l'évêque de Rennes, joua un rôle important au traité de paix entre les Francs et les Armoricains, en l'an 497. Lorsqu'il déclara : « Il faut faire la paix entre chrétiens », sa remarque historique ne passa pas inaperçue.
Moyen Âge
Haut moyen âge
A partir du Ve siècle, les Bretons occupent la partie occidentale de la péninsule armoricaine que l'on commence à appeler petite Bretagne, puis Bretagne tout court, tandis que les Francs prennent le reste de l'Armorique. Pour contenir la pression et éviter les incursions bretonnes, les Carolingiens instituent une marche de Bretagne comprenant les comtés de Rennes, de Nantes et de Vannes et dont le plus célèbre préfet sera Roland de Roncevaux.
Cette marche-tampon est tout entière absorbée par le royaume breton au IXe siècle et Rennes va devenir bretonne en 851. L'année précédente, Lambert de Craon et Nominoë, deux anciens dignitaires de l'empire franc bien connus dans la région, font vivre des moments difficiles à la garnison de nouveaux Francs installée dans Rennes par Charles le Chauve. Lambert est très probablement d'origine germanique puisque son grand-père Gui alias Wido était comte d'Alsace avant d'être nommé par Charlemagne, préfet des Marches de Bretagne, en remplacement du défunt Rolland victime des Basques dans le défilé de Roncevaux. Gui, en 799, parvint à s'imposer sur toute la péninsule. Avant lui, aucun Franc n'était parvenu à un tel résultat.
Gui était puissant, et après lui son fils Lambert Ier eut l'ambition de s'établir à son compte comme roi des Bretons. À cet effet il s'associa à Pépin qui poursuivait un objectif semblable en Aquitaine, ainsi qu'à Lothaire, lequel était entré en conflit d'intérêt avec son père, l'empereur Louis le Pieux. Un moment en difficulté, l'empereur Louis parvint à se remettre en selle et, bien sûr, il n'oubliait pas les durs moments où Lambert Ier avait pris sa femme en otage (la mère de Charles le Chauve). Louis le Pieux avait confié en 831, la majeure partie des anciennes attributions territoriales de Lambert Ier, à un certain Nominoë. Lambert Ier préféra s'éloigner de la Bretagne et parvint en Italie où un duché providentiel l'attendait à Spolète. Son fils aîné, Lambert II, demeuré à Craon au domicile familial, était bien décidé à saisir toute opportunité pour retrouver au moins une partie ancienne position dominante de son père dans la région, en particulier sur le comté de Nantes dont sa principauté de Craon était une composante.
Nominoë, prince d'origine bretonne et missus imperatoris de Louis le Pieux en Bretagne depuis l'an 831, n'était pas à priori dans une position favorisant son rapprochement avec Lambert II. C'est sans doute parce qu'un Charles le Chauve de la nouvelle génération les considérait l'un et l'autre comme trop âgés, qu'ils firent alliance contre lui.
Gui, comte de Vannes, n'avait pas suivi son cousin Lambert Ier dans sa rebellion contre Louis le Pieux. Néanmoins en 831, il avait dû céder son comté de Vannes à Nominoë. En compensation, il aurait sous toutes réserves, reçu le Maine en échange, ce qui laisse supposer que les Rorgonides en aurait déjà été temporairement privés. Gui tarde pas à disparaître lors de la bataille de Fontenoy.
En mars 851, Charles le Chauve profitant de la mort de Nominoë aux environs de Vendôme, mène son armée en Bretagne pour la soumettre. La rencontre avec les armée bretonnes du fils de Nominoë, Erispoë, se fait à Jengland-Beslé, au Grand-Fougeray. Les Francs y sont si sévèrement défaits que 6 mois plus tard, en septembre à Angers, le Chauve doit reconnaître à Erispoë l'autorité anciennement détenue par son père sur le Vannetais et la Bretagne, augmentée du Rennais, du Nantais et du pays de Retz, et lui concéder le titre de roi, ce qu'aucun empereur carolingien n'avait fait pour un prince étranger à sa famille. Rennes devenait bretonne.
Royaume de Bretagne
Politiquement Franc sous le règne de son patron et bienfaiteur Louis le Pieux, Nominoë devient politiquement breton sous le règne de Charles le Chauve, en faisant tourner bride à son cheval pour inverser le sens de l'attaque. À l'époque ce n'est pas plus compliqué que cela, mais ça ne situe pas clairement les origines de Nominoë.
On sait combien Lambert tenait à Nantes, mais Nominoë ne tenait-il pas tout autant à Rennes. En 850, c'est d'abord de Rennes qu'ils sont venus s'emparer, juste avant de récidiver dans la foulée à Nantes. En 850, lorsque Nominoë et Lambert forcent les portes de Rennes, la garnison franque laissée dans les murs de la ville par Charles le Chauve, fait sa rédition. Les descendants de Nominoë et de son fils Erispoë feront de Rennes leur fief et parviendront aussi a en faire la ville ducale et capitale de la Bretagne en dépit de quelques évènements contraires.
Vint cinq ans après l'arrivée musclée de Lambert et Nominoë à Rennes, c'est Gurvand, le Rennais, gendre d'Erispoë, qui en l'an 875, bien que malade et moribond, inflige deux défaites successives au comte de Vannes Pascweten, grâce à sa cavalerie.
En 875, ça fait 25 ans que Lambert et Nominoë ont forcé les portes de Rennes, mais Gurvand ne les a toujours pas fait réparer. Pascweten est au courant. Les combats ont lieu un peu au sud de Rennes entre Gurvand et la grande armée de Pascweten. Sachant qu'ils étaient moins de 1 000 hommes contre nettement plus de 3 000 dans l'armée de Pascweten, les pessimistes qui avaient lâché Gurvand et rejoint Pascweten avaient accentué encore un peu plus ce déséquilibre. Gurvand dit à ses fidèles : « Ce n'est pas le nombre mais Dieu qui qui donne la victoire ! »
La bande viking d'Hasting en profita pour investir Rennes pendant la bataille comme convenu avec Pascweten. En 875, ils entrèrent facilement dans Rennes, mais ils ne s'attendaient pas à un retour victorieux de Gurvand dans sa ville. Comme à Brissarthe en 866, les Vikings d'Hasting dans une église, l'église Saint-Melaine cette fois. Mais ils n'ont en sortent au milieu de la nuit. Au petit matin, il n'y avait plus personne dans l'église.Il est possible que la carrière d'Hasting ait prit fin à Rennes cette année là , puisqu'ensuite on entend plus parler de ce chef viking particulier, dont le duc de France Robert le Fort et quelques comtes francs furent les victimes célèbres en 866. Hasting n'était pas né en Scandinavie mais dans les environs de Troyes . Toutefois , Hasting préféra embrasser une carrière de mercenaire et de Prince pillard à la tête d'une bande de vikings , au noble métier de paysans qu'exerçaient ses parents sous le joug du servage.
En dépit de sa première défaite , Pascweten reprit bientôt la route de Rennes , après avoir appris que le moribond Gurvand était à l'agonie. Cette fois, le moribond infligea à Pascweten une défaite encore plus sévère que la précédente. Gurvand avait encore gagné, mais épuisé par tant d'efforts, au bout du rouleau, il rendit son dernier soupir en rentrant chez lui à Rennes. Pascweten ne vint pas à son enterrement. Quelques mois plus tard, on apprit que Pascweten s'était fait tué par ses mercenaires vikings qui avaient sans doute avec lui un différent financier.
À Rennes, Judicaël qui avait pris la relève de Gurvant, son père, devint bientôt un adversaire redoutable et redouté , des Vikings. À Vannes, Alain, qui avait succédé à son frère Pascweten décida de se mettre d'accord avec Judicaël pour chasser les Viking. Toutefois, Alain laissa le fougueux Judicaël s'en charger. Judicaël se fit tuer en pousuivant des Vikings, ce qui permit à Alain de devenir Alain le Grand en achevant le travail, les enfants de Judicaël n'ayant vraisemblablement pas l'âge de prendre le relais de leur père sur le terrain.
Après la mort d'Alain Ier, les Vikings revinrent en force, forçant les descendants de la maison vannetaise de Pascweten à chercher refuge dans l'île de Bretagne , chez les rois saxons.
Gurvant, Judicaël, Juhel, Conan Ier, ces comtes de Rennes successifs de père en fils se sont à tour de rôle considérés « rois des Bretons », mais Conan Ier fut celui qui parvint militairement et de manière incontestable à s'imposer comme unique souverain breton de la péninsule. En dépit de sa défaite à la seconde bataille de Conquéreux et de sa fin personnelle tragique (Le comte d'Anjou et Préfêt de Touraine Foulques III Nerra, lui fit couper les mains , avant de l'achever par d'atroces tortures), Conan Ier fut bien relayé à Rennes par ses descendants et successeurs. L'ambition et la réussite de Conan Ier, furent sans doute bien aidées par l'excellent souvenir de Juhel, son père. En effet, en dépit de sa défaîte de 944, l'illustre vainqueur de Trans conservait son auréole de grand libérateur dans les mémoires péninsulaires. Contre vents et marées, Juhel était parvenu à se maintenir chez lui à Rennes pendant la tourmente viking, avant de lancer la contre-offensive à la Saint-Michel en 931. En dépit d'une légende avantageuse dont il convient de préciser les origines inavouables à Tours , deux siècles plus tard , Alain Barbetorte se contenta de rentrer sur le tard, fin 936 ou début 937, à l'époque des travaux presque finis. Fin renard, sans doute, Alain le Barbu eut surtout l'art de mettre à profit ses puissantes relations extra-péninsulaires. Néanmoins, chanter sa gloire légendaire et faire au passage un croche pied au franc Bérenger, c'est tout simplement mettre l'histoire à l'envers. En effet, si un document se permet de qualifier Juhel le rennais, de puissant comte Bérenger, ce document qui n'est ni breton ni d'époque cherche à mettre à profit l'oubli dans les mémoires en francisant le passé, afin de détrousser Saint-Magloire Lehon, près de Dinan, au profit de Saint-Magloire Paris. Depuis, certains ont dit à se sujet, qu'il n'y avait pas de fumée sans feu. Il est en effet tout-à-fait possible qu'un mariage ait eu lieu entre un comte de Rennes et une fille du Marquis de Neustrie Bérenger. À l'époque où Judicaël , fils de Gurvant, était aux prises avec les vikings dans le Cotentin, le marquis Bérenger était dans le même pétrin dans le Bessin voisin. Par conséquent la conjecture d'un mariage Bérenger est à la fois hypothétique et tout-à-fait plausible. Mais en pratique, on constate que des malveillants affublent Juhel le rennais et toute sa descendance de ducs de Bretagne, du patronyme Bérenger, pour mettre l'histoire à l'envers comme la culotte de Dagobert. Historiquement parlant, Juhel qui incarnait la résistance intérieure de la Bretagne à l'invasion viking, ne fut nullement l'homme des francs dans la région, mais celui qui y contrariait leurs ambitions. À son époque, il y eut bien un homme des francs dans la région et cet homme là était bien le revenant d'outre-manche Alain Barbetorte. À son retour, le comte franc Foulques d'Anjou, se fit un plaisir de lui offrir sa fille Roscille avec en prime Nantes et son comté. En contre partie, Alain le Renard accepta de reconnaître la suzeraineté de son beau père et de ses successeurs comtes d'Anjou, sur le comté nantais qu'il était censé n'obtenir que par son mariage avec Roscille. Détail important, le comté nantais qui par cet accord relevait désormais de l'Anjou tout en restant breton, « bénéficia » aussi de la protection d'une troupe angevine à demeure en permanence , à Nantes . Parallèlement, Alain Barbetorte basé à Nantes , se fit vassal du roi de France sur un plus vaste comté comme comte dans toute la Bretagne. En effet, Barbetorte ne pouvait obtenir de ses protecteurs francs le titre de duc puisque son suzerain d'Anjou n'était lui-même qu'un comte. Son suzerain roi de France, Louis IV d'outremer, Alain le Renard l'avait bien connu à Londres où il avait grandi comme lui, à la cour du roi saxon Athelstan. Alain trouva aussi des partisans dans la diaspora bretonne, chez ceux qui vivait depuis des décennies à Paris à l'abri du danger viking. À Rennes, Juhel n'était bien sûr nullement disposé à céder le premier rôle au revenant d'Angleterre, mais il allait connaître la défaite à Dol de Bretagne en 944, lorsque le roi de France lança contre lui la coalition du duc de Normandie du comte d'Anjou et bien sûr d'Alain Barbetorte, plus accessoirement. En s'affirmant quelques décennies plus tard comme unique patron de la péninsule, Conan Ier remit, tout simplement, les pendules à l'heure.
Les faits historiques contrarient , certes , la légende d'Alain Barbetorte , qui n'était pas encore inventée à cette époque. Fabriquée plus tard , à Tours , par les services de propagande cléricaux du conquérant Henri II Plantagenêt , la légende d'Alain Barbetorte reprise ensuite par une chronique de Nantes puis une chronique de Saint-Brieuc , n'est tout simplement pas d'origine bretonne. Outre manche , Alain Barbetorte avait bien aimé la légende des fils de Constantin , c'est à dire la légende arthurienne , dans sa version rédigée à son attention par Geoffroy de Monmouth. S'identifier à un Arthur qui avant lui vadrouillait déjà entre la grande île de Bretagne et le continent , plaisait forcément à Henri II Plantagenêt.
Avec la légende d'Alain Barbetorte , Henri II Plantagenêt fut vraiment comblé. En effet , le breton armoricain Alain Barbetorte vadrouillant entre la grande île et le continent , était un parent par alliance et un vassal de ses aïeux comtes d'Anjou.
Conan Ier fut un souverain d'autant plus apprécié dans la Bretagne de son temps, avant l'an mille, qu'il prit la décision d'y abolir le servage. Sa fille Judith fit de même en Normandie, mais seulement dans les quelques communes où son mari, le duc Richard de Normandie, lui accorda la liberté d'agir à sa guise. Au XIXe siècle, les libres paysans de Serquigny et des communes voisines (dans l'Eure) payaient encore la messe dominicale pour leur chère Judith, Dame Judith de Conan, comtesse de Beaumont le Roger. À travers les siècles, de génération en génération ces libres paysans avaient dû batailler ferme en justice pour ne pas être détroussés par les châtelains du voisinage. Lâché par le prêtre de Serquigny et victime d'une parodie de justice, ces libres paysans furent effectivement spoliés de leurs terres en 1787. Le prêtre de Serquigny qui était de mêche avec les aristos refusa de continuer à dire sa messe du dimanche pour une Judith des alentours de l'an mille. Les paysans avaient toujours payé cette perpétuelle messe dominicale pour Judith, mais le curé de Serquigny qui avait sans doute reçu davantage des aristos pour mettre fin à cette pratique, fut inflexible. Et la justice devint l'injustice en bafouant les droits de propriété perpétuels des terres que Judith avait accordé à ses paysans. Déjà communiste vers l'an mille, Judith avait fait don de ses terres à ses paysans mais en ne leur accordant la propriété qu'en indivision, collectivement. Ce collectivisme agraire correspondait effectivement aux anciennes habitudes de travail dans les campagnes et la propriété collective était également l'unique solution pour permettre aux libres paysans de résister longtemps à la convoitise des renards de la caste aristocratique. Détroussés par l'injustice en 1787, les libres paysans de Serquigny furent rétablis dans leurs droits par la justice révolutionnaire, en 1792. Mais, bien sûr, depuis, les paysans de Serquigny sont passés de la propriété collective à la propriété individuelle.
La Bretagne sera le lieu de naissance de la grande Révolution parce que l'aristocratie y est déterminée à défendre bec et oncle ses seuls avantages, les privilèges de la naissance, contre une bourgeoisie plus entreprenante et triomphante dans les villes. Particulièrement rapace et en surnombre, la caste bretonne ne se sentait néanmoins pas aussi privilégiée qu'en certains lieux de France où les paysans tremblaient devant des maîtres tout puissants habitués par de nombreux siècles de servages a faire régner la peur et les abus de pouvoir. User ainsi de la toute puissance du pouvoir pour mettre sous le joug, le commun des mortel, n'était certes pas dans les usages bretons. Par contre, l'aristocratie bretonne s'accordait la liberté d'exercer temporairement n'importe quelle profession, lucrative de préférence. La bourgeoisie avait l'habitude de se faire doubler dans des affaires juteuses mais roturières par des aristocrates temporairement en congé de noblesse.
Parler de l'abolition du servage par Conan Ier projette vers un futur plus radicalement libéré des privilèges de caste. Si le rejet très ancien de l'esclavage puis du servage fut appréciable dans l'histoire de la péninsule, elle n'en a pas moins connu un long passé d'exploitation de l'homme par l'homme et de misère économique du plus grand nombre.
Conan Ier fut aussi le souverain péninsulaire qui donna pour quelque temps à la Bretagne son indépendance maximale. Avant lui, aucun de ses prédecesseurs ne s'était permis de sortir de la zone monétaire des rois de France. Conan fut le premier à faire cesser la fabrication des monnaies de ces monarques par l'atelier rennais et à remplacer celles-ci par des monnaies bretonnes. Elles portèrent désormais la mention : « Dux Britonnum / Civitas redonum »
Le moine franc Raoul Glaber (985-1050) se montre par conséquent quelque peu vindicatif dans ses écrits qui nous parlent de Conan Ier et des rennais. On perçoit déjà chez ce moine franc de l'an mille des aigreurs anti-bretonne assez proches de celles d'un Jean Dutourd de l'Académie française, près d'un millénaire plus tard. Ce Raoul Glaber qui écrit en latin donne l'impression d'avoir davantage de difficultés avec la langue gallèse des rennais de l'époque, qu'il qualifie de « sot babil ». Mais voici quelques lignes de cet auteur ancien, traduites en français moderne: Début de citation :________________________________________________________________ "La partie inférieure des Gaules : Les côtes inférieures de ce pays en forment aussi la province la moins estimée. Elle a Rennes pour sa capitale et est habitée depuis longtemps par les Bretons, dont toutes les richesses consistèrent d'abord dans l'affranchissement des droits du fisc, et dans le lait que leur pays fournit en grande abondance. Étrangers à toute espèce d'urbanité, ils ont des mœurs grossières, un esprit facile à irriter, un sot babil. Ces bretons eurent un prince nommé Conan qui épousa la sœur de Foulques, comte d'Angers. Ce Conan montra plus d'insolence encore que tous les autres princes de sa nation. Il ne craignit pas de ceindre le diadème comme un roi, dans le petit coin de terre qu'occupait son petit peuple, et s'abandonna à tous les excès de la tyrannie. Bientôt une haine irréconciliable s'éleva entre le comte d'Angers et lui, et après s'être offensés réciproquement, en ravageant le territoire et en massacrant les sujets l'un de l'autre, ils finirent par se décider à engager un combat devenu inévitable. Ainsi donc lorsqu'ils eurent longtemps et à l'envie l'un de l'autre exercé mutuellement leur haine, en se rendant tout le mal qu'ils pouvaient se faire, ils convinrent de venir tous deux à un jour marqué, dans un lieu nommé Conquéreux, pour s'y livrer bataille. Mais les Bretons réussirent, par un stratagème de mauvaise foi à surprendre une partie des soldats de Foulques, et les égorgèrent lâchement ...etc. Raoul Glaber Fin de citation___________________________________________________________________ La préférence de Raoul Glaber pour le très sanguinaire Foulques III Nera n'a rien d'étonnant. Les Foulques d'Anjou qui adoptèrent un peu plus tard le surnom Plantagenêt étaient les plus fidèles vasseaux et alliés de la famille Capet depuis l'époque où Robert le Fort avait sorti leur ancêtre Ingelger de la roture, en faisant de lui son Sénéchal en Anjou. Un peu plus tard, Hugues l'Abbé, demi-frère du défunt Robert le Fort offrit de nouveau à Ingelger une remarquable promotion sociale en nommant Préfêt de Touraine et vicomte d'Angers, ce petit fils d'un homme des bois. Son grand père Tortulphe n'était en effet que garde-forestier en Anjou. Toutefois, il avait été choisi par Charles le Chauve pour venir à travers la fôrêt espionner jusqu'à Rennes et de leur côté, Robert le fort et les Robertiens s'était charger de faire grimper l'échelle aristocratique à son petit fils. Ils ignoraient bien sûr qu'un jour l'impressionnante réussite de son descendant Henri II Plantagenêt mettrait quelque temps en péril la conservation du trône de France par leur propre lignée. Cette montée en puissance des Foulques Plantagenêt doit beaucoup à leur fonction de Préfêts de Touraine et au statut particulier qu'il parviendront à imposer à Nantes. Même si Conan Ier chasse un moment de Nantes les francs d'Anjou et leurs obligés fils de Barbetorte, ces francs y reviennent. Les succeseurs de Conan Ier les chasseront de nouveau, mais ils reviendront à Nantes. À ce sujet il convient de remarquer que les Foulques Plantagenêt n'avaient pas pour ojectif de rattacher Nantes à l'Anjou comme le Maréchal Pétain, plus tard. Leur objectif était d'en faire le cheval de Troie, la base de leur ambition de conquérir la Bretagne. Le contrôle de la Archevêché de Tours et le stationnement permanent de leur soldatesque à Nantes permettaient au Foulques d'Anjou des s'immiscer en permanence dans les affaires bretonnes. Parfois redoutable au nord, le danger représenté par les ducs de Normandie, n'était pas de même nature, mais motivé par de simples appétits territoriaux conjoncturels, lorsque l'occasion se présentait. Egalement descendants de Juhel, vainqueur de Trans, les barons de Mayenne et les duc rennais, veillaient au grain pour repousser de concert les ducs de Normandie en cas de besoin. C'est ce qui s'est passé, entre autres, en 1065, après l'éphémère conquête de Fougères par Guillaume de Normandie. Mais l'année suivante, il semble bien que l'enrôlement d'un tiers de bretons dans l'effectif de Guillaume parti conquérir l'Angleterre, ait mit en péril Conan II sur le front angevin. Sa mort à Craon eut pour conséquence le repli en désordre sur Rennes, des troupes ducales. Resté seul face aux francs d'Anjou, Geoffroy de Mayenne chercha à déplacer le conflit vers l'est en essayant sans succès de reprendre Le Mans aux francs d'Anjou. Gui de Laval qui ne se fait pas remarquer dans ces moments se trouve vraissemblablement en Angleterre parmi les bretons qui y ont suivi le duc Guillaume de Normandie. Rappliquant en 1073 pour disputer le Maine aux Foulques Plantagenêt, Guillaume le Conquérant lui-même se retrouva à l'ouvrage contre ces francs d'Anjou nettement plus coriaces que les saxons d'outre-manche à cette époque. À la croisade Foulques V devient roi de Jérusalem avec la bénédiction de l'église. Son fils Geoffroy Plantagenêt s'adjugera bientôt la Normandie et un judicieux mariage validant sa suprématie militaire sur le terrain, Henri II Plantagenêt, fils de Geoffroy et petit fils de Foulques V, est déjà maître d'un très grand ouest, des frontières de l'Écosse" à celles des pyrénées lorsqu'il décide de régler à sa manière la question Bretonne. Nantes fait secession de la Bretagne pour rejoindre l'empire d'Henri II Plantagenêt, mais il n'a pas l'intention de se contenter de Nantes. Il veut tout. Dans un premier temps, il fait usage d'un Conan IV qu'il a trouvé dans le comté de Richmond comme héritier à sa convenance du trône ducal dans la péninsule. Mais comme le fantoche Conan IV, n'arrive à rien Henri II Plantagenêt entreprend la conquête militaire de la péninsule. Rennes et le pays de Rennes mis à feu et à sang vont souffrir durement, mais peut-être moins qu'Alet provisoirement rayée de la carte. Là-bas, l'évêque prudent, s'était réfugié à temps chez les insulaires, à Saint-Malo. Geoffroy Plantagenêt qui s'établit à Nantes comme nouveau duc de Bretagne, y représente d'évidence bien davantage son père Henri II Plantagenêt que son beau-père Conan IV, déposé sans lui demander son avis. Il est hors de question pour les duc de la famille Plantagenêt de résider à Rennes. Pour eux, comme pour leurs successeurs de la famille Capet qui les relayeront comme ducs de Bretagne, il n'existe qu'une ville en Bretagne qui leur convienne pour y résider, Nantes. Toutefois, pour les États de Bretagne Rennes demeurera la capitale bretonne et ils parviendront a imposer qu'elle demeure le lieu impératif du sacre de tous les ducs de Bretagne, bien qu'ils résident désormais à Nantes comme Barbetorte et Conan III. Ayant grandi à Nantes par la volonté de sa mère Ermengarde d'Anjou contre celle de son père Alan Fergant, Conan III n'a pas su tout de suite qu'à Nantes il serait sous contrôle angevin un duc de Bretagne sans pouvoir. Seconde femme d'Alan Fergant, Ermengarde d'Anjou, fille de Foulques le Réchin et sœur de Foulques V, roi de Jérusalem fut l'auteur d'un coup d'état angevin réussi en Bretagne. Avant le départ d'Alan pour la croisade, il était encore un duc de Bretagne très respecté. Mais, il n'était déjà plus en mesure de s'opposer aux dictats religieux des Foulques (les préférés de l'église) par l'intermédiaire de la métropole tourangelle imposant la nomination de prélat angevins en Bretagne. Rennes ne conserve pas par hasard le meilleur souvenir de son évêque Sylvestre de la Guerche, fondateur du quartier « Bourg l'Evêque », en fonction de 1078 à sa mort en 1093. Entre ces deux dates, il y eu en théorie une brève interruption de ses fonctions, puisqu'il fut temporairement déposé par le concile de Poitiers. Sylvestre Mainguené était le baron de La Guerche, père de famille aussi, mais veuf.Sa situation était tout-à-fait conforme aux usages dans l'église bretonne, qui n'avait pas jusque là l'habitude du célibat et du vœu de chasteté. S'il reprit sa place après que le concile de Poitiers l'ai déposé, c'est seulement parce que la population rennaise s'était soulevée pour le garder comme évêque. À contrario, son successeur, le prélat angevin Marbode, rejeté par les Rennais attendit trois ans pour venir prendre ses fonctions à Rennes, par la volonté du Pape qui fit céder les rennais en l'imposant. Les Rennais avaient quelques raisons d'avoir une rancune contre ce prélat qui sans la connaître avait déjà écrit pis que pendre sur leur ville. Mais Marbode était un ami d'Ermengarde qui par ailleurs fréquentait les plus célèbre ecclésiastiques de son temps. Lorsqu'elle parvint à expédier le duc de Bretagne Alan Fergant à une croisade où il ne prit que des coups. Ermengarde en profita aussitôt pour fuir Rennes qu'elle détestait et s'installer à Nantes avec ses enfants sous la ptotection des troupes angevines de son père Foulques le Réchin. Mathias dit Mathatias, le frère cadet du duc Alan, fit de son mieux en temps que comte de Nantes pour la convaincre de rentrer à Rennes où était sa place en tant que duchesse de Bretagne, mais sans succès. Alan qui eu cette mauvaise surprise lorsqu'il revint de croisade, eût beau faire, il ne parvint jamais à obtenir le retour de sa femme et surtout de ses enfants, à Rennes. Elle le faisait passer pour un monstre auprès de ses amis ecclésiastiques. Alan Fergant malade, et vaincu par sa femme devint sur ses vieux jours de plus en plus étranger aux affaires de ce bas monde. Il était atteint d'une maladie de peau qui n'était sans doute pas la lèpre, mais on le prenait, néanmoins pour un lépreux que seul le courageux Barbotin qui l'hébergeait à Redon osait approcher de près. Dans la conquête angevine de la Bretagne Ermangarde Anjou emporta la première manche avec ses amis clercs. Ensuite, son petit neveu Henri II Plantagenêt finalisa l'opération par des moyens plus virils, pas seulement. Ayant pris connaissance en Angleterre de la version de la légende arthurienne que Geoffroy de Monmouth concocta pour lui, Henri II Plantagenêt fut séduit pour d'évidentes raisons par les vadrouilles d'Arthur entre l'île de Bretagne et le continent. À Tours ses amis clercs surent également le caresser dans le sens du poil en fabriquant la légende d'un autre personnage, moins ancien mais plus apparenté à la famille des Foulques Plantagenêt. Cette légende fabriquée au XIIe siècle à Tours, c'est la légende d'Alain Barbetorte reprise ensuite dans différents écrits, dont une chronique de Nantes, elle même reprise plus tard par une chronique de Saint-Brieuc. Petit garçon, Alain Barbetorte, tuait déjà les ours à l'aide d'un simple bâton, dans les forêts d'Angleterre, nous dit cette légende. Deux siècles après sa mort, les auteurs trouvèrent cette idée d'autant plus plaisante qu'ils n'avaient pas la moindre préoccupation de vraissemblance historique, seulement celle de plaire à un très puissant monarque. Il reste à étudier pourquoi de nos jours tant de propagateurs de cette abracadabrente légende aux origines bien déterminées, font semblant de se situer sur le terrain de l'histoire en colportant cette vieille propagande Plantagenêt. Les faits historiquement connus ne donne pas la même immage de ce personnage. Ils montre seulement qu'en son temps la promotion éphémère de ce breton contre un autre fut une bonne affaire pour ses suzerains francs d'Angers et de Paris.
La Bretagne ducale
Guerre de succession de Bretagne
Pendant la guerre de Succession de Bretagne, en 1356 et 1357, La cité est assiégée par l'armée du duc de Lancactre, frère du roi d'Angleterre. Mais Bertrand du Guesclin fait discrètement son entrée dans la ville prend la direction de sa résistance, laquelle sera victorieuse. Appelé ailleurs Lancastre renonce en 1357 à l'issue de près d'un an de siège anglais.
La rupture entre l'Anjou et l'Angleterre après l'assassinat de son neveu Arthur par Jean Sans terre fait basculer la Bretagne dans l'escarcelle de membres de la famille Capet avec Pierre Mauclerc, mais cela ne changera pas grand chose à la perte relative d'indépebndance de la Bretagne. D'ailleurs lorque la guerre de succession fera de Bretagne un terrain d'affrontement entre monarques d'Angleterre et de France, c'est le capétien Jean IV de Montfort élevé à la cours de Londres qui sera l'homme des anglais. Charles V ayant cédé à la tentation de remplacer les anglais expulsés comme occupant de la Bretagne en tentant de l'annexer à sa royale couronne couronne, remis involontairement en selle Jean IV de Montfort. Ceux qui font malhonnêtement porter le châpeau de la trahison au très loyal Guesclin on certainement leur raisons, de mauvaises raisons, de le choisir comme bouc émissaire. Avec son ami Beaumanoir, il était pourtant l'un de ceux qui présentaient le meilleur profil pour incarner l'éveil d'un sentiment national breton au moyen âge et le plus célèbre d'entre eux. N'en déplaise à feu Théodore Hersart de La Villemarqué, Guesclin n'était pas le traître qui commande l'attaque et Montfort n'avait rien d'un cygne. La Villemarqué, revenu celtomaniaque de Paris et de Londres, avait certes un grand talent littéraire, mais en dépit de sa naissance en Cornouaille il n'avait pas franchement le profil d'un bonnet rouge. Avant La Villemarqué, quelqu'un d'autre avait déjà porté l'accusation de trahison contre le loyal Bertrand, un certain Charles V monarque a Paris, avant que son frère comte d'Anjou lui fasse comprendre que la perspective d'une rupture avec son Connétable breton ne servirait pas les intérêts de son royaume. Guesclin contrôlant l'intégralité du Ploud'Alet (pays malouin) au sens large, bien au-delà du Clos Poulet un débarquement de Montfort sans son accord y était tout-à-fait exclu. D'ailleurs se sont les hommes de Guesclin qui prirent en charge la réussite du débarquement de Montfort à Alet (saint-Servan) ou à Dinard. Bertrand qui, lui veillait discrètement au grain à Saint-Malo y rencontra sur une plage un capitaine anglais qu'il félicita pour sa manœuvre. Les canonnières malouines n'ont pas coulé Montfort avant son arrivée sur la terre ferme, elles sont restées muettes. Guesclin qui connaissait bien la haine qu'inspirait Montfort aux malouins était précisément là pour dissuader les plus radicaux de passer à l'attaque. Lui non plus n'avait pas en sympathie le très anglophile Monfort toujours nostalgique de l'Angleterre de son enfance, mais ce guerrier moyennâgeux avait vis-à-vis de Jeanne de Penthièvre, celle qui pour lui était toujours sa duchesse de Bretagne une loyauté qui primait sur toute autre considération. Ceux qui font de Guesclin leur bouc émissaire Guesclin vise en réalité rennes par ricochet. C'est là en effet qu'il fit ses armes adolescentes, hébergé chez son oncle et sa tante, avant de devenir un peu plus tard le libérateur de la ville. Assiégée par l'armée du duc de Lancactre, frère du roi d'Angleterre, Rennes connaît des moments difficiles en 1356 et 1357. Mais Bertrand Guesclin parvenant à la barbe des anglais à faire son entrée dans la ville y prend la direction de la résistance aux assiégeant, laquelle sera victorieuse. Appelé ailleurs Lancastre renonce en 1357 à l'issue de près d'un an de siège anglais.
Anne de Bretagne
En 1491, ce n'est plus l'armée anglaise de Lancastre, mais la grande armée du roi de France Charles VIII, dirigée par son générallissime La Trémoïlle qui fait le pied d'grue devant Rennes sans parvenir à trouver l'ouverture.
Cent-trente-quatre ans plus tard en 1491, ce n'est plus l'armée anglaise de Lancastre, mais la grande armée du roi de France Charles VIII, dirigée par son générallissime La Trémoïlle, qui fait le pied d'grue devant Rennes sans parvenir à trouver l'ouverture. La situation est certes plus compromise pour, ne pas dire désespérée puisque la Bretagne ayant capitulée partout ailleurs, ont y trouve plus qu'une seule et unique ville à résister encore, Rennes. Charles VIII qui suit de loin les évènements en Anjou en est à sa troisième attaque consécutive de la Bretagne, mais cet fois l'effectif de l'armée royale dirigée par la Trémoïlle n'est plus de 15000 soldats comme lors des précédentes tentatives mais de 50 000 soldats, effectif considérable pour l'époque. La Bretagne se fait écrabouiller militairement par la plus grande armée d'Europe. Téméraires, les défenseurs de Rennes répondent aux menaces, en faisant part de leur détermination à résister jusqu'à la mort. La jeune nantaise venue à Rennes pour être sacrée duchesse de Bretagne et demeurée à Rennes pour résister choisie sagement de capituler mais pas sans condition. Rennes n'est pas prise et l'armée royale reste hors des murs, Charles VIII ayant accepté de se contenter de sauf-conduits pour lui même et sa petite délégation, vint y rencontrer la jeune duchesse Anne mais sans sa soldatesque.
Epoque moderne
Au XVe siècle, Rennes est une ville florissante, elle se dote d'enceintes fortifiées, dont seules subsistent aujourd'hui les portes mordelaises.
Les mariages de la duchesse Anne avec les rois de Fance Charles VIII puis Louis XII, le mariage de la duchesse Claude avec le futur François Ier ne rendent pas immédiatement caduque l'indépendance bretonne, mais en 1532 François Ier saura habilement faire accepter l'union à des députés bretons bien payés et résignés, faute d'envie et de moyen de reprendre une guerre déjà perdue.
En 1553, le roi Henri II, dernier duc de Bretagne en titre, décide de restaurer dans ses prérogative anciennes le Parlement de Bretagne, qui y avait été fondé à Vannes au XIVe siècle par ses ancêtres et qui y avait été fait souverain en 1485. Un bras de fer de 7 ans aura lieu entre Rennais et Nantais pour l'obtention de son siège. Dans un premier temps, les sessions du Parlement se feront tous les 6 mois à Rennes, les suivants à Nantes. Sur la supplique des Nantais, la cour du roi Henri II accorde le siège à la ville de Nantes, ce qui provoque un tollé à Rennes. La régente et dernière duchesse de Bretagne Catherine de Médicis inverse la décision et accorde finalement ce siège à la ville de Rennes en 1560/1561.
En 1675, la révolte du Papier Timbré fait rage en Bretagne. À Rennes Mme de Sévigné écrira : « Il y a de petites tranchées en Bretagne, il y a même eu à Rennes une colique pierreuse », pour décrire l'insurrection réprimée par la force des baïonnettes. Cette Dame là était une intime du Gouverneur de Chaulnes et de son épouse, très fréquemment invitée et hébergée dans leur hôtel particulier de la rue des Dames.Il est toujours là, cet hôtel. Comme les de Chaulnes, « la Sévigné » s'employait à opposer la Haute-Bretagne où elle résidait,à la Basse-Bretagne qui lui inspirait un mépris profond. Mais le tout petit monde qu'elle fréquentait en Haute-Bretagne n'y représentait que le pouvoir dominateur de Louis XIV dans la péninsule. À Argentré du Plessis où se situait son château des Rochers, les paysans détestaient cette Dame qui avait fait pendre des paysans surpris à braconner unnocemment le lapin de garenne. Elle exportait ainsi en Bretagne, l'un des plus sinistres abus de pouvoir aristocratique de France. La méchante rumeur qui la faisait passer pour un barbe-bleue en jupon n'était peut-être qu'une vengeance. Elle ne fut pas mise au banc des accusés par l'église, comme Gilles de Laval, Baron de Retz, antérieurement.
Le Gouverneur de Chaulnes cessa de se faire traiter publiquement de « gros cochon » et devint vengeur lorque l'armée royale fit son entrée à Rennes. La révolte rennaise, avait été suivie par le soulèvement de la Cornouaille comme à l'époque où les volontaires rennais et cornouaillais faisaient reculer l'armée royale de Charles VIII. Mais cette fois, les combattants de la Liberté Armorique, forts de l'appui de la République des Provinces Unies de Hollande, voulaient faire de la Bretagne, une République. Sébastien Le Balp (Sebastian Ar Balp), notaire à Carhaix (Karaez), la petite capitale du Poher (Haute Cornouaille), avait prit la tête de cette insurrection paysanne et populaire dite des Bonnets Rouges. Formulée de manière confuse, l'abolition des privilèges de caste était déjà au programme des insurgés qui attaquaient les châteaux sous les plis du drapeau rouge, l'emblème qu'ils voulaient donner à la République de Bretagne, en 1675, bien avant que d'autres en fasse un usage moins libertaire, en Russie. Mais Ruytter qui devait livrer à Morlaix, les armes promises par la République des Provinces-Unies de Hollande, n'y parvint pas. Mission impossible ! La Manche était trop bien gardée, conjointement, par les marines royales de France et d'Angleterre, lesquelles n'avaient pourtant pas l'habitude de s'associer. À Rennes, le Gouverneur de Chaulnes n'en menait pas large et subissait sans broncher les insultes lorsque l'insurrection à son apogée comptait dans ses rangs trente mille volontaires. Mais le manque d'armes et la mort de Sébastien Le Balp ne tardèrent pas à semer la débandade dans les rangs des insurgés. La peur de la répression qui allait suivre mit rapidement un terme à l'insurrection, mais espérer par le retour au calme gagner la clémence qu monarque Louis XIV était illusoire. À Rennes, le quartier populaire de la rue Haute (l'actuelle rue Saint-Malo) fut rasé par l'armée royale, et interdiction fut faite sous peine de mort, de porter secours aux sans abris. On vit même quelques effroyables soudards faire rôtir des enfants à la broche. Puis de Rennes à la Cornouaille les arbres se mirent à pencher sous le poids des pendus. En Cornouaille, même les prêtres accusés de ne pas s'être opposés à l'insurrection furent déclarés païens et les clochers des églises abattus.
À Rennes, par punition, le parlement fut déplacé à Vannes pendant 15 ans (1675-1689). Vu de Rennes comme un exil, ce retour à Vannes après 122 ans d'absence (le Parlement y avait été créé et y avait siégé jusqu'en 1553) y fut très bénéfique pour cette ville.
Le 23 décembre 1720, surgit un évènement qui marquera Rennes au fer rouge. Une boulangerie prend feu, les flammes se répandent dans tout le centre ville dans les maisons de bois à colombage. Pendant six jours, le feu fait rage détruisant les trois quarts de la ville. C'est Rallier du Baty, maire de l'époque, qui lance la reconstruction en interdisant le bois. C'est la naissance de la place de la Mairie, de la rue le Bastard… Le centre ville est construit en granit, résolument moderne.
Les 26 et 27 janvier 1789, une émeute éclate place du parlement entre les étudiants et les nobles. C'est la suspension des États de Bretagne. La bataille qui s'ensuit sera décrite par Chateaubriand dans ses mémoires comme le « premier sang de la Révolution ».
Histoire contemporaine
En 1899, lors de la révision de la célèbre affaire Dreyfus jugée à Rennes, c'est le monde entier qui débarque en gare de Rennes, où le train est arrivé en 1857. Dreyfus sera condamné malgré des appuis célèbres, comme celui de Jean Jaurès. Il sera gracié quelques jours plus tard par le président de la République Émile Loubet.



