Hers-Vif
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L'Hers est le nom de deux rivières du Sud-Ouest de la France , l'Hers-Vif et l'Hers-Mort.
Sommaire |
L'Hers-Vif
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| Longueur | 130 km | |||
| Altitude de la source | 1500 m | |||
| Débit moyen | 15 m³/s | |||
| Surface du bassin | 1350 km² | |||
| Arrose | Ariège Aude Haute-Garonne | |||
| Se jette dans | Ariège | |||
| Largeur à l'embouchure | ||||
| Cours d'eau - hydrologie | ||||
L'Hers-Vif (ou Grand Hers ou Hers) décrit ici est l'affluent le plus important de l'Ariège dans laquelle il se jette en rive droite à Cintegabelle (Haute-Garonne).
Le cours de l'Hers
1. L'Hers Pyrénéen (ou Hers amont)
La source de l'Hers-Vif se trouve près du col du Chioula en Ariège, dans les Pyrénées, à une altitude d'environ 1500 mètres. Quelques kilomètres plus loin, le torrent qu'est encore l'Hers s'encaisse et se perd en partie dans les formidables gorges de La Frau au delà desquelles il arrive à Fougax et Barrineuf. Là il reçoit le Lasset en rive gauche. Cet affluent amène plus d'eau que l'Hers au confluent et transforme le ruisseau en véritable petite rivière. Celle-ci continue alors vers le Nord-Est et reçoit en rive droite les apports abondants de la fontaine de intermittente de Fontestorbes. Cette énorme résurgence, l'une des plus importantes de France, restitue à l'Hers les eaux perdues dans la traversée des gorges de La Frau et y rajoute celles des précipitations tombées sur le plateau de Sault. Transformée et d'une ampleur encore augmentée par cet aport d'eau conséquent, la rivière passe à Bélesta puis traverse le Plantaurel par 2 cluses et un tracé en baillonette: Est-Ouest de Bélesta à l'Aiguillon, Sud-Nord dans la traversée du Plantaurel . A l'issue de la deuxième cluse du Plantaurel, au niveau du village du Peyrat, l'Hers-Vif quitte définitivement les Pyrénées. Dans toute cette partie pyrénéenne de son cours, l'Hers se présente comme une rivière torrentielle aux eaux claires et rapides bondissant dans un lit caillouteux. C'est qu'en 30 kilomètres soit 1/4 de son parcours total, le cours d'eau aura dévalé de 1500 à 410 mètres d'altitude soit les 5/6 de son dénivelé total. Le confluent avec l'Ariège se trouvant à 200 mètres d'altitude, l'Hers ne décend que de 210 mètres dans les 100 derniers kilomètres de son parcours. La pente est donc beaucoup plus faible à l'aval du Peyrat. Mais la décroissance est progressive, comme le passage du torrent pyrénéen à la rivière de plaine aux eaux assez lentes. La suite du parcours de l'Hers peut donc être divisée en 2:la traversée du Piémont Pyrénéen (ou Hers Moyen) et la basse vallée.
2. La traversée du piémont pyrénéen
Après Le Peyrat, l'Hers-Vif passe ensuite Chalabre, capitale du Kerkorb, où il reçoit le Blau en rive droite. Dans un paysage assez charmant de collines rurales, mêlant cultures, prés et bois au milieu desquels serpente le ruban de la rivière, s'égrennent ensuite les villages de Camon, Lagarde où l'Hers reçoit à gauche les eaux du Touyre et enfin Roumengoux et Moulin-Neuf où arrive à droite l'Ambronne. A ce niveau, le tracé sinueux mais jusqu'ici globalement dirigé Nord-Nord-Est marque un coude vers l'Ouest, alors que la vallée restée assez étroite (moins d'1 km de large) s'élargit considérablement à l'approche de Mirepoix. L'Hers, qui s'est progresivement assagi, a alors acquis sa physionomie définitive, qu'il conservera désormais jusqu'au confluent avec l'Ariège.
3. La basse vallée
La cité médiévale de Mirepoix marque ainsi l'entrée dans la basse vallée qui constitue un prolongement de la plaine de la basse Ariège. Jusquà son confluent, l'Hers longe les coteaux du Lauragais situés sur sa rive droite. Celle-ci est abrupte car le cours d'eau est collé au coteau. La plupart des villages se trouvent d'ailleurs de ce côté de la rivière afin d'éviter les inondations. Au contraire, la rive gauche est plus plane, inondable, et supporte les cultures de maïs et de tournesol irriguées à partir des eaux de la rivière dont le débit estival est renforcé depuis fin 1984 par le barrage de Montbel. Les champs laissent néanmoins la place à une végétation rivulaire fournie aux abords relativement préservés de la rivière (le cours aval de l'Hers est d'ailleurs inclus dans la liste des sites Natura 2000). C'est dans ce décors que l'Hers recueille les eaux du Douctouyre en rive gauche juste avant de voir son tracé s'incurver de nouveau vers le Nord-Ouest, parallèlement à celui de l'Ariège mais à une dizaine de kilomètres à l'Est. L'Hers reçoit alors la Vixiège en rive droite, traverse Mazères, Calmont et se jette dans l'Ariège en rive droite à quelques kilomètres en amont de Cintegabelle.
Affluents
Les principaux affluents de l'Hers-Vif peuvent être classés en 3 catégories suivant leur origine:
Affluents pyrénéens: le Lasset, la fontaine intermittente de Fontestorbes et le Touyre
Affluents du piémont pyrénéen: le Blau et le Douctouyre
Affluents des coteaux du Lauragais et du Razès: l'Ambronne et la Vixiège.
Hydrologie
Le Touyre et le Lasset, venus du massif de Tabe (2368 m) et la fontaine de Fontestorbes, issue du plateau karstique du pays de Sault ont un régime nivo-pluvial (maximum d'avril-mai à la fonte des neiges) qui se retrouve sur le cours amont de l'Hers, au Peyrat pour un débit moyen de 4,2 m³/s. Vers l'aval et par suite des apports des affluents venant des collines du Lauragais et du piémont pyrénéen (Blau, Douctouyre, Ambronne et Vixiège), le régime devient pluvio-nival avec 2 maximums équilibrés: un maximum principal de février traduisant l'influence des pluies de saison froide sur la plaine et les collines, et un maximum secondaire en avril du à la fonte des neiges dans les Pyrénées. Le débit moyen (module) passe de 4,2 m³/s au Peyrat à la sortie des Pyrénées à 7,8 m³/s à Roumengoux, juste en amont de Mirepoix, et se situe aux alentours de 15 m³/s au niveau de la confluence avec l'Ariège. L'Hers fournit ainsi environ un quart du débit total versé par l'Ariège à la Garonne (65 m³/s).
Le trait principal du régime de l'Hers est son irrégularité, surtout en aval du Peyrat, la partie pyrénéenne bénéficiant d'un débit plus régulier car pondéré par les réserves karstiques alimentant la fontaine de Fontestorbes et soutenu par une pluviosité plus importante et régulière sur les montagnes.
Ainsi, le débit naturel est assez faible en période estivale (3 m³/s en moyenne en août au confluent de l'Ariège). Il est alors fourni à 80% par le Touyre et la portion pyrénéenne du cours de l'Hers en amont du Peyrat. Afin de permettre l'irrigation de la basse vallée et du Lauragais, ce débit est renforcé depuis 1984 par le barrage-réservoir de Montbel situé en Ariège (60 millions de m³). Ce barrage collecte les hautes eaux hivernales et printanières de l'Hers par un aqueduc souterrain situé au niveau du Peyrat et les restitue un peu en amont du confluent du Touyre en période d'étiage.
Les crues
Si les étiages sont aujourd'hui moins accusés, l'Hers vif demeure encore aujourd'hui capable de crues colossales et souvent brutales qui submergent régulièrement sa vallée. Parmi ces inondations, l'une d'elles, survenue le 16 juin 1289 et renforcée par la vidange brutale d'un lac naturel près de Puivert, a entièrement détruit la ville de Mirepoix. Ces crues surviennent généralement en hiver et au printemps. Elles sont provoquées par des pluies diluviennes généralisées à tout le bassin et atteignent leur maximum de gravité lorque la pluie provoque ou renforce la fonte des neiges sur les Pyrénées. Quelques épisodes, généralement intenses peuvent également survenir en automne à l'occasion d'averses méditerranéennes extensives (1963, 1996). Si ces crues sont aussi redoutables que redoutées par les riverains de l'Hers, c'est que par comparaison, elles sont d'une ampleur beaucoup plus importante que celles de l'Ariège avant le confluent. Ainsi, pour presque toutes les plus fortes crues connues, l'Hers-Vif à présenté un débit largement supérieur à celui de l'Ariège à leur confluent. Ceci est vraiment remarquable si l'on sait qu'en moyenne à leur jonction, l'Ariège amène 45 m³/s, soit 3 fois plus que l'Hers.
Quelques crues remarquables:
23 juin 1875: la plus forte crue connue en aval avec un débit de pointe estimé à plus de 1500 m³/s à Mazères. L'Hers fournit alors plus de la moitié de sa crue à l'Ariège et 1/5 environ de celle de la Garonne à Toulouse! De nombreux ponts n'y résistent pas, dont celui de Mazères.
6 février 1919: Une des plus grosses crues du XXème siècle après celles de 1977 et 1981: autour de 600 m3/s à Mazères en moyenne le 6 février, le débit de pointe se situant probablement aux alentours de 800 m³/s.
13 septembre 1963: Crue d'origine méditerranéenne, aussi soudaine que violente sur l'ensemble du cours, de loin la plus forte connue au Peyrat, en amont: la côte maximale y a atteint 3,55 m, soit 88 cm de plus que la crue du 1er décembre 1996, la suivante au classement. Sur cette même station, le débit de pointe, lui, n'est pas connu mais vu les valeurs atteintes pour d'autres crues et les côtes correspondantes, il a sans doute frôlé les 240 m³/s, soit près de 100 m³/s de plus qu'en 1996!
19 mai 1977: 2ème plus forte crue connue du XXème siècle sur le cours aval avec 1070 m³/s à Mazères, plus forte crue connue du Touyre (164 m³/s en pointe au confluent) et 3ème plus forte crue connue au Peyrat.
16 janvier 1981: crue d'hiver généralisée, la plus importante connue en aval au XXème siècle avec une pointe à 1100 m³/s à Mazères. L'Hers apporte alors 5 fois plus d'eau que l'Ariège au confluent et fournit à lui seul plus de la moitié de la crue de la Garonne à Toulouse et encore environ 1/3 à Bordeaux!
9 mai 1991: Forte crue à l'amont (100 m³/s au Peyrat, 5ème plus forte crue connue) et vers Mirepoix (inondations sur les communes de Camon et Teilhet), plus faible comparativement en aval (500 m³/s à Mazères)
1er et 8 décembre 1996: 2 fortes crues à 1 semaine d'intervalle! Débit de pointe = 357 m³/s le 8 décembre à Roumengoux et 500 m³/s à Mazères les 2 fois. 2ème plus forte crue connue en amont le 1er décembre (débit de pointe de 148 m³/s, correspondant à une côte 2,67 m, au Peyrat). Crue comparable à celle du 19 mai 1977 en moyenne journalière au Peyrat (76 m³/s en moyenne sur la journée du 1er décembe 1996 contre 75 m³/s le 19 mai 1977).
11 juin 2000: crue généralisée suite à de fortes pluies sur tout le bassin: 84 m³/s au Peyrat et 500 m³/s à Mazères au plus fort de la crue.
30 juillet 2002: Crue localisée de l'Hers en amont du Peyrat et du Touyre suite à un très gros orage dans la nuit du 29 au 30 juillet sur le massif de Tabe (plus de 100 mm de pluie tombés en moins de 2 heures). Plus forte crue connue pour le Touyre amont avec un débit de pointe de 25 m3/s à Montferrier (09).
24 janvier 2004: crue hivernale amplifiée par un redoux et une fonte brutale de quantités importantes de neige dans les Pyrénées. 106 m³/s au Peyrat (4ème plus forte crue connue), environ 500 m³/s à Mazères.
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