Hermaphrodisme
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L'Hermaphrodisme est un genre sexuel, dans lequel l'individu est morphologiquement mâle et femelle, soit alternativement soit simultanément.
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Origine du mot
Dans la mythologie grecque, Hermaphrodite était le fils d'Hermès et d'Aphrodite, né sur le mont Ida de Troade. Alors qu'il se baignait dans une source d'Halicarnasse en Carie, la naïade de la source, Salmacis, s'éprit de lui. Elle fut repoussée, fit ensuite le vœu que les dieux unissent leurs deux corps pour n'en faire plus qu'un et fut exaucée. Cela donna naissance à un être humain homme et femme à la fois, que l'on a représenté dans la statuaire comme doté d'un pénis et de seins (cf. l'article Hermaphrodite). La légende est notamment relatée dans Les Métamorphoses d'Ovide.
Hermaphrodisme en biologie
On distingue trois types d'hermaphrodisme :
Hermaphrodisme simultané
Il existe à l'état naturel chez certains animaux comme le ver de terre ou lombric, les escargots, certaines cochenilles, certaines coquilles Saint-Jacques et certains parasites, ou plantes (étamine et pistil) qui portent les organes sexuels mâles et femelles.
On peut assister alors à une autofécondation : la fécondation des œufs se fait par les spermatozoïdes du même organisme. Mais ce phénomène reste plutôt rare. La plupart des fécondations chez ce type d'hermaphrodite sont des fécondations croisées : elles nécessitent l'accouplement entre individus, ce qui peut être facilité la séparation très nette dans l'espace des organes des deux genres (comme sur le maïs qui portent des fleurs mâles et femelles à des hauteurs différentes).
Hermaphrodisme successif ou séquentiel
Certaines espèces d'animaux sont au cours de leur vie d'abord mâles puis deviennent femelles vers la fin. C'est le cas par exemple des crépidules (mollusques marins), du mérou, du poisson clown, certains batraciens et reptiles...)
On parle de protéandrie lorsque les gamètes mâles sont produites avant les gamètes femelles (huître...) et, plus rarement, de protogynie dans le cas contraire (mérou...).
Hermaphrodisme dans l'espèce humaine
Ce terme désigne, chez l'être humain, une maladie congénitale très rare : la personne est dotée de chromosomes sexuels variables (XY,XXY...) , mais naît le plus souvent avec une ambiguité sexuelle et la présence simultanée de tissus testiculaires et ovariens, conduisant au développement de structures masculines (véritable pénis érectile , prostate) et féminines (vagin, utérus). La médecine n'en dénombre officiellement qu'environ 500 cas en France.
D'autres appelés pseudo- Hermaphrodites féminins (XX)peuvent être liés à unehyperplasie congénitale des glandes surrénales et peuvent décéder précocement à cause de problèmes de fixation du chlorure de sodium, par insuffisance de sécrétion de cortisone.
Les pseudo- Hermaphrodites masculins (XY) sont liés à un déficit d'expression de la testosterone.
Une personne atteinte de cette condition est le plus souvent infertile, même si on rapporte des cas d'ovulations ou de spermatogénèse. Les taux de testostérone et d'œstrogènes ont souvent tendance à s'inhiber l'un et l'autre (de sorte que ni les seins ni le système pileux ne se développent normalement, et parfois les organes externes restent trop peu développés pour permettre un rapport sexuel aisé).
Le traitement d'une telle « maladie » est délicat car il faut choisir quel est le sexe qu'on laissera s'exprimer. Le choix se fait en observant quels sont les facteurs dominants (mâle ou femelle). On peut aussi se déterminer en étudiant l'histologie des gonades. On précise alors arbitrairement le sexe par ablation des organes génitaux « non conformes » et par une hormonothérapie. L'accompagnement psychologique est souvent nécessaire du fait de l'absence d'identité sexuelle affirmée, et du caractère mutilant de l'ablation ( même quand cette opération est désirée).
En 2003, des chercheurs danois ont mis en évidence qu'une contamination par des matières polluantes véhiculées par la chaîne alimentaire, en particulier les PCB, entrainaît une augmentation notable des cas d'hermaphrodisme chez les ours polaires.
Il ne faut pas confondre l'hermaphrodite vrai, qui est physiquement porteur des organes des deux sexes, avec l'androgyne, dont l'apparence seulement prête à confusion mais les caractères sexuels sont exprimés normalement, ni avec le (ou la) transsexuel(le) qui se fait opérer pour changer de sexe.
Hermaphrodisme et sociétés
Dans les sociétés océaniennes, Rae raes, Mahus, Fa'fafines et autres transgenres avaient le rôle d'enseignantes et de gardiennes des connaissances et des traditions. Avant l'arrivée des colons occidentaux et de leur morale, il était de coutume que chaque famille élève au moins un de ces enfants mâles comme une fille pour perpétuer la communauté en cas de disparition des hommes lors de conflits entre familles ou de caprices de l'océan.
Souvent liées au culte de la Déesse Mère, connue aussi sous diverses appellations parmi lesquelles : Tanit, Isis, Ishtar, Artémis, Astaroth, Astarté, Aphrodite, Vénus (que l'on retrouve ensuite sous la forme de la Vierge Marie), elles tenaient souvent le rôle de shamans ou de prêtresses dans des société pré-judaïque.
Étant considérées comme les intermédiaires naturelles entre le monde des divinités et celui des mortels, tout comme entre celui des femmes et des hommes dès les tout premiers cultes de l'humanité, elles commencèrent par être vénérées avant d'être démonisées puis persécutées lors de l'avènement des sociétés patriarcales puis des monothéismes.
Les bébés hermaphrodites furent dés lors généralement considérés, comme un signe de la colère des dieux et mis à morts. Cette attitude persiste encore dans la plupart des sociétés où les femmes sont encore rabaissées au titre d'individus de second ordre.
Certaines cultures leur ont offert au court de l'histoire, et parfois mêmes bien après l'évangélisation, un statut privilégié, comme à Naples par exemple, cité dont la fondatrice, Aristodemos il Malachio, était elle-même hermaphrodite et grande prêtresse du culte d'Aphrodite de la cité de Parthénopé, devenue ensuite Paléopolis (ville ancienne), avant de créer Néopolis, vers 600 avant J.C. qui devint dés ce jour la patrie des femminielli ou « petites femmes », termes employés pour qualifier travesties, shemales, transgenres et transsexuelles MtF (Male to Female).
Hermaphrodisme et politique
Elles appartiennent avec les transsexuelles, les travestis et les transformistes, le milieu transgenre ou [[Modèle:3e sexe]], shemale chez les anglophones, new half au Japon, muché chez les Zapotec du Tehuantepec (Juchitan), rae rae en Polynésie, fa'fafine aux Samoa, woobie en Côte d'Ivoire, femminili en Italie.
Leur combat se fait surtout au niveau de l'intégration à la société : ils sont souvent relégués à des emplois au rabais, illégaux ou à l'industrie du sexe, ou encore victime d'ostracisme et de violence.
On note quelques cas dans l'histoire de personnes hermaphrodites ayant vécu leur différence dans la tolérance et l'acceptance, y compris dans les milieux ruraux français.
Mais en général, même si celles-ci ne sont pas toujours mis à mort, elles sont parfois considérées comme des monstruosités et vivent mal leur différence du fait du rejet dont font preuve la plupart des sociétés. Aussi la plupart tentent de dissimuler leur état en se privant volontairement de sexualité, suite à des expériences parfois traumatisantes, ou bien empruntent la voie de sexualités sensées être plus ouvertes et tolérantes.
Certaines associations reprochent à notre société de vouloir séparer la population en deux groupes étanches : les mâles et les femelles. Ils reprochent alors au corps médical de prendre une décision, à la naissance, au lieu de laisser l'individu se déterminer plus tard. En particulier, ils reprochent à la société de classer systématiquement les cas d'intersexualité dans la catégorie des femmes.
Quelques hermaphrodites connus ou supposés
- le chevalier d'Éon, espion et diplomate de Louis XV. Une confusion existe quant à son sexe véritable, ce qui mène certaines personnes à proposer qu'il ait été hermaphrodite.
- Herculine Barbin, 1838-1868, est connue pour avoir écrit une autobiographie qui présente la difficulté d'être intersexe.
- Marie-Madeleine Lefort, femme à barbe du début du XIXème siècle
- Hida Viloria, actrice contemporaine
- Erika Schinegger championne du monde de ski alpin en 1966, fut détecté comme étant de sexe masculin lors d'un test urinaire.
Références
- Le mystére Alexina de René Féret avec Philippe Vuillemin, Valérie Stroh (1985).
- The Crying game de Neil Jordan avec Forest Whitaker, Miranda Richardson (1992).
- Boys Don't Cry de Kimberly Peirce avec Hilary Swank, Chloë Sevigny, Alison Folland (2000). Attention, dans ce film, Hilary Swank joue une fille androgyne mais pas un hermaphrodite : comme dit au-dessus, ne pas confondre les deux, même si ce film passionant se prête bien au sujet !
- Cowboy Beebop de Shinichiro Watanabe (1999).
- Fa'fafine des Samoa.
- Tiresia de Bertrand Bonello, avec Laurent Lucas, Clara Choveaux, Thiago Teles, Célia Catalifo (2003).
- Tirésias Scénariste S. Le Tendre, dessinateur et coloriste C. Rossi.
- Torch Song Trilogy de Paul Bogart (1988)
- Axle Munshine, le vagabond des Limbes de Christian Godard et Julio Ribeira (depuis 1975).
- Ose devenir qui tu es de Dany Montebello (2005).
- La plupart des travaux de Albert Jacquard sur la Génétique.
- Woobi chérie de Christophe Brooks et Laurent Bocahut. (Diffusé sur Arte, le 23 juin 2004 à 21h50).
Voir aussi
Liens externes
- (fr) Un hermaphrodite possède-t-il des chromosomes XX ou XY ?
- (en) Société intersex nord américaine
- (fr) Histoire des monstres depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, de Ernest Martin (Bibliothèque nationale de France (BNF))



