Grec moderne
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Le grec moderne (Νεοελληνική) est la langue maternelle de 12 millions de locuteurs, dont 9,9 millions en Grèce où il est langue officielle, tout comme à Chypre.
Sommaire |
Histoire
Le grec d'aujourd'hui dérive de la koinè, elle-même héritière directe du grec ancien, mais a subi un grand nombre de transformations phonétiques (comme l'iotacisme, la psilose, la disparition des oppositions de quantité vocalique, la spirantisation des anciennes aspirées, le passage d'un accent de hauteur à un accent d'intensité ou encore l'amuïssement de certains phonèmes, comme [n], en finale), lexicales (nombreux emprunts aux langues modernes) et grammaticales (simplification de la flexion nominale, de la conjugaison).
De fait, il n'est pas possible à un locuteur du grec moderne de comprendre correctement un texte en grec ancien, de même qu'un francophone ne peut traduire, sans en avoir étudié la langue, de l'ancien français. On peut illustrer cette évolution par un court extrait du Nouveau Testament (Jean I, 1) en grec moderne puis en grec ancien (koinè, en fait). La prononciation est indiquée de manière phonologique et les tons du grec ancien sont notés de manière simplifiée. Enfin, l'on a choisi de transcrire le grec ancien tel qu'il était prononcé dans son état classique et non tel qu'il l'était à l'époque de rédaction du texte, pour mieux marquer les différences :
| Grec moderne | Grec ancien |
|---|---|
| 1 Στην αρχή ήταν ο Λόγος, και ο Λόγος ήταν μαζί με τον Θεό, και ο Λόγος ήταν Θεός. | 1 Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ Λόγος, καὶ ὁ Λόγος ἦν πρὸς τὸν Θεόν, καὶ Θεὸς ἦν ὁ Λόγος. |
| /stin ar'çi 'itan o 'loɣos ke o 'loɣos 'itan ma'zi me ton θe'o ke o 'loɣos 'itan θe'os/ | /en arkʰέì έὲn ho lógos kaí ho lógos έὲn prós tón tʰeón kaí tʰeón έὲn ho lógos/ |
| 2 Αυτός ήταν στην αρχή μαζί με τον Θεό. | 2 Οὗτος ἦν ἐν ἀρχῇ πρὸς τὸν Θεόν. |
| /af'tos 'itan stin ar'çi me ton θe'o/ | /hóòtos έὲn en arkʰέì prós tón tʰeon/ |
| 1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu. 2 Il était au commencement avec Dieu. | |
La langue actuelle est une variante dite dhimotiki, qui a supplanté en 1975 une langue artificielle et archaïsante, la katharevousa. De plus, depuis 1982, la langue s’écrit avec le système monotonique.
Écriture et prononciation
Le grec moderne s’écrit avec un alphabet de vingt-quatre lettres, hérité du début de la période archaïque (VIIIe siècle av. J.-C.). Chaque lettre correspondait à l’origine à un son différent (avec des ambiguïtés, principalement pour les voyelles), mais en grec moderne la prononciation a évolué, et plusieurs lettres ou groupes de lettres se prononcent de la même manière, ce qui rend l’orthographe aussi complexe que celle du français (entendre un mot n’est souvent pas suffisant pour pouvoir l’écrire : par exemple, il existe cinq graphies pour le son « i », en raison de l'iotacisme). Le tableau ci-dessous donne la prononciation des lettres. L’accent aigu (ou droit, selon les polices de caractères) marque l’accent tonique, en gras dans la transcription.
Le grec moderne suit des règles de sandhi tant internes qu'externes. Par exemple, un /n/ final voit son point d'articulation s'adapter à la consonne initiale du mot qui suit (devant une vélaire, il passe à [ŋ] ; à la fin de certains mots-outils comme την, τον, δεν, il s'amuït devant une continue ; il voise une occlusive sourde qui le suit et peut empêcher une sonore de se spirantiser, les assimilations pouvant être progressives : τον πατέρα [tɔm ba'tεɾa]).
| Lettre | Nom | Prononciation |
|---|---|---|
| Α α | άλφα (alpha) | /a/ antérieur comme dans patte, pas pâte |
| Β β | βήτα (vita) | /v/ de voiture |
| Γ γ | γάμμα (ghama) | devant les sons /a/, /o/ et /u/ (ou), /ɣ/ proche du r français de rien mais vélaire et non uvulaire ; devant les sons /i/ et /ɛ/, yod /j/ comme le y de yoyo. |
| Δ δ | δέλτα (dhelta) | /ð/ th anglais de « this » |
| Ε ε | έψιλον (epsilon) | /ɛ/d’aperture intermédiaire entre tête et été |
| Ζ ζ | ζήτα (zita) | /z/ comme zoo, alvéolaire, comme en castillan |
| Η η | ήτα (ita) | /i/ comme fini |
| Θ θ | θήτα (thita) | /θ/, th anglais de « to think » |
| Ι ι | γιώτα (iota) | /i/ comme fini |
| Κ κ | κάππα (kapa) | /k/ comme kangourou |
| Λ λ | λάμδα (lamdha) | /l/ comme lettre |
| Μ μ | μυ (mi) | /m/ comme moi |
| Ν ν | νυ (ni) | /n/ comme nous |
| Ξ ξ | ξι (ksi) | /ks/ comme le x d’axe (en général : ξέρω /'ksɛrɔ/ « je sais ») ou /gz/ comme le x d’exemple (derrière n : δεν ξέρω = /ðɛŋg'zɛrɔ/ pouvant aller jusqu’à /ðɛg-/ = « je ne sais pas ») |
| Ο ο | όμικρον (omicron) | /ɔ/ d’aperture intermédiaire entre hotte et hôte |
| Π π | πι (pi) | /p/ comme patte |
| Ρ ρ | ρω (ro) | /ɾ/ (mono)vibrant (italien Roma, espagnol Madrid) |
| Σ σ/ς | σίγμα (sighma) | /s/ comme dans rosse, mais alvéolaire (jamais /z/ comme dans rose, sauf devant consonne sonore : σβέλτος, σμάλτο /sv-, sm-/ «svelte, émail») |
| Τ τ | ταυ (taf) | /t/ comme tête |
| Υ υ | ύψιλον (ipsilon) | /i/ comme dans fini, sauf en deuxième lettre d’une diphtongue : ου se prononce /u/ comme dans coucou, αυ et ευ se prononcent respectivement /af/ et /ɛf/ ou /av/ et /ɛv/ (suivant que le son qui suit est sonore ou non : αυτό = /af'tɔ/ = « cela », αύριο = /'avriɔ/ = « demain ») |
| Φ φ | φι (fi) | /f/ comme dans faire |
| Χ χ | χι (chi) | /ç/ : ch allemand de ich devant les sons /i/ et /ɛ/ (un yod /j/ non sonore) ; /x/ : ch allemand de ach devant les sons /a/ et /u/ (version non sonore du /ɣ/) |
| Ψ ψ | ψι (psi) | /ps/ comme dans psychologie |
| Ω ω | ωμέγα (omegha) | /ɔ/ d’aperture intermédiaire entre hotte et hôte |
Par ailleurs, des groupes de lettres formant des digrammes ont une prononciation spéciale :
| Lettres | Prononciation |
|---|---|
| αι | comme ε : /ɛ/ |
| γγ et γκ | /g-/ à l’initiale, /-ng-/ [-ŋɡ-] ailleurs |
| ει, οι, υι | comme ι, υ, η : /i/ |
| μπ | /b-, -mb-/ comme dans bar (qui en grec s’écrit μπαρ…) |
| ντ | /d-, -nd-/ comme dans demain |
| ου | /u/ comme dans coucou |
| τσ | /ʦ/ (affriquée) mais alvéolaire |
| τζ | /ʣ/ (affriquée) mais alvéolaire |
| λι + V | /ʎ/ come en castillan ella |
Exemples
| Mot | Transcription | Signification |
|---|---|---|
| αίμα | èma | sang (penser à « hématome », « hématologie ») |
| καλοριφέρ | kalorifèr | radiateur :-) |
| είναι | inè | il/elle est ou ils/elles sont |
| μπαρμπάς | barbas | tonton |
| εντάξη | èndaksi | d’accord |
Grammaire
Le grec moderne est une langue à déclinaisons (comme l'allemand, par exemple) : la terminaison des mots change suivant la fonction du mot dans la phrase. Même les noms propres se déclinent : par exemple, on dira ο Φίλιππος έφυγε (o Phílippos éfiye : « Philippe est parti »), βλέπω τον Φίλιππο (vlépo ton Phílippo : « je vois Philippe »), είναι το σπίτι του Φίλιππου (íne to spíti tou Phílippou : « c'est la maison de Philippe »). Cette particularité peut sembler rebutante à un francophone (qui cependant n'a pas de mal à décliner le pronom il qui donne le à l'accusatif et lui au datif). Elle est pourtant source d'une grande liberté d'expression car l'ordre des mots importe moins qu'en français. Par exemple τον Φίλιππο βλέπω (ton Phílippo vlépo) peut être traduit par « c'est Philippe que je vois ».
Par ailleurs, le grec distingue deux aspects pour chaque verbe, marqués chacun par une forme distincte : une forme continue (calquée sur le présent) et une forme instantanée (calquée sur le passé, appelé aoriste). Cette différence est très vivante et se retrouve au futur et au subjonctif. Un Grec ne confondra pas θα τον δω (tha ton dho) et θα τον βλέπω (tha ton vlépo) : les deux signifient « je le verrai », mais le premier sous-entend « une fois » tandis que le second signifie « continuellement ».
Lexique
Liens
Liens internes
Liens externes
- Dictionnaire Freelang - Dictionnaire grec-français/français-grec



