Gendarmerie nationale française

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En France, la gendarmerie nationale est une force de police à statut militaire subordonnée au ministère de la Défense pour les missions militaires et sous tutelle du ministère de l'Intérieur pour les missions de police (la Police nationale dépend du ministère de l'Intérieur).

Les gendarmes sont habituellement chargés du maintien de l'ordre dans les zones rurales et les zones dites « péri-urbaines », alors que la police nationale est chargée des zones urbaines.

Sommaire

Histoire

Ce corps de métier a été créé à l'origine au Moyen Âge, pour mater les révoltes des pieds bleus, teinturiers qui poussés par les corporations manifestaient, désespérés de l'enlisement de leur métier. On les appelait alors les gens d'armes.

Héritière de la maréchaussée, qui était alors sous la direction de maréchaux et connétables, elle s'était vu confier des missions de justice et de police militaire.

  • 1373 : ordonnance de création de la maréchaussée de France
  • 1536 : édit de Paris définissant les missions ( surveillance des "grands chemins")
  • 1720 : création des brigades (4 à 5 hommes tous les 15 à 20 km)
  • 1791 : la Maréchaussée devient Gendarmerie nationale.

La gendarmerie est régie par deux lois :

  • (abrogé par le Code de la Défense) loi du 28 germinal an VI (17 avril 1798)
  • décret organique du 20 mai 1903

Participation aux conflits :

Dirigée par Pierre Mutz jusqu'en 2004, la Gendarmerie nationale l'est à présent par le général d'armée Guy Parayre. C'est la première fois qu'un militaire occupe cette fonction depuis 1947. Les civils ayant occupé précédemment cette fonction étaient traditionnellement issus soit de la magistrature soit du corps préfectoral.

Organisation

La gendarmerie est divisée en plusieurs métiers. Elle est présente sur l'ensemble du territoire Français et effectue des missions militaires à l'étranger. Elle emploie environ 103 866 personnes dont 86 038 d'actifs, 15 757 volontaires et 2 011 civils ainsi que 10 000 personnels de réserve utilisés en fonction des besoins du service.

Liste des différentes subdivisions d'arme de la Gendarmerie

Gendarmerie départementale

La gendarmerie départementale est au contact régulier de la population. Elle assure principalement des missions de police judiciaire ou de police administrative. On la surnomme la blanche, à cause de la couleur des ses insignes.

L'organisation de base est la brigade de gendarmerie, comprenant de 6 à 40 personnes, généralement située au niveau du canton. Les brigades peuvent être organisées en communautés de brigades avec une unité de chef-lieu et des brigades de proximité ou en brigades autonomes.

Chaque brigade est chargée de la surveillance jour et nuit d’une ou de plusieurs communes ainsi que de l’accueil du public. Les gendarmes y reçoivent les plaintes, effectuent les enquêtes administratives et judiciaires et de manière générale répondent aux appels d’urgence.

Les brigades d'un arrondissement forment une compagnie. Les compagnies d'un département forment un groupement et les groupements d'une région administrative forment une région depuis la réorganisation territoriale du 1er juillet 2005. Auparavant les régions prenaient le nom de "légions". On dénombre aujourd'hui 22 régions de gendarmerie départementale.

Ainsi, chaque niveau hiérarchique de la gendarmerie départementale correspond à un niveau de l’administration du territoire. Chaque niveau hiérarchique est commandé par un officier, responsable des unités de la gendarmerie départementale placées sous son ressort. Il est le correspondant en charge de la sécurité publique de l’autorité administrative.

Il existe environ 3 600 brigades.

En plus des brigades, la gendarmerie départementale comporte des unités spécialisées dans certaines missions :

  • Les pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), regroupés au sein des Compagnies de Gendarmerie Départementale fournissent des patrouilles qui interviennent en renfort des brigades. Soit pour augmenter le nombre de patrouilles dans les rues, soit pour faire face à des évènement particuliers (interpellations, recherche de malfaiteurs…). On trouve en général un PSIG par arrondissement.
  • Les unités motorisées, gendarmes motocyclistes chargés de la surveillance du réseau routier ; ils ne dépendent pas de la compagnie mais de l'Escadron Départemental de Sécurité Routière (EDSR = compétent sur l'ensemble du département d'implantation). On y trouve les Brigades Motorisées, les Pelotons Autoroutiers et les Brigades Rapides d'Intervention, en fonction des EDSR.
  • Les brigades et sections de recherche (BR au niveau des arrondissements, BRD au niveau des départements et SR au niveau de la cour d'appel), sont plus exclusivement chargées des missions de police judiciaire. Elles assistent les brigades lors d’enquêtes importantes ; elles sont chargées des enquêtes touchant à la moyenne et la grande délinquance.

Gendarmerie mobile

Surnommée la jaune en raison de la couleur dorée de ses galons, la Gendarmerie mobile a été créée en 1921 (du moins dans sa structure actuelle, car la création des premières unités de GM remonte au début du XIXème siècle). Ses principales missions : le maintien de l'ordre [MO], le rétablissement de l'ordre, la surveillance du territoire et des dépendances, la garde de points sensibles [ambassades, gares, etc.], la défense du territoire et le renforcement de la Gendarmerie Départementale.


La Gendarmerie Mobile est composée de :

  • 7 légions (la 4e ayant été dissoute il y a peu)
  • 24 groupements, dont un blindé
  • 123 escadrons, chacun commandé par un capitaine
  • 17 000 personnels.


Un escadron de gendarmerie mobile [EGM] est composé de:

  • 121 personnels
  • 4 pelotons de rang dont 1 Peloton d'Intervention [PI] et de 3 pelotons de marche
  • 1 peloton Hors Rang [logistique].

Il existe parallèlement 3 types d'escadrons : escadrons portés, escadrons mixtes VBRG [Véhicule Blindé à Roues de la Gendarmerie] et escadrons VBC90 [Véhicule Blindé à Chenilles].


Chaque escadron est différencié selon un numéro, ex: 15/6 à Nimes.

  • 1er chiffre = numéro du groupement de gendarmerie mobile d'appartenance
  • 2e chiffre = numéro de l'escadron dans le groupement
  • 3e chiffre = numéro de la légion d'appartenance.

Le GSIGN [Groupement de Sécurité et d'Intervention de Gendarmerie Nationale], qui regroupe le GIGN [Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale], l'EPIGN [Escadron Parachutiste d'Intervention de la Gendarmerie Nationale], et le GSPR [Groupe de Sécurité de la Présidence de la République], font partie intégrante de la Gendarmerie Mobile.


Les réservistes de la Gendarmerie mobile sont regroupés en escadrons de réserve de gendarmerie mobile [ERGM] dont la dénomination et l'organisation sont calquées sur celles des escadrons d'active, par exemple ERGM 124/1 à Maisons-Alfort.

  • 1er chiffre = 1 pour les escadrons de réserve
  • 2e chiffre = numéro du groupement de gendarmerie mobile d'appartenance
  • 3e chiffre = numéro de l'escadron dans le groupement
  • 4e chiffre = numéro de la légion d'appartenance.

Les réservistes de la Gendarmerie mobile ne sont pas autorisés à servir au maintien de l'ordre, mais sont plutôt employés sur des missions de service d'ordre (présence lors de grands événements par exemple), ou en renfort d'unités de la Gendarmerie départementale.

Alors que son impuissance à servir en maintien de l'ordre limitait par le passé l'utilisation des réservistes de la Gendarmerie mobile à des renforts aux unités de la Gendarmerie départementale ou aux état-majors, les escadrons de réservistes sous contrat sont de plus en plus amenés à servir en unité constituée, c'est-à-dire escadron au complet.

Unités de gendarmerie présentant un caractère d'emploi spécialisé

  • Maître de chien
  • Pilote d'hélicoptère
  • Gendarme de montagne - PGHM
  • Plongeur
  • GSIGN
  • Spéléologue
  • Police scientifique - IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale)
  • Systèmes d'information et de communication
  • Pilote de vedette
  • brigades et sections de recherches (police judiciaire).

Unités de gendarmerie spécialisées

Sous-officiers des corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie

  • Armurerie (ARM)
  • Affaires immobilières (AI)
  • Imprimeurs (IL)
  • Administration (ADM)
  • Auto-engins blindés (AEB)
  • Infirmiers (MITHA)
  • Restauration collective (RC)
  • (filière abrogée) Exploitant des Télécommunications (ETC).

Description de certaines subdivisions

Garde républicaine

Elle est chargée de missions de sécurité et d'honneur au profit des hautes autorités de l'Etat et des institutions. Elle est la seule force armée autorisée dans les palais nationaux. Les gardes sont présents à l'Elysée, au Sénat et à l'Assemblée nationale, au palais de justice, à Matignon et dans les principaux ministères. La garde républicaine est composée d'un état major, de deux régiments d'infanterie et d'un régiment de cavalerie. L'escadron motocycliste es attaché au premier régiment ainsi que la musique d'infanterie. Les membres de ses pelotons d'intervention renforcent régulièrement, de manière ponctuelle, les forces de police et de gendarmerie, lors de missions de maintien de l'ordre, de transfèrements particuliers, ou d'interpellations par exemple.

GSIGN

Le Groupement de sécurité et d'intervention de la gendarmerie nationale est composé d'environ 320 personnes (23 officiers de carrière et un peu plus de 300 sous-officiers de gendarmerie) spécialement entraînées et équipées pour faire face à des missions périlleuses. Installé à Versailles, le GSIGN comprend :

  • le Centre de Formation dont les missions se résument à la formation de stagiaires étrangers dans les domaines de la protection et de l'intervention et à la formation des gendarmes affectés en ambassades ou effectuant des missions de protection
  • le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale, créé en 1974 (gign)
  • l'Escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale (EPIGN)
  • le Groupe de sécurité de la présidence de la république (GSPR).

IRCGN

L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) est situé à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis, 93). L'unité gendarmerie d'identification des victimes de catastrophes (UGIVC), membre de l’unité nationale d'identification des victimes de catastrophes (UNIVC), fait partie intégrante de l'IRCGN.

Cigaville, ville d'entraînement

Cigaville est une ville artificielle d'entraînement pour les missions de la Gendarmerie située à Saint-Astier en Dordogne, dans l'enceinte du CNEFG. L'ensemble des EGM (Escadrons de Gendarmerie Mobile) de France viennent périodiquement en évaluation. C'est dans ce centre que sont également dispensée l'ensemble des formations ayant trait à l'intervention professionnelle des militaires de la Gendarmerie.

Tenue

Depuis le chapeau tricorne puis bicorne les Gendarmes sont longtemps restés fidèle au képi. Malgré tout, une refonte de la tenue est engagée en 2004 pour doter les gendarmes de nouveaux uniformes, plus pratiques. Dans cette nouvelle tenue, une casquette remplace le képi qui n’est plus utilisé que pour les missions de représentation.

L'uniforme de service courant porté jusqu'en 2004 n'avait pas évolué depuis 1990 avec l'apparition du pull over et d'une veste noire microporeuse. La nouvelle tenue est plus moderne et plus confortable lors des nombreux services externes sous toutes les conditions climatiques. Elle se compose d'une veste aux nuances bleue et noire avec des sérigraphies « gendarmerie », d'une veste polaire reprenant l'allure générale du pull actuel et d'un polo bleu ciel « type lacoste » manches courtes ou longues (pour la tenue hiver). Le pantalon est semblable aux pantalons de treillis, mais de couleur bleu sombre. Les chaussures sont des rangers souples. Cette tenue se porte avec une nouvelle casquette « type golf » et non « type Police » avec une grenade brodée apparente or ou argent selon la subdivision d'arme. La tenue est aussi équipée d'un nouveau ceinturon à attache rapide et d'un étui spécifique pour la nouvelle arme de service le SIG PRO.

Cette tenue sera déployée dans les unités jusqu'en 2006. Elle ne fait pas obstacle au port des anciennes tenues pour le service de relation publique (réunion, prise d'arme, délégation, etc.) et administratif.

Cinéma

Il existe une série de films célèbres sur la gendarmerie, avec notamment Louis de Funès dans le rôle principal : (le Gendarme de Saint-Tropez, le Gendarme en balade...). A la télévision, la série policière Une femme d'honneur met en scène une brigade de gendarmerie.



Voir aussi

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