François Mitterrand
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| Élu le | 10 mai 1981 et 8 mai 1988 |
| Mandats | 21 mai 1981 - 20 mai 1988 21 mai 1988 - 17 mai 1995 |
| Prédécesseur | Valéry Giscard d'Estaing |
| Successeur | Jacques Chirac |
| Naissance | 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente) |
| Décès | 8 janvier 1996 à Paris |
François Mitterrand, né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente), mort le 8 janvier 1996 à Paris, était un homme d'État français, président de la République française et coprince d'Andorre de 1981 à 1995.
Il détient actuellement le record de longévité (14 ans) à la tête de la République française.
De son mariage avec Danielle Gouze, Présidente de la Fondation France-Libertés [1], il a eu deux fils, Jean-Christophe et Gilbert (maire de Libourne, ancien député de la Gironde), et de sa relation avec Anne Pingeot, une fille, Mazarine Pingeot.
Sommaire |
Biographie
Son père était agent d'une Compagnie de Chemins de fer, puis vinaigrier et Président de la fédération des syndicats de fabricants de vinaigre.
1925-1934 : Études secondaires au collège Saint-Paul d'Angoulême.
1934-1937 : Sciences-Po (diplôme obtenu en juillet 1937).
1935-1936 : Il milite aux Volontaires nationaux du lieutenant-colonel de La Rocque. Mais il ne le suit pas dans l'aventure du Parti social français (PSF) et se dit « consterné » quand il écoute ses discours.
1937-1939 : Service militaire dans l'Infanterie coloniale.
Septembre 1939 : À l'engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale, il est sergent-chef et envoyé sur la ligne Maginot à proximité de Montmédy
Mai 1940 : Il se fiance avec Marie-Louise Terrasse (future Catherine Langeais), avec qui il rompt en janvier 1942.
État français
Le 14 juin 1940, après avoir été blessé, il est fait prisonnier. C'est durant son séjour dans les camps de prisonniers en particulier le Stalag IXA situé à Ziegenhain (aujourd'hui Trutzhain, hameau de la commune de Schwalmstadt) près de la ville de Kassel, que ses positions politiques évoluent au fil de ses rencontres avec des prisonniers issus de toute classe ainsi qu'au contact d'une organisation sociale interne au camp très différente de tout ce qu'il avait pu voir dans sa jeunesse. Après deux tentatives d'évasion ratées, en mars et en novembre 1941, il finit par réussir à s'évader le 10 décembre 1941 et retourne en France.
Sous le régime de Vichy, il travaille de janvier à avril 1942 à la Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale en tant que contractuel (sous l'autorité du commandant Favre de Thierrens, taupe des services secrets de Londres, qui lui déclare à son arrivée : « Jeune homme, je ne vous demanderai que du tout faux »), puis au Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre. Il publie un article sur sa captivité dans le périodique doctrinal du régime France, revue de l'État nouveau. Mais cet article ne comporte aucune allusion au régime, à son chef et à son idéologie. En 1977, quand est publiée une anthologie des écrits politiques de François Mitterrand, cet article y figure ! Son biographe Jean Lacouture écrit : « Combien de notables ayant écrit et publié sous l'Occupation, et sur des sujets aussi brûlants, pouvaient se le permettre ? »
Au printemps 1943, parrainé par deux membres de la Cagoule (Gabriel Jeantet, membre du cabinet de Pétain, et Simon Arbellot), il est décoré de la francisque. Jean Pierre-Bloch, chef de la section non militaire du Bureau central de renseignement et d'action (BCRA, services secrets de la France libre) de 1942 à 1943 puis commissaire adjoint à l'Intérieur, grand-croix de la Légion d'honneur, compagnon de la Libération, explique dans De Gaulle ou le temps des méprises (éd. La Table ronde, 1969, pp. 216/218) : « C'était sur notre ordre que François Mitterrand était resté dans les services de prisonniers de Vichy. Lorsqu'il avait été proposé pour la francisque, nous avions été parfaitement tenus au courant ; nous lui avions conseillé d'accepter cette “distinction” pour ne pas se dévoiler. La calomnie sert toujours ; vingt-cinq ans plus tard, on ressortira les mêmes arguments au cours de la campagne présidentielle [qu'à Londres et Alger en 1943 et 1944]. Les services gaullistes ont de la suite dans les idées. [...] Mitterrand fut même proposé pour être compagnon de la Libération, mais les titres de Résistance n'ont quelquefois rien à voir avec cette décoration. Ni résistants ni combattants, on trouve sur le Livre d'or des Compagnons de la Libération les noms de héros qui n'ont jamais quitté leur bureau de Londres. On l'a donné à quelques hommes de gauche, mais ils se content sur les doigts. Même Gaston Defferre, qui fut chef de réseau, n'est pas Compagnon de la Libération, et combien d'autres, tout comme François Mitterrand, l'auraient mérité cent fois et pourtant ne l'ont jamais eu. »
Résistance
Peu de temps après, il entre dans la clandestinité en rejoignant les rangs de la Résistance. Dès le printemps 1942, sous l'influence d'anciens évadés (Max Varenne et le Dr Guy Fric), il avait commencé son basculement. Il participe aux réunions du château de Montmaur, le 12 juin puis le 15 août 1942, qui jettent les premières bases de son réseau de Résistance, fondé en février 1943. Sous le nom de code « Morland », il part pour Londres le 15 novembre 1943 puis se rend à Alger où il est reçu par le général de Gaulle. Après un deuxième passage à Londres, il revient le 24 février 1944 en France diriger le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (réseau de résistance).
D'après ses mémoires, il a lui-même organisé ce mouvement avec ses proches durant la période où officiellement il travaillait pour le régime de Vichy, ce qui lui permettait de tout connaître des prisonniers de retour en France. Il participe à la libération de Paris en août 1944.
L'ascension de la roche de Solutré effectuée chaque année depuis 1946, témoigne de l'attachement de François Mitterrand, à ses amis résistants.
Quatrième République
Peu après, il participe au gouvernement des secrétaires généraux voulu par le général de Gaulle avant l'installation du gouvernement provisoire à Paris.
Le 27 octobre 1944, il épouse Danielle Gouze.
En février 1946, il adhère à l’UDSR (l’union démocratique et socialiste de la Résistance), qu'il présidera ensuite de 1953 à 1965 et lui offrira, dans sa quête du pouvoir, un premier laboratoire politique.
En novembre 1946, il est élu député de la Nièvre.
En 1947 François Mitterrand devient le plus jeune ministre de France avec le portefeuille des Anciens Combattants dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. Dans les années qui suivirent, il détiendra plusieurs portefeuilles ministériels, dont ceux de l'Information, de la France d'outre-mer, et le ministère délégué au Conseil de l'Europe.
En 1950, René Pleven le nomme ministre de l'outre-mer. Il s'efforce d'améliorer le sort des Africains, encore soumis à un régime très dur. Les gaullistes Jacques Foccart, Édouard Frédéric-Dupont, Castellani et Bayrou l'attaquent vivement : il est traité de « bradeur d'empire ». Mais il est encore partisan du maintien de toutes les colonies sous le giron de la France.
En 1953, il devient ministre délégué au Conseil de l'Europe, mais démissionne rapidement en raison de son hostilité à la répression menée en Tunisie. Il préconise vis-à-vis de ce pays, ainsi que pour l'Indochine, une politique plus libérale.
En 1954, il est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Pierre Mendès France. Le 5 novembre de cette année, à la tribune de l'Assemblée nationale, alors que les premiers conflits de la guerre d'Algérie éclatent, il déclare : La rébellion algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale : la guerre. En accord avec le président du Conseil, il fusionne la police d'Alger avec celle de Paris pour empêcher l'utilisation de la torture.
En 1956, il est nommé garde des Sceaux dans le gouvernement Guy Mollet.
En septembre 1958, il appelle à voter non au référendum sur la Constitution, qui est adopté puis promulgué le 4 octobre 1958. Mitterrand compare alors Charles de Gaulle à un nouveau dictateur.
François Mitterrand est battu aux élections législatives le 30 novembre 1958 (législature mise en congé jusqu'à la mise en place des nouvelles institutions en janvier 1959).
Cinquième République
En mars 1959, il est élu maire de Château-Chinon (il le restera jusqu'à mai 1981), et un mois plus tard sénateur de la Nièvre.
En octobre 1959, a lieu l'attentat de l'Observatoire.
Le 25 novembre 1962, il retrouve son siège de député de la Nièvre et abandonne celui de sénateur de la Nièvre.
En 1964, il devient président du conseil général de la Nièvre.
En 1965, bien que représentant d'une petite formation politique (la Convention des Institutions Républicaines), il est le candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle. Grâce à la candidature centriste de Jean Lecanuet qui recueille 15% des suffrages, le général de Gaulle est mis en ballottage, et se retrouve face au candidat de la gauche arrivé en deuxième position. Au second tour, Mitterrand reçoit l'appui de toute la gauche mais aussi de l'extrême-droite de Jean Louis Tixier-Vignacourt et de partisans de l'OAS qui ont appelé à faire barrage au Général De Gaulle. Mitterrand est battu avec 45 % des suffrages.
Le 28 mai 1968, il croit son heure venu et déclare : « il convient dès maintenant de constater la vacance du pouvoir et d'organiser la succession. »
Cette déclaration fait suite à l'absence du général de Gaulle, parti consulter le général Massu en Allemagne. Il propose le nom de Mendès-France pour former le gouvernement provisoire et annonce qu'il est candidat à la présidence de la République.
Le discours du 30 mai de De Gaulle répliquera de façon sèche.
En 1969, discrédité, il ne peut se présenter à la présidence de la république.
En juin 1971, lors du Congrès d'Epinay, fusion de la Convention des Institutions Républicaines (que Mitterrand dirige) et du Parti socialiste (créé en 1969 en remplacement de la SFIO), et élection de François Mitterrand au poste de Premier secrétaire.
En juin 1972, il signe le Programme commun avec le Parti communiste.
Le 19 mai 1974, candidat à l'élection présidentielle, il perd face à Valéry Giscard d'Estaing avec 49,2 % des voix au second tour.
En septembre 1977, il co-signe la rupture du Programme commun de la gauche.
En avril 1979, il s'allie avec Jean-Pierre Chevènement contre Michel Rocard pour remporter le Congrès de Metz du Parti socialiste.
En janvier 1981, il est désigné comme candidat du PS contre Michel Rocard et adopte les « 110 Propositions » comme programme.
Premier septennat
Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République en s'imposant dans l'élection présidentielle face à Valéry Giscard d'Estaing avec 51,8 % des suffrages.
Le 21 mai 1981, le jour de sa prise de fonction, le septennat s'ouvre par une cérémonie au Panthéon durant laquelle François Mitterrand rend hommage, par un dépôt de roses rouges à Jean Jaurès, Jean Moulin et Victor Schoelcher. Nomination de son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy.
Le lendemain, il dissout l'assemblée nationale. Les élections qui suivirent, les 14 et 21 juin, lui donneront la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fera entrer 4 ministres communistes.
Parmi les évènements marquants :
- 1981 :
- augmentation du SMIC de 10 %, des allocations familiales et logement (25 %), handicapés (20 %)
- abolition de la peine de mort (plus d'information sous l'article Robert Badinter)
- création de l'impôt sur les grandes fortunes (supprimé en 1987, rétabli en 1988 sous le nom d'impôt sur la fortune)
- nationalisation de banques (les 36 premières banques de dépôt, plus Paribas et Suez) et de grands groupes industriels (CGE, PUK, Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, Thomson-Brandt)
- autorisation des radios locales privées
- Doublement des crédits du ministère de la Culture (pour 1982)
- Légalisation massive de la présence de milliers d'immigrés en situation irrégulières
- 1982 :
- semaine de 39 heures (durée légale du travail)
- 5e semaine de congés payés
- lois Auroux étendant les droits des travailleurs dans les entreprises
- retraite à 60 ans
- première loi de décentralisation
- première visite d'un chef d'État français en Israël
- durcissement du contrôle des changes
- abrogation du délit d’homosexualité, des tribunaux permanents des forces armées (TPFA) et de la loi « anti-casseurs ».
- Mise en place des écoutes téléphoniques révélées quelques années plus tard
- 1983 :
- troisième gouvernement de Pierre Mauroy
- 1er plan de rigueur
- abrogation de la loi Peyrefitte, dite Sécurité et liberté
- Sanction des socialistes aux élections municaples
- loi sur l'indemnisation des victimes de crimes et délits
- expulsion de 47 diplomates soviétiques, qui étaient en fait des espions
- attentat du drakkar à Beyrouth (58 soldats français et 239 américains tués)
- 1984 :
- Au 1er janvier, la France prend la présidence semestrielle de la CEE. Relance de la construction européenne.
- Election européennes: Perçée du Front National, effondrement du Parti communiste
- loi sur la formation professionnelle
- abandon du projet de loi sur l'enseignement après la manifestation monstre de plus d'un million de personnes pour l'« enseignement libre »
- nouveau gouvernement de Laurent Fabius, fin de la participation des communistes au gouvernement
- libéralisation de l'audiovisuel, création des premières chaînes de télévision privées (dont Canal plus )
- 1985 :
- Jacques Delors devient président de la Commission européenne (il le reste jusqu'en 1995)
- inauguration de la Géode au parc de la Villette à Paris
- affaire du Rainbow Warrior
- loi Littoral
- Instauration de la proportionnelle aux élections législatives prévues l'année suivante
- 1986 :
- Signature de l'Acte unique
- inauguration de la Cité des Sciences à Paris
- loi Montagne
- la droite remporte les élections législatives. Jacques Chirac forme un nouveau gouvernement
- lancement du tunnel sous la Manche
- 1er sommet de la francophonie
- inauguration du musée d'Orsay
- privatisations
- 1987 :
- inauguration de l'Institut du Monde Arabe
- le ministre RPR de la Justice Albin Chalandon est éclaboussé par le scandale Chaumet (il possédait un compte rémunéré chez ces commerçants désormais en faillite, ce qui est illégal)
- 1988 :
- inauguration de la pyramide du Louvre
Second septennat
Bien que il sache, depuis 1981, qu'il est atteint d'un cancer de la prostate (ses bulletins de santé régulièrement publiés suite à son engagement électoral à ce sujet sont faux), il se représente en 1988 non sans avoir laissé longtemps planer le doute sur ses intentions.
Le 8 mai, François Mitterrand est réélu Président de la République en emportant l'élection présidentielle contre Jacques Chirac avec 54 % des voix.
Il nomme Premier ministre son vieil ennemi Michel Rocard et dissout l'assemblée nationale ; la droite est battue tandis que les socialistes et leurs alliés obtiennent une majorité relative qui leur permet de gouverner avec le soutien du centre gauche. Il remplace en mai 1991 Michel Rocard par Édith Cresson. Le député de droite extrême François d'Aubert lance : « nous attendions la Thatcher et nous avons la Pompadour ». Choix qui se révèlera contestable, suite à plusieurs déclarations d'Édith Cresson qui altèrent son image et à la misogynie ambiante. Elle cède la place dix mois plus tard à Pierre Bérégovoy, à l'image plus rassurante, mais qui ne peut empêcher la droite de remporter par un raz de marée les élections législatives en 1993. Édouard Balladur forme un nouveau gouvernement. Le 1er mai, Pierre Bérégovoy se suicide.
Parmi les évènements marquants :
- 1988 :
- accords de Matignon mettant un terme au conflit en Nouvelle-Calédonie
- création du Revenu Minimum d'Insertion (RMI)
- 1989 :
- affaire Péchiney
- inauguration du Grand Louvre
- inauguration de l'opéra Bastille
- bicentenaire de la Révolution
- loi Jospin sur l'Éducation nationale
- loi Joxe sur l'immigration
- 1990 :
- création de la BERD
- création de la Contribution sociale généralisée (CSG)
- signature de la convention de Schengen
- Discours de La Baule
- Rwanda décision de l'Opération Noroît début octobre
- loi Gayssot interdisant les propos négationnistes et renforçant la législation contre le racisme
- loi Arpaillange sur le financement des partis politiques : baisse du plafond des dépenses, augmentation des subventions publiques
- 1991 :
- participation de la France à la 1re guerre du Golfe
- nouveau statut pour la Corse
- règlementation des écoutes téléphoniques
- Édith Cresson 1re femme Premier ministre
- Affaire Urba : comme tous les partis politiques le PS, a recouru à des moyens illégaux pour se financer, la dotation publique étant inexistante jusqu'en 1988 et insuffisante jusqu'en 1990/93. Bien qu'il soit le parti ayant recouru aux méthodes les moins contestables (pas de valises de billets ni d'emplois fictifs), il est le premier à être durement touché, en raison de la centralisation des circuits de financement, précisément conçue pour éviter les détournements à des fins personnelles.
- 1992 :
- création du code de la consommation
- adoption de justesse du référendum sur le traité de Maastricht. Mitterrand est au sommet de son impopularité.
- 1993 :
- loi Sapin sur le financement des partis politiques et lutte anticorruption : baisse du plafond des dépenses, durcissement de la répression
- Seconde cohabitation
- abandon de la révision de la loi Falloux
- affaire des écoutes téléphoniques : excès de zèle dans la lutte antiterroriste et la protection du président de la République
- Rwanda, retrait des forces de l'opération Noroît en décembre
- 1994 :
- 50e anniversaire du Débarquement en Normandie
- Révélation de l'existence de Mazarine et de son entretien et de celle de sa mère dans les palais de la république.
- mise en examen des anciens ministres Laurent Fabius, Edmond Hervé et Georgina Dufoix dans l'affaire du sang contaminé
- Pendant le Génocide au Rwanda, 8 - 14 avril Opération Amaryllis, 22 juin - 21 août Opération Turquoise
- 1995 :
- inauguration de la Bibliothèque nationale de France
Le 7 mai 1995, Jacques Chirac est élu Président de la République
Le 17 mai, fin du second mandat de François Mitterrand.
Liste des premiers ministres
| Premier ministre | de | à | Remarques |
|---|---|---|---|
| Pierre Mauroy | 1981 | 1984 | |
| Laurent Fabius | 1984 | 1986 | Premier ministre le plus jeune (39 ans) |
| Jacques Chirac | 1986 | 1988 | Première cohabitation de la Ve République |
| Michel Rocard | 1988 | 1991 | |
| Édith Cresson | 1991 | 1992 | Première femme premier ministre |
| Pierre Bérégovoy | 1992 | 1993 | |
| Edouard Balladur | 1993 | 1995 | Deuxième cohabitation |
Disparition
En mai 1995, François Mitterrand achève son second septennat et, le 31 décembre, écoute les vœux de son successeur en simple citoyen, comme il l'avait annoncé un an plus tôt. Il meurt le 8 janvier 1996 de son cancer de la prostate. Ses obsèques donneront l'occasion d'apercevoir côte à côte ses deux familles, officielle et officieuse. Il repose à Jarnac, Charente, dans le caveau familial.
Ouvrages de François Mitterrand
- 1939 : Pluie amie
- 1940 : Premier accord
- 1945 : Les Prisonniers de guerre devant la politique
- 1953 : Aux frontières de l'Union française. Indochine-Tunisie. Paris, Julliard.
- 1957 : Présence française et abandon. Plon.
- 1961 : La Chine au défi
- 1964 : Le Coup d'État permanent, Les débats de notre temps. Plon.
- 1969 : Ma part de vérité
- 1971 : Un socialisme du possible (livre écrit en collaboration)
- 1973 : La Rose au poing. Flammarion.
- 1974 : L' homme les idées. Flammarion.
- 1975 : La Paille et le grain. Flammarion.
- 1977 : Politique I. Fayard.
- 1978 : L'Abeille et l'Architecte. Flammarion.
- 1980 : Ici et maintenant, Conversations avec Guy Claisse. Fayard.
- 1981 : Politique II
- 1986 : Réflexions sur la politique extérieure de la France. Introduction a vingt-cinq discours (1981-1985). Fayard.
- 1995 : Mémoire à deux voix (avec Elie Wiesel). Odile Jacob.
- 1996 : De l'Allemagne, de la France. Odile Jacob.
- 1996 : Mémoires interrompus (recueil d'entretiens avec Georges-Marc Benamou) Odile Jacob
- 1998 : Les Forces de l'esprit. Message pour demain
Discours
- Discours du transfert des cendres de René Cassin au Panthéon en 1987
- Discours du transfert des cendres de Jean Monnet au Panthéon en 1988
- Discours du transfert des cendres de Pierre et Marie Curie au Panthéon en 1995
Citations
« La lutte des classes est une réalité ; mais la société dirigeante réussit, par un renversement idéologique, à faire apparaître les classes dominées comme l'agresseur ». (Décembre 1987)
« Je reprends le refrain d'il y a sept ans : l'homme du passé. C'est dommage qu'entre-temps vous, vous soyez l'homme du passif. Cela gène votre démonstration ». (Mai 1981, lors du débat face à Valéry Giscard d'Estaing, quelques jours avant le second tour de la présidentielle)
Surnoms
- Dieu. Célèbre réplique du Bébête Show : « Appelez-moi Dieu ! », par Kermitterrand. Dans Le dernier Mitterrand, Georges-Marc Benamou rapporte que François Mitterrand avait suspendu une réplique de la marionnette Kermitterrand au robinet de la douche de son appartement privé du palais de l'Élysée.
- Tonton. Surnom donné par le Canard Enchaîné. Il viendrait pour certains d'un nom de code que François Mitterrand aurait eu pendant la Seconde Guerre mondiale, pour d'autres de l'irruption télévisuelle de son neveu Frédéric Mitterrand, que Roland Topor caricaturera dans son émission Téléchat. Selon une troisième source, Tonton aurait été le surnom donné au président par les agents chargés de sa sécurité personnelle. Il fut repris ensuite par des sympathisants socialistes tels Renaud qui donna ce surnom pour titre d'une chanson consacrée au président.
- Florentin. Ses amis lui donnent le surnom de «Florentin» en référence à l'art de l'esquive pratiqué par des gens de la Renaissance comme Laurent le Magnifique ou Machiavel.
Hommages
- La Bibliothèque nationale de France (BNF) porte son nom à Paris,
- La station de RER desservant cette bibliothèque, à Paris,
- Un quai de la Seine, situé le long du Louvre, à Paris,
- Une statue lui rend hommage dans la ville de Béthune.
- Deux chansons de Renaud :
- Tonton, étant un portrait de l'homme Mitterrand à la fin de sa vie
- Baltique, qui rend hommage à Baltique le chien du président qui fut interdit d'entrée lors de la cérémonie des obsèques à Notre-Dame de Paris et qui resta sur le parvis tenu par Michel Charasse.
Bibliographie
Ouvrages sur François Mitterrand
- Laure Adler, L’année des adieux, Paris, Flammarion, 1996, 342 p.
- Jacques Attali, Verbatim, Paris, Fayard, 1993-1995, 3 vol., 2257 p.
- Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Paris, Grasset, 1997, 423 p.
- Jean-François Bayart, La politique africaine de François Mitterrand, essai, Paris, Karthala, 1984, 149 p.
- Georges-Marc Bénamou, Le dernier Mitterrand, Paris, Plon, 242 p.
- Pierre Bergé, Inventaire Mitterrand, Stock, Paris 2001
- Françoise Carle, Les archives du président : Mitterrand intime, Monaco, Éditions du Rocher, 1997 312 p.
- Michel Charasse, François Mitterrand, pensées, répliques et anecdotes, choisies et présentées par Michel Charasse, Paris, Le Cherche-Midi, 1997, 257 p.
- Michel Charasse et Robert Schneider, 55, faubourg Saint-Honoré : entretiens, Paris, Grasset, 1996, 324 p.
- François Charmont, François Mitterrand et la Nièvre, Géopolitique de la Nièvre, 1945-1995, Préface de Laurent Fabius, mémoire de maîtrise de géographie politique (Université Paris IV-Sorbonne), Paris, L’Harmattan, 2001, rééd. 2002, 238 p.
- Jean Daniel, Les religions d'un president:Mitterrand, Grasset, 1988.
- C. Demangeat et Florence Muracciole, "Dieu" et les siens. Jacques, Jean-Louis, Georgina et les autres, P., Belfond, 1990.
- Alain Duhamel, De Gaulle-Mitterrand : la marque et la trace, Paris, Flammarion, 1991, 232 p.
- Alain Duhamel, François Mitterrand, portrait d'un artiste, Paris, Flammarion, 311- [1] p.
- Laurence Engel, François Mitterrand : le fil d'Ariane, Paris, Michalon, 1996, 119-[1] p.
- Claude Estier, Mitterrand président : journal d'une victoire, Paris, Stock, 1981, XXI-219 p.
- Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La décennie Mitterrand, Paris, Éditions du Seuil, 1990-1999, 4 vol., 2713 p.
- Thomas Férenczy, Chronique du septennat, 1981-1988, Lyon, La Manufacture, 1988, 129 p.
- Christina Forsne, François, Éditions du Seuil, Paris 1997.
- Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, ou, La tentation de l'histoire, Paris, Éditions du Seuil, 1977, 333 p.
- Franz-Olivier Giesbert, Le président, Paris, Éditions du Seuil, 1990, 394 p.
- Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, Paris, Éditions du Seuil, 1996, 762 p.
- Franz-Olivier Giesbert, Le vieil homme et la mort : récit, Paris, Gallimard, 1996, 146 p.
- Roger Hanin, Lettre à un ami mystérieux, Grasset, Paris 2001.
- Dominique Jamet (1997), La France tranquille de François Mitterrand : Jarnac, Château-Chinon, Solutré, Cluny, Vézelay, Hossegor, Latche, Belle-Ile-en-Mer, Paris, Balland, 1996, 126 p.
- Serge July, Les années Mitterrand, Histoire baroque d'une normalisation inachevée, Paris, Éditions Grasset, 1986, 284 p.
- Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français : 1. Les risques de l’escalade, Paris, Éditions du Seuil, 1998, 434 p.
- Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français : 2. Les vertiges du sommet, Paris, Éditions du Seuil, 1998, 625 p.
- Caroline Lang, Michel Baverey et Robert Pledge, Le Cercle des intimes : François Mitterrand par ses proches, Boulogne, La Sirène, 1995, 126 p.
- Danièle Loschark, La convention des institutions républicaines : François Mitterrand et le socialisme, Paris, Presses universitaires de France, 1971, 92-[1] p.
- Danielle Mitterrand, En toutes libertés, Paris, Ramsay, 1996, 350 p.
- Danièle Molho, François Mitterrand, Toulouse, Éditions Milan, 1995, 63 p.
- Catherine Nay, Les sept Mitterrand ou les métamorphoses d'un septennat, Paris, Grasset, 1988.
- Pierre Péan, Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947, Paris, Fayard, 1994, 615 p.
- Pierre Péan, Dernières volontés, derniers combats, dernières souffrances, Paris, Plon, 2002, 329 p.
- Bernard Pradinaud, Nos années Mitterrand, Paris, Éditions n° 1, Gamma, presse, images, 1995, 123 p.
- Tilo Schabert, Mitterrand et la réunification allemande. Une histoire secrète (1981-1995), Paris, Grasset, 2005, 598 p.
- Daniel Singer, Is Socialism Doomed ? The Meaning of Mitterrand, New York, Éditions Oxford Univ Pr, 1988. ISBN 019504925X
- Élizabeth Teissier, Sous le signe de Mitterrand, sept ans d'entretiens, Éditions n°1, Paris 1997.
- Hubert Védrine, Les mondes de François Mitterrand : à l'Élysée, 1981-1995, Paris, Fayard, 1996, 784 p.
- Paul Webster, Mitterrand : l'autre histoire, 1945-1995, Paris, Éditions du Félin, 1995, 261 p.
Filmographie
- 1984 : Le Bon Plaisir de Francis Girod. Un Président de la République cherchant à dissimuler un enfant adultérin, d'après un roman de Françoise Giroud, Paris : Editions... Mazarine.
- 2005 : Le Promeneur du Champ-de-Mars de Robert Guédiguian, avec Michel Bouquet dans le rôle de François Mitterrand.
Voir aussi
- Quatrième République
- Cinquième République
- France, Président de la République
- Parti socialiste
- Gauche
- parti politique
- mouvements politiques
- Idées politiques
- Baltique
- Famille Mitterrand
Liens externes
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- France, élection présidentielle 1974
- France, élection présidentielle 1981
- France, élection présidentielle 1988
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