Excommunication

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L'excommunication est, chez les catholiques et les orthodoxes, la plus grave des peines canoniques. Elle empêche la réception des sacrements et l'exercice de certains actes ecclésiastiques. L'excommunication frappe entre autres les schismatiques et les hérétiques.

Le mot vient du latin ecclésiastique ex‧communicare, « mettre hors de la communauté ».

Sommaire

Chez les catholiques

L'excommunication concerne uniquement les baptisés catholiques. Le terme signifie que la personne est exclue de la Communion de l'Église. Un contresens courant consiste à dire qu'une personne divorcée - remariée qui ne peut plus recevoir la communion (l'hostie consacrée par le prêtre au cours de l'Eucharistie) est excommuniée. Ce n'est pas le cas. Il ne faut donc pas confondre privation de la communion et excommunication.

Au terme du Code de droit canonique de 1983, sont frappés d'excommunication :

  • l'apostat, le schismatique et l'hérétique (can. 1364-1)
  • celui qui commet un acte de violence physique contre le pape (can. 1370-1)
  • le prêtre qui absout « le complice d'un péché contre le sixième commandement du Décalogue » (interdiction de l'adultère)
  • celui qui jette ou recèle « à une fin sacrilège » des hosties consacrées (can. 1367)
  • l'évêque qui ordonne un évêque sans mandat du pape, ainsi que celui qui a été ordonné (can. 1382). Pour une illustration récente de ce cas, cf. la Fraternité Saint-Pie X
  • le prêtre qui viole le secret de la confession, ainsi que l'interprète le cas échéant (can. 1388)
  • celui qui pratique un avortement qui réussit (can. 1398)

Le droit canonique distingue deux types d'excommunication :

  • ferendæ sententiæ : excommunication qui ne frappe pas le coupable tant qu'elle n'a pas été infligée
  • latæ sententiæ : excommunication encourue du fait même de la commission du délit (le droit canonique doit prévoir expressément ces cas)

L'excommunié ne peut plus :

  • s'il est prêtre : célébrer la messe ou une autre cérémonie religieuse, a fortiori célébrer un sacrement ou un sacramental
  • pour tous les baptisés catholiques : recevoir des sacrements, obtenir un office, une dignité ou une charge dans l'Église

L'excommunication dans le Moyen Âge occidental

On distinguait deux types d'excommunication :

  • L'excommunication mineure privait, de façon temporaire, le fidèle des sacrements, et surtout celui de l' Eucharistie.
  • L'excommunication majeure ou anathème privait la personne de sépulture en terre bénie et de tous contact avec les autres catholiques.

Elle était perpétuelle et plus sévère.

L'excommunication pouvait être prononcée par le pape, un concile ou un évêque. La personne excommuniée avait une chance de réintégrer l'Église, à condition qu'il aille jusqu'au bout de sa pénitence.

À l'époque carolingienne, le roi contrôle les excommunications et en fait une arme politique redoutable. Après l'an 1000, avec la réforme grégorienne, l'Église reprend le contrôle de l'excommunication pour imposer la paix de Dieu. Pendant la durée de l'excommunication d'un seigneur, le vassal est délivré de son serment de fidélité envers lui. Le IIe concile du Latran (1139) punit d'excommunication tous ceux qui attaquent les clercs. Au XVIe siècle, Luther critique l'excommunication et en fait le symbole de la tyrannie de l'Eglise catholique.

Les excommuniés célèbres du Moyen Âge :

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Jean Gaudemey, « Note sur les formes anciennes de l'excommunication », Revue des sciences religieuses, 23 (1949), p. 64–77 ;
  • Françoise Monfrin, q.v., Dictionnaire historique de la papauté, s. dir. Philippe Levillain, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2213618577) ;
  • Patrick Valdrini, Jean-Paul Durand, Olivier Échappé et Jacques Vernay, Droit canonique, Dalloz, coll. « Précis — Droit privé », 1999 (2e édition) (ISBN 2247031552).


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