Espèce invasive

Un article de Freepedia.


La notion d'espèce invasive est une notion récente. Pour la comprendre, il faut savoir que les équilibres entre espèces au sein des écosystèmes, à échelle de temps humaine au moins, sont relativement bien établis. En l'absence d'intervention humaine les phénomènes de multiplication d'une espèce invasive sont extrêmement rares.

F. Boudaresque pour clarifier ce concept préfère parler d'espèces introduites. L'homme depuis qu'il est capable de mettre en œuvre des moyens techniques qui lui permettent d'être présent sur tous les continents de la planète est devenu un vecteur de déplacement d'espèces hors de leurs écosystèmes d'origine.

Toutes les espèces introduites ne deviennent pas des espèces naturalisées (certaines demeurent dépendantes des conditions artificielles provoquées par l'homme). Beaucoup d'espèces introduites ne le sont pas volontairement, les ballasts des navires de commerces, par exemple, sont un des vecteurs de transport involontaire de beaucoup d'espèces.

Celle qui se naturalisent échappent au contrôle humain mais toutes ne sont pas invasives. On estime qu'environ une espèce introduite sur mille devient invasive. La notion d'espèce invasive est très anthropique, lorsqu'une espèce introduite présente un impact écologique, économique ou social sérieux on dit qu'elle est invasive.

Les exemples d'espèces invasives ayant provoqué des crises économiques plus ou moins importantes ne manquent pas :

  • Champignon Phytophtora infestans sur la culture de pomme de terre en Irlande provoquant la grande famine en 1845
  • Phylloxéra Viteus vitifoliae sur les vignes européennes à la fin du XIX e siècle.
  • Méduse Mnemiopsis leidyi en mer noire ayant considérablement affaiblie la ressource halieutique
  • Guêpe commune Vespula vulgaris en Australie et en Nouvelle-Zélande

sans parler des cas plus anciens comme l'introduction du rat noir Rattus rattus et le rat gris Rattus norvegicus en Europe au Moyen Âge.

Dans un contexte où les déplacements humains sont toujours plus nombreux, l'impact climatique des activités humaines toujours plus fort, la tentation de recours au organismes génétiquement modifiés toujours plus grande, le risque d'une augmentation des phénomènes d'espèces invasives avec ses conséquences sur la biodiversité est bien réel. Il a d'ailleurs commencé à être pris en compte au cours de la Conférence de Rio en 1992. Elles sont aujourd'hui la deuxième cause de regression de la biodiversité

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