Économie informelle
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LE secteur informel
la notion de secteur informel recouvre les petites activités génératrices de revenus qui se déroulent en dehors du cadre réglementaire officiel et qui font appel à des capitaux, des techniques et des compétences modestes, tout en fournissant de faibles revenus et un emploi instable.
Aperçu historique et théorique :
L'expression « secteur informel » (ou « secteur non structuré ») vient du Bureau international du Travail. Elle apparut pour la première fois dans les rapports sur le Ghana et le Kenya établis au début des années soixante-dix dans le cadre du Programme mondial de l'emploi, - dont les conclusions soulignaient que le principal problème social de ces pays n'était pas le chômage mais l'existence d'une importante population de «travailleurs pauvres», qui peinaient très durement pour produire des biens et des services sans que leur activité soit pour autant reconnue, enregistrée, protégée ou réglementée par les pouvoirs publics.
Les sept critères retenus pour caractériser le secteur informel furent les suivants :
La facilité d’accès aux activités.
2) L’utilisation des ressources locales.
3) La propriété familiale des entreprises.
4) L’échelle restreinte des opérations.
5) L’utilisation de techniques simples et le nombre réduit de travailleurs.
6) Des qualifications qui s’acquièrent en dehors du système scolaire officiel.
7) les marchés échappant à tout règlement et ouvert à la concurrence.
D’autres études méthodologiques, tout en distinguant cinq branches d’activité, (les industries de transformation, la construction, le transport, le commerce et les services) proposent des critères pour chaque branche. Dans les industries de transformation, une unité de production appartiendra au secteur informel, selon cette approche, si elle remplit une ou plusieurs des conditions suivantes : elle emploie au plus dix personnes, (y compris celles travaillant à mi-temps ou occasionnellement). elle échappe aux réglementations sociales. les travailleurs font partie du ménage du chef d’entreprise. elle n’a pas un horaire de travail. elle a un caractère ambulant ou occupe des locaux provisoires. ses crédits ne proviennent pas d’institutions financières officielles. elle n’utilise pas l’énergie électrique (construction, production) ou mécanique (transport). La plupart des travailleurs ont suivi l’école pendant moins de 6 ans.
D’autres auteurs regroupent les activités ²informelles² dans trois catégories, selon le degré de complexité de la comptabilité : absence de comptabilité, comptabilité rudimentaire, comptabilité élaborée. Plus la comptabilité est élaborée plus elle serait l’indice d’une structure productive, ayant réuni les conditions pour effectuer son passage dans le secteur moderne.
Le secteur informel est ainsi défini par Philippe Hugon, comme étant un concept globalisant, il recouvre des activités en marge de la légalité, des établissements légaux mais organisés selon une division technique et sociale du travail non capitaliste, des travailleurs salariés mais non pris en charge par la sécurité sociale, et enfin le secteur de production non marchande.
Par activité informelle, l’auteur entend des activités à petite échelle où le nombre de salariés permanents est limité, où le capital avancé est faible mais où néanmoins, il y a circulation monétaire et vente de biens et services onéreux.
Une définition qui ne s’éloigne pas beaucoup de celle du secteur artisanal, puisque l’auteur lui-même fait de l’artisanat une activité informelle, et distingue entre ses deux branches, l’artisanat de récupération et l’artisanat de production. Les origines du secteur informel : On sait que toute entreprises à besoin d’un environnement favorable qui lui permet de s’installer et de se développer par la suite, donc si une économie illégale est née c’est à cause de la présence d’un environnement défaillant. Cette défaillance est localisé dans : La lourdeur de la pression fiscale qui pousse les entreprises à fuir l’impôt on créant une activité informel. La lenteur des règles administratives qui découragent toute initiative d’investissement. La réglementation de l’Etat au niveau social par l’institution du salaire minimum, des allocations familiales, et la lourdeur des charges parafiscales. La disparition progressive de la protection douanière de l’Etat suite à la libéralisation du commerce extérieur. Le poids de chômage et de l’exode rural au Maroc. Les effets du secteur informel : Sur le plan économique Sur le plan social Effets positifs Création e la valeur ajoutée et augmentation de la consom-mation. Faiblesse des charges fiscales et parafiscales se qui entraîne une des coûts de productions. Stabilisations des prix donc une satisfaction des besoins de consommateurs. Renforcement de la compétitivité de l’économie for-melle par la sous-traitance. Baisse des prix de certains produits qui deviennent abordables pour les couches sociales à faible pouvoir d’achat. Une certaine amélioration du niveau de vie des populations qui côtoient ce secteur. Absorption des chômeurs non qualifiés. Lutter contre la marginalisation et la pauvreté. Réduction des inégalités sociales. Effets négatifs Concurrence déloyale pour le secteur formel. Faiblesse de la compétitivité hors prix (mauvaise qualité des produits en général à cause de la faiblesse et même de l’inexistence de contrôles). Manque à gagner pour l’Etat en ressources fiscales. Risque de dégradation de l’environnement à cause de l’absence de contrôle. Anarchie totale en matière d’organisation des métiers et professions. Dégradation et même absence de conditions d’hygiène et de sécurité dans les ateliers de production. Implantation d’unités de productions, parfois dangereuses, à proximités des zones d’habitation. La non valorisation des ressources humaines.
Les solutions pour structurer le secteur informel : Malgré ces limites, on constate que le secteur informel ne manque pas d’atouts qui se résument dans la lucrativité et la rentabilité des activités informelles. Cependant le secteur informel finit par chercher la légalité afin de profiter des avantages suivants : L’accès au crédit bancaires pour disposer des moyens financiers supplémentaires. Bénéficier de la protection de l’Etat contre la concurrence et la contrefaçon. Se faire connaître sur le marché et conquérir plus de clientèle. La possibilité de faire un partenariat avec des entreprises nationales et même transnationale. L’amélioration de l’image et de la notoriété de l’entreprise.
Pour cela un arsenal des mesures doit être appliquer comme : Aider la création des Micro-entreprises « coopérative » et la formation de personnels ; L’accès aux crédits bancaires « Les Micro-crédits » ; L’amélioration des conditions de travail « le salaire, les heures du travail… » ; La création d’une relation intersectorielle entre le secteur informelle et le secteur formelle à travers la sous-traitance ; Réglementer l’environnement du travail dans le cadre des groupements professionnels « syndicats » ; Bénéficier de la protection de l’Etat « protection sociale, douanière, et anti contrefaçon… Prévoir un statut spécifique pour les UPI « exonération fiscales ou réduction fiscales ».



