Chômage

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Le chômage est :

  • la situation du chômeur, personne "active" (c'est-à-dire valide et en âge de travailler) recherchant un emploi sans succès.
  • l'ensemble des chômeurs.

Sommaire

Définitions et vocabulaire

Il existe une définition internationale, celle du BIT, utile aux comparaisons. Cette définition comptabilise les chômeurs immédiatement disponibles recherchant un emploi à temps-plein.

Par ailleurs, les différents pays peuvent utiliser des catégories complémentaires pour classer les chercheurs d'emplois (par exemple : employés qui ont déjà un travail, mais qui en recherchent un autre). Ainsi, en 2005, la France utilise huit catégories, le chiffre le plus utilisé concerne la catégorie 1 qui correspond à la définition du BIT.

Quelques explications au chômage se sont vu attribuer des noms :

  1. le chômage frictionnel (ou : naturel) est la situation des personnes en transition (courte) entre deux emplois, en raison d'une impossible coordination entre les contrats.
  2. le chômage saisonnier est dû aux variations saisonnières d'activité ;
  3. le chômage conjoncturel est dû à la conjoncture économique : les entreprises n'embauchent pas au niveau de l'offre de travail ce qui crée un chômage involontaire ;
  4. le chômage structurel : le chomeur ne possède pas les qualifications nécessaires à la demande.
  5. le chômage technique apparait lorsque l'employeur ne peut provisoirement pas donner de travail à ses employés, soit faute de commande, soit par force majeure ; le contrat n'est alors pas rompu.

On peut distinguer le chômage partiel ou le chômage complet (travail à temps partiel).

Les théories macro-économiques du chômage

Points de consensus

  • Le chômage modifie le rapport entre l'employé et l'employeur, rendant la négociation inégale ; il devient un levier de la part de l'employeur, une menace permettant d'exiger des employés une productivité accrue, des salaires et des conditions de travail moins favorables. Dans les cas extrêmes, l'employé peut même être conduit à supporter des situations illégales. Cette inégalité est d'autant plus marquée que l'employé est moins qualifié, et plus dépendant de l'emploi en jeu (faute de réserve, d'autres possibilités économiques, etc.)
  • Le chômage est un des modes de régulation du capitalisme, au même titre que la faillite. Dans un cadre libéral, les entreprises performantes embauchent, celles qui ont des difficultés débauchent, et globalement l'économie est supposée s'adapter à la réalité sociale, dont la commande résiderait dans la demande.

Les théories de Karl Marx

Selon Karl Marx, le chômage est inhérent au fonctionnement instable du système capitaliste, le chômage de masse étant une constante des périodes régulières de crise du capitalisme. Le prolétariat est alors divisé entre ceux qui sont en situation de sur-travail (salariés) et de sous-travail (chômeurs).

Pour Marx, les chômeurs constituent pour les patrons une « armée industrielle de réserve », qui leur permet de licencier des salariés sans crainte, puisqu'ils savent que des chômeurs se présenteront pour prendre la place des licenciés.

L'existence du chômage est toujours favorable pour chaque patron individuellement, puisque ainsi il n'a pas de manque de salarié, et plus le taux de chômage est fort, plus il peut maintenir les salaires à un bas niveau. Au niveau du capitalisme global, le chômage est à première vue un manque à gagner, puisque aucun profit n'est réalisé sur le dos des chômeurs. Le chômage n'est rentable pour le capitalisme global que s'il permet de baisser les salaires d'un pourcentage plus important que le taux de chômage (exemple : si le chômage est de 5% et que les salaires sont baissés de 10%, l'accroissement du taux d'exploitation permet de compenser et de dépasser le manque à gagner dû à la non-exploitation des chômeurs).

Selon Karl Marx, le seul moyen de supprimer définitivement le chômage est d'abolir le système du salariat, et de passer d'une économie capitaliste à un système socialiste puis communiste.

(voir aussi Marxisme, Lutte des classes, Le Capital)

Les théories néo-classiques

Le chômage correspond à une situation dans laquelle le marché du travail (comparable à tout autre marché) connaît une offre de force de travail supérieure à la demande. Dans la theorie néo-classique, ce qui fait évoluer à la hausse ou à la baisse le chômage, c'est le prix de la force de travail, soit le salaire et tout ce qui s'y rattache (éléments financiers tels : que salaire "différé", cotisations sociales, taxes, couts de formation à la charge de l'employeur, etc. ; mais aussi tout élément non directement financier, tels que les obligations réglementaires).

Toutes choses égales par ailleurs (productivité, demande, prix de vente, etc.), une augmentation du prix du travail diminue les bénéfices, l'intérêt d'entreprendre et donc d'offrir du travail. Inversement, cette hausse rend plus avantageux d'offrir sa force de travail. Le chômage doit donc augmenter.

Inversement, la baisse du prix du travail augmente les bénéfice et rend plus avantageux d'embaucher, et décourrage certains travailleurs : le chômage devrait baisser.

Le chômage n'est donc, dans cette optique, qu'un thermomètre de l'arbitrage entre

  • les préférences des travailleurs (ne rien faire --éventuellement en profitant d'allocation sociales, travailler à leur compte ou se faire employer)
  • celles des employeurs (étendre leur activité ou la réduire, faire appel à des produits fabriqués par d'autres ou bien embaucher pour faire fabriquer, faire à appel à beaucoup de travailleurs peu productif ou à peu d'employés très productifs, etc.)
  • celles de l'Etat et des partenaires sociaux, qui fixent les charges annexes à l'embauche, mais aussi qui interviennent directement, grace à leur puissance fiscale et financière considérable, dans les préférences des uns et des autres :
    • toute taxe représente un poids pour l'employeur(même les taxes supportées par les consommateurs et contribuables : c'est autant d'achat en moins pour le producteur) et donc une incitation à ne pas embaucher. C'est donc un facteur de chômage.
    • Toute réglementation sociale a le même effet négatif (à commencer par le salaire minimum, s'il est fixé au-delà du salaire de marché)
    • Toute aide aux chômeurs est une incitation à ne pas se faire employer et, parallèlement, à acquérir le statut de chômeur, c'est donc toujours un facteur de hausse du chômage
    • Les aides aux employeurs, inversement, pourraient être une incitation à l'embauche, sauf que l'état n'étant pas productif, mais seulement redistributif, il a forcément prélever ce qu'il distribue généreusement (avec pour résultat de baisser la demande des employeurs) : l'effet global, difficile à calculer, à tout chance d'être négatif, et, même positif, il est forcément très faible.

Bref, dans cette théorie, l'état ne peut pratiquement RIEN faire de positif, à part maintenir les conditions de fonctionnement du marché du travail (assurer la sécurité des personnes, des transactions, etc.).

Et les autres acteurs non plus, d'ailleurs :

  • contrairement à une opinion courramment exprimée, les patrons n'ont collectivement aucun avantage à un chômage élevé : un chômeur, c'est d'abord un client perdu (ou, ce qui revient au même, un poids financier). Et ce, même si un taux de chômage élevé les met individuellement en position de force pendant les négociations salariales.
  • De même, les syndicats ouvriers ne sont pratiquement pas en mesure d'influencer positivement l'économie générale, ils ne peuvent donc pas créer de l'emploi et agir favorablement sur le chômage. Evidemment pas en obtenant de nouveaux avantages pour les employés, mais même non plus en faisant des sacrifices ! Les exceptions existent :
    • Des accords généraux et de longue durée peuvent réduire l'incertitude économique, ce qui est toujours bon pour l'économie et l'emploi.
    • Ponctuellement, dans une entreprise précise et dans certaines conditions, des accord locaux peuvent améliorer l'emploi.
    • Les exportations/importations constitue un autre cas similaire (comme si tout le pays constituait une entreprise).

Inversement, et malheureusement, il est assez facile de détruire l'économie et de créer du chômage. Les financiers, les patrons, les syndicats, l'Etat, etc. disposent tous d'une capacité de nuisance indéniable à cet égard.

Il faut rappeler que dans cette théorie, la lutte n'est pas "de classe", elle est au contraire interne à chaque classe (entre employés rivalisant de productivité, et entre entreprises en concurrence), l'autre classe étant localement une alliée plus qu'une ennemie (ce sont des coalitions locales entre employés et patrons, qui affontent d'autres coalitions similaires basées ailleurs).

Les déterminants du chômage sont donc d'abord moraux, et ensuite seulement, économiques.

Les théories de Keynes

Après la Grande dépression des années 1929, il pense que l'offre de travail dépend de facteurs démographiques et des catégories de l'investissement. Tout cela dépend de la civilisation : urbanisation, extension du salariat, réduction de la durée de travail hebdomadaire. John Maynard Keynes déclare que l'offre de travail est inélastique par rapport au salaire : il reste dans le cadre de la théorie classique (devenu "néoclassique") des marchés, simplement il constate que d'une part baisser le salaire (ou l'augmenter) ne modifie pratiquement pas l'offre des travailleurs, tandis qu'inversement l'offre des employeurs ne dépend pratiquement pas des salaires, mais plutôt des besoins des entreprises (les plans de production), qui eux-mêmes dépendent de l'anticipation de la demande.

Keynes insiste sur le fait que, avec une variation de salaire qui concerne une fraction significative de la population, tout ne reste pas égal par ailleurs, et que l'effet global peut modifier de façon importante le chômage, au point qu'une hausse des salaires peut réduire le chômage, contrairement à l'effet annoncé par la théorie classique qui ne tiendrait pas compte de l'état générale de l'économie. Voir également Keynésianisme.

Les théories micro-économiques du chômage

Statistiques françaises

En août 2004, la France dénombrait 2 453 100 demandeurs d'emploi (dont 432 700 personnes de moins de 25 ans et 738 700 chômeurs de longue durée, c'est-à-dire depus plus d'un an), contre 2 410 400 en août 2003. Ces chiffres sont établis à partir de la définition du BIT, c'est-à-dire que sont considérées comme à la recherche d'un emploi les personnes ne travaillant pas ou travaillant moins d'un mi-temps, immédiatement disponibles, à la recherche d'un travail à temps complet et inscrites comme telles.

Ces statistiques sont contestées, notamment par l'hebdomadaire Marianne, qui comptabilise à côté de ce chômage « officiel » un chômage « caché » presque équivalent. Ainsi, en avril 2005, pour 2 340 000 chômeurs officiels, Marianne dénombrait 1 442 000 chômeurs à temps partiels subis, 473 000 chômeurs en pré-retraite, 56 000 chômeurs en formation et 184 000 CES, soit 2 155 000 chômeurs de plus.

Le chômage est de courte durée chez les jeunes, par contre il est très fréquent. Jusqu'à l'âge de 33 ans, un individu a un risque de chômage plus élevé que la moyenne nationale. Les Français entrent ainsi dans l'emploi stable très tard.

Une fois qu'ils ont quitté la précarité pour un CDI, le sentiment de précarité reste pour autant très élevé (relativement aux autres pays européens, il est le plus élevé). La raison en est un accroissement fort de la durée de chômage avec l'âge. Une personne se retrouvant chômeur à l'âge de 45 à 49 ans a une probabilité de 50% de rester sans emploi plus d'un an. La durée médiane de chômage passant à 3 ans pour un sexagénaire, la politique française de l'emploi favorise les retraites précoces. La France connaît ainsi un très faible taux d'emploi des 55-64 ans : 37% contre 42% en moyenne dans les pays de l'UE à 15 et 50% dans l'OCDE. Ces moyennes cachant de très fortes disparités : les taux d'emploi sont respectivement de 28% et 30% pour la Belgique et l'Italie et de 69% pour la Suède et la Norvège. Note : le taux d'emploi est la part de personnes employées dans la tranche d'âge considérée.

Agences pour l'emploi

En France, l'Agence nationale pour l'emploi et l'Agence pour l'emploi des cadres. En Belgique, l'Office national de l'emploi.

Assurances chômage

Danemark

L'entreprise qui licencie ne verse pas d'indemnités. L'assurance chômage n'est pas obligatoire ; elle est gérée par plusieurs caisses privées. En cas de perte d'emploi, le chômeur touche 90 % de son ancien salaire pendant quatre ans au plus. L'indemnité n'est pas dégressive. Elle est versée à 100 % si la personne a travaillé au moins 52 semaines au cours des trois dernières années. Cette politique provoque des dépenses importantes pour l'État. Les chercheurs d'emploi sont aussi aidés par les municipalités. Ils doivent accepter les stages et les formations proposés. D'après Le Monde, 6 juin 2005 [1]

France

En France, les Assedic (Association pour l'emploi dans l'industrie et le commerce), l'Unedic (Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce) et le Garp (Groupement des assedic de la région parisienne) sont les organismes à but non lucratif qui gèrent le système d'assurance chômage des salariés involontairement privés d'emploi. L'Unedic fédère l'ensemble des Assedic. Il s'agit d'un système géré paritairement par les syndicats d'employeurs et de salariés et financé par les cotisations des employeurs et des salariés.
Ce système est complété par un régime de solidarité, financé par l'état (les impôts) pour les personnes qui ne sont pas couvertes par le système d'assurance chômage.

La circulaire du 19 septembre 2005 éditée par le ministère délégué à l'Emploi impose de nouvelles sanctions contre les chômeurs qui refusent un emploi. Leurs allocations seront alors réduites de 20% au premier refus, de la moitié au second. Le troisième refus entrainera la suppression de leur droit à l’allocation. La décision a été prise par décret (2 août 2005).

Belgique

voir l'article sur le chômage dans Wikinations.be

Suisse

L'assurance chômage est financée par l'employeur et l'employé actif. La contribution est de 1% du salaire brut pour chacun. En règle générale, la personne licenciée a droit à 80% de son salaire pendant 400 jours.

Voir aussi

Liens externes


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