Bretagne historique
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Image:France flag 300.png France : Bretagne (région administrative)
La Bretagne fut une nation indépendante jusqu'en 1532, puis « province réputée étrangère » unie à la France sous la même couronne jusqu'en 1790. Elle forme une vaste péninsule entre la Manche et l'océan Atlantique. De son passé indépendant, la Bretagne a conservé de nombreuses particularités culturelles et sociologiques qui alimentent un sentiment d'appartenance toujours actuel.
La Bretagne est également une région administrative, plus petite que la Bretagne historique qui incluait l'actuel département de Loire-Atlantique, actuellement dans la région Pays-de-la-Loire.
Ses habitants sont les Bretons, que l'on parle de la nation historique ou de la région administrative actuelle. Son nom breton, Breizh (sans article), est orthographié « ZH » pour synthétiser l'écriture existant pour le nord et l'ouest (Breiz) avec celle du sud (Breih). « Breizh » est couramment abrégé en BZH. En gallo, son nom est Bertaèyn.
Sommaire |
Histoire
Article détaillé : Histoire de la Bretagne
Le territoire de la future Bretagne, comme toute l'Armorique, fut conquis par les Romains lors de la Guerre des Gaules. Aux environs de 500, les Bretons de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle), chassés par les Anglo-Saxons, y émigrent en masse avec leurs coutumes et leur langue, leur présence ayant été organisée antérieurement pour la défense de l'Empire romain face aux invasions germaniques. Ils ont donné son nom à cette région, qui s'est longtemps appelée Petite Bretagne, par opposition avec leur île d'origine. Au haut moyen âge, la Bretagne était divisée en deux, puis trois royaumes - la Domnonée, la Cornouaille et le Broërec (initialement appelé Bro Waroch) - qui furent réunis sous l'autorité des ducs et rois de Bretagne au IXe siècle.
Le duché de Bretagne fut un pays souverain jusqu'au XVIe siècle. Il subit des défaites militaires face au royaume de France en 1488 et 1491, qui menèrent à l'union en deux étapes. D'abord une union personnelle entre souverains (3 mariages entre souverains bretons & français) puis en 1532 l'union perpétuelle entre le duché et le royaume est sollicitée à Vannes par des Etats de Bretagne sous forte pression et sanctionnée par l'édit royal signé dans la foulée au Plessis-Macé. La Bretagne garda cependant certains privilèges (législation et impôts spécifiques) jusqu'à la Révolution française.
Les XVIe et XVIIe siècles sont considérés comme la période la plus faste de la Bretagne qui est alors placée au cœur des routes commerciales maritimes les plus actives entre l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande. Les toiles de chanvre bretonnes noyales, crées, bretagne ou olonnes symbolisent l'essor de cette période dont il reste un impressionnant patrimoine architectural. L'hôtel de la monnaie de Rennes est alors le premier de France. Le colbertisme, qui transforma la Bretagne en cul de sac militaire, et les conflits avec l'Angleterre plongeront les Bretons progressivement dans la pauvreté, qui culminera à la fin du XIXe siècle.
La Bretagne fut divisée en comtés (Cornouaille, Léon, Broërec, Tréguier, Penthièvre, Porhoët, Nantais, Rennais...) puis en huit baillies qui évoluèrent en quatre présidiaux, eux-même divisés en sénéchaussées. Elle était aussi divisée en neuf évêchés (Broioù ou Eskopti en breton).
À la Révolution française, les provinces sont abrogées la nuit du 4 août 1789 et la Bretagne cesse d'exister en tant qu'entité administrative, étant divisée en 1790 en cinq départements :
- Côtes-du-Nord (devenues Côtes-d'Armor en 1990),
- Finistère,
- Ille-et-Vilaine,
- Morbihan,
- Loire-Inférieure (devenue Loire-Atlantique en 1957).
En 1848, les cinq départements bretons sont réunis sous l'autorité du nantais Michel Rocher, commissaire général de la Bretagne, qui chapeaute les autres commissaires (= préfets) bretons.
Le projet de création de régions économiques dites "groupement économique régionaux" ou "régions Clémentel" prévoyait en 1917 de grouper en une IIIe région (ou région de Rennes) les 4 départements du nord et de l'ouest de la Bretagne tandis que la Loire-Atlantique aurait rejoint la IVe région (ou région d'Angers) avec le 53-72-49-85 et 37. La réalisation des régions Cémentel intervint à partir d'avril 1919. La région de Rennes dénommé alors VIe région comprit l'Ille & Vilaine, les Côtes-du-Nord et le Finistère. La grande Ve région ou région de Nantes se vit attribuer la Mayenne, la Sarthe, l'Indre & Loire, le Maine & Loire, la Vendée, la Loire-Atlantique et le Morbihan: On avait groupé autour d'une grande ville les département du bassin économique de celle-ci, et à ce titre là il avait été fort discuté de l'appartenance à Nantes ou à Rennes du Finistère, qu'il aurait fallu diviser en sud et nord. Ces régions économiques échoueront pendant les années vingt pour ne vivoter que sous la forme d'unions plus ou moins lâches de chambres de commerce.
En septembre 1919 les fédérations de syndicats d'initiative commencent à organiser des "régions touristiques" sur un modèle un peu différent. La nature du découpage étant cette fois-ci touristique, géographique et ethnographique, ces régions touristiques ne coïncideront pas avec les régions économiques: Une région appelée "Bretagne" s'étendit sur le Morbihan, le Finistère, les Côtes-du-Nord et l'Ille & Vilaine. Une région appelée "Vallée de la Loire" réunit elle la Loire-Atlantique, le Maine & Loire, la Mayenne, la Sarthe, l'Indre & loire, plus les moitiés occidentales du Loir & Cher et du Loiret.
Le 19 avril 1941, le maréchal Pétain signe à Vichy une loi qui groupe les départements en régions et fait réapparaître brièvement le nom de la Bretagne. Son cabinet décide cependant de séparer la Loire-Inférieure de la région Bretagne, pour l'inclure dans une région d'Angers. Le général de Gaulle signe une ordonnance le 10 janvier 1944 de même nature.
En 1956, la création des « régions de programme » fait renaître la région Bretagne. Basé sur des considérations techniques, économiques et politiques, mais en rien historiques, ce redécoupage créé une région administrative appelée Bretagne avec seulement quatre départements, la Loire-Atlantique étant rattachée à la région des Pays-de-la-Loire. La loi de régionalisation de 1972 entérine cette séparation, malgré l'opposition du Conseil général de Loire-Atlantique. À l'heure actuelle, le rattachement de la Loire-Atlantique continue d'être débattu, l'opinion publique semblant y être favorable (plusieurs sondages ont indiqué qu'entre 60 et 70 % de la population de Loire-Atlantique y est favorable). Les manifestations organisées pour cet objectif à Nantes sont cependant limitées et organisées à l'échelle de 5 départements. Les modalités de cette union impliqueraient de remplir un certain nombre de conditions administratives et législatives (comme l'organisation éventuelle d'une consultation auprès des populations concernées découlant selon les choix effectués sur le redécoupage régional de toute la zone, entre autres choses), cette question est toujours ouverte.
Politique
Article détaillé : Politique de la Bretagne
La question de la capitale
Longtemps la Bretagne n'eut pas de capitale définie. Les ducs et leur cour changeaient perpétuellement de résidence pour des raisons essentiellement cynégétiques (les forêts alentour devant fournir l'essentiel de la viande, il était essentiel de changer régulièrement d'endroit) et habitaient finalement assez peu en milieu urbain, sauf pour quelque motif stratégique ou politique. En ce cas, c'était presque toujours dans une ville de l'est ou du sud du duché.
Les États de Bretagne se réunissaient en différentes villes. A l'époque ducale à Dinan, Nantes (17 fois), Ploërmel, Redon, Rennes, Vannes (19 fois). Le concept moderne de capitale naîtra avec la création d'une véritable administration, processus lent qui commence au XIIIe siècle. Le nombre de ses employés et la masse de ses archives la rendaient moins mobile que l'ancienne cour. Le Conseil, la Chancellerie et la Chambre des comptes restaient généralement en ville. Sous les Montfort, le Conseil (=le gouvernement ducal) suivait parfois le duc d'une ville à l'autre, à Nantes, Vannes, Redon, Rennes, Fougères, Dol, Dinan…
Du temps où elle était siège archiépiscopal (jusqu'en 1199), Dol était « la métropole de Bretagne ». Elle gardait de ce fait une primauté enviée par les autres prélats bretons et l'évêque de Dol présidait les États en l'absence du duc ou du gouverneur. Dol ayant été rattaché à son diocèse en 1790, l'évêque de Rennes obtint sous Napoléon III de relever son ancienne dignité archiépiscopale.
Rennes était la ville du couronnement et appellée ville capitale pour cela. Conan le Tort y règne, faute de contrôler Nantes et Alain III y constitue un embryon de chancellerie. Il subsiste 14 actes ducaux écrits à Rennes de la fin du XIe à 1166 pour témoigner de la présence active des ducs dans la ville, contre 16 actes subsistants sur ceux qui furent faits à Nantes pendant la même période. L'enfant Geoffroy II est reçu à la cathédrale de Rennes en 1169, mais c'est à Nantes qu'il reçoit l'hommage de ses vassaux. Il tiendra la fameuse Assise du comte Geoffroy à Rennes en 1185. En 1196, la duchesse Constance réunit la noblesse en assemblée à Rennes pour faire reconnaître son fils Arthur Ier. Les Dreux et les Montfort y résidaient rarement et leur château s'était ruiné au point qu'on dut le démolir début XVe.
Saint-Brieuc menait déjà la contestation en 1235 par les "Réclamations générales des Bretons" que les vassaux de Mauclerc assemblés spontanément lui adressèrent sans ménagement. Saint-Brieuc, capitale d'une Bretagne "d'en bas" ?
A l'abbaye de Prières se créé la Chambre des comptes sous le duc Jean le Roux, ses archives étant déposées à Muzillac tandis que le duc réside au château de Suscinio ou à celui de l'Isle. La "capitale" se trouve alors éclatée de la presqu'île de Rhuys à la basse Vilaine.
Ploërmel, plus centrale que Rennes ou Nantes, et ses forêts giboyeuses, sont souvent préférées par Jean II et Jean III, qui y ont leur sépulture.
En 1203, les barons et les prélats bretons s'assemblent à Vannes pour attribuer le pouvoir à la duchesse Alix et à son père Guy de Thouars. Alors que Blois navigue de Nantes à Guingamp, Montfort tient Vannes durant l'essentiel de la guerre de succession, et la fidélité de cette ville à la cause de Jean IV lui vaudra d'être faite capitale administrative par ce duc. Elle le restera en conservant le Conseil jusqu'en 1460 et la Chambre des comptes jusqu'à la fin du duché. Le Parlement y est créé au XIVe siècle. Il devient sédentaire et souverain en 1485. Il y siégera jusqu'en 1553 et de 1675 à 1689. Jean V, comme Pierre II, réside surtout à Vannes et aux environs (Plaisance, La Garenne, Suscinio…) mais aussi à Nantes, Dinan, Auray, Hédé, Redon ou Rennes.
La position stratégique, puis la prospérité de Nantes l'avaient fait choisir par de nombreux ducs dès Alain Barbetorte. Le château du Bouffay devint la résidence ducale sous la dynastie cornouaillaise et Alain Fergent y réunit ses vassaux en 1008. Guy de Thouars s'occupa du nouveau château pour y résider plus à l'aise. C'est à Nantes que Jean de Montfort fonça se faire acclamer duc en 1341. Les derniers princes, Arthur III, François II et Anne y règneront aussi, plutôt qu'à Vannes. La Chambre des comptes y fut transférée en 1492-1499 pour y rester jusqu'à la Révolution. L'Université y fut créée dans les années 1460.
Mais les préventions de la cour de France devant l'attachement des Nantais aux anciens privilèges de leur ville et de la Bretagne lui firent préférer Rennes à qui sera attribué le siège du Parlement (de 1560 à 1675 et de 1689 à 1790), la résidence du Commandant en chef et celle de l'Intendant. En écho à cette politique séculaire, la préfecture de région lui sera assignée par la République, Nantes obtenant une certaine compensation avec celle des Pays de la Loire.
Entretemps en 1790 Pontivy avait été choisie pour réunir deux "fédérations", de préférence à Morlaix et St-Brieuc, à cause des orientations politiques de ses délégués et de la position géographique centrale de cette ville. Fut-ce pour les même raisons que Napoléon Ier envisagea de faire de Pontivy rebaptisée "Napoléonville" une capitale administrative centralisée sous tous aspects ?
En conclusion, la tradition bretonne tout au long de son histoire a été de répartir les organes du pouvoir entre différentes villes au lieu de les concentrer en une seule. L'exécutif et le judiciaire étaient exercés depuis le triangle Vannes-Nantes-Rennes, à la guise des gouvernants. Le "législatif" était réuni dans presque toutes les villes bretonnes, malgré les contraintes, parce que le duc devait obtenir l'assentiment de ses vassaux sur les aspects de sa politique, notamment financière.
Voir aussi
Géographie
Article détaillé : Géographie de la Bretagne
La Bretagne est la région française qui bénéficie de la plus grande longueur de côtes. On distingue traditionnellement les régions côtières (l'Arvor, le littoral) des régions centrales (l'Argoat, le bocage).
Bien que peu élevé, le relief est partout très marqué dans les zones rocheuses, plus doux dans les zones limoneuses de l'est et du sud.
Le climat est extrêmement tempéré, surtout le long des côtes, avec de faibles différences de températures entre l'été et l'hiver. Le vent de nord-ouest (noroît en français, gwalarn en breton) domine au nord. Les pluies sont fréquentes, mais fines. Dans une même journée, il est courant qu'alternent éclaircies et ciel couvert. La végétation est abondante. Autrefois la Bretagne était un pays de bocage ; la réorganisation des parcelles dans les années 1960 (le remembrement) a éliminé une grande partie des haies bordant les champs, permettant de moderniser l'agriculture mais entraînant un lessivage de la couche superficielle des champs.
Économie
Article détaillé : Économie de la Bretagne
L'économie de la Bretagne est tournée vers l'agriculture, l'industrie agroalimentaire, le tourisme estival sur la bordure côtière et quelques pôles technologiques avancés (Rennes, Lannion).
Démographie
Article détaillé : Démographie de la Bretagne
Religion
Bien avant les Celtes, des peuples ont érigé les menhirs, les dolmens et les allées couvertes. Leur utilisation religieuse n'est pas attestée, mais elle est probable. La religion druidique s'est répandue avec l'arrivée des Celtes, notamment en Gaule et dans les îles Britanniques. La domination de la péninsule par les Romains n'a pas laissé de traces religieuses notables. À la fin de l'époque gallo-romaine, les tribus bretonnes, venues de l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne) ont accentué l'implantation d'une nouvelle religion : le christianisme, qui a supplanté progressivement les anciennes croyances. Cependant, le paganisme druidique a côtoyé pendant des siècles la religion dominante, plus ou moins paisiblement. Aujourd'hui encore, nombre de légendes et de traditions locales évoquent des pratiques druidiques.
Les chrétiens de Bretagne sont majoritairement catholiques. La sainte patronne de la Bretagne est sainte Anne, que la tradition présente comme la mère de la Vierge Marie, mère de Jésus. Le saint le plus vénéré est saint Yves (1253-1303), prêtre et juriste qui consacra sa vie à défendre et soigner les pauvres. (Voir Saints bretons).
Dans la plupart des paroisses, une fois par an les croyants se rendent au « pardon », la fête du saint de la paroisse. Le pardon commence souvent par une procession, suivie ou précédée d'une messe. Cette fête a toujours un côté païen, avec des échoppes proposant nourriture ou souvenirs. Le plus célèbre pardon est celui dédié à saint Ronan, à Locronan, avec sa procession de 12 km, la « troménie » (du br. tro minic'hi, le tour de l'asile sacré du monastère), avec de nombreuses personnes en costume traditionnel. Le plus grand est celui dédié à sainte Anne, à Sainte-Anne-d'Auray en Morbihan.
Il faut citer un pèlerinage attesté depuis le Moyen Âge, le Tro Breizh (le tour de Bretagne), où les pélerins se rendent successivement sur la tombe de chacun des sept saints fondateurs de la Bretagne :
- saint Pol Aurélien (sant Paol), à Saint-Pol-de-Léon,
- saint Tugdual ou Thual (sant Tudwal), à Tréguier
- saint Brieuc (sant Brieg), à Saint-Brieuc,
- saint Malo (sant Maloù), à Saint-Malo,
- saint Samson (sant Samzun), à Dol-de-Bretagne
- saint Paterne (sant Padern), à Vannes
- saint Corentin (sant Kaourintin), à Quimper.
Historiquement, le Tro Breizh se faisait en une fois (env. 600 km !). Aujourd'hui il se fait en plusieurs années. En 2002, le Tro Breizh s'est déroulé au Pays de Galles, faisant symboliquement à l'envers le voyage des Gallois saint Paol, saint Brieuc et saint Samson.
Culture
Article détaillé : Culture de la Bretagne
La musique est aujourd'hui l'aspect le plus visible de la culture bretonne, grâce au travail et à la créativité de musiciens se réclamant de la culture bretonne, à la diversité des festivals et au nombre de festoù noz. Mais la musique n'est qu'un aspect de cette culture.
Langues
La Bretagne est composée historiquement de deux aires linguistiques : la Basse-Bretagne ou Breizh Izel à l'ouest (Finistère, ouest du Morbihan et des Côtes-d'Armor, et l'enclave du Bourg-de-Batz en Loire-Atlantique) où l'on parlait une langue d'origine brittonique (apparentée au gallois et au cornique) connue sous le terme de breton ou brezhoneg, et la Haute-Bretagne ou Breizh Uhel à l'est (Ille-et-Vilaine, Côtes-d'Armor est, Loire-Atlantique) où l'on parlait des dialectes romans (langues d'oïl) connus sous le nom de gallo. Le français est également parlé en Bretagne par les élites depuis la fin du Moyen Âge, puis petit à petit en Haute Bretagne, où il bénéficie de sa parenté avec le gallo.
Comme beaucoup de langues régionales, elles ont perdu un grand nombre de locuteurs, suite à l'apprentissage massif du français et au déniement de leur interêt (via l'école, l'Eglise et tous les représentants de l'Etat français), surtout à partir de la fin du XIXe siècle. Mais le breton s'est réveillé après la Seconde Guerre mondiale avec un souffle important dans les années 1970, et les défenseurs du gallo commencent à se faire entendre dans les années 1990.
Bien que le nombre de locuteurs de langue maternelle tende à baisser, le breton est la troisième langue celtique parlée au monde, après le gallois et l'irlandais (gaélique). Les effectifs pondérés que fournit l'enquête Étude de l'histoire familiale menée par l'INSEE en 1999 sont de plus de 260 000 bretonnants (ou « brittophones ») de plus de 18 ans sur les 5 départements bretons (et 295 000 sur l'ensemble de l'hexagone). S'y ajoutent notamment les effectifs des écoles bilingues qui se montent à 10 406 élèves à la rentrée 2005, ou encore les élèves suivant des cours de breton dans les établissements publics du primaire (plus de 7 600 en 2002/2003) ou du secondaire (plus de 8 000 en 2002/2003). Fanch Broudic, à partir d'un sondage TMO de 1997, note : " On observe tout d'abord que le pourcentage des 15-19 ans est infime (0,5%). La catégorie des 20-39 ans ne compte que pour 5%. Au total, au-dessous de 40 ans, il n'y a plus que 13 000 personnes qui puissent parler le breton. ".
Récemment, le breton apparaît même dans la vie publique sous les traits des panneaux de signalisation bilingues qui parsèment les routes de la région. Grâce au travail de l'Office de la langue bretonne (Ofis ar Brezhoneg) une carte routière de la Bretagne a été éditée en 2003, avec les noms de lieux en breton.
Littérature et tradition orale
De son passé celtique, la Bretagne a gardé une forte tradition de transmission orale. C'est ainsi que de nombreux contes et légendes ont traversé les siècles. Les collecteurs divers ont légué une somme de chants, de gwerzioù, de légendes originales. La mort est souvent présente, avec un personnage propre à l'imaginaire breton, l'Ankou, dont le rôle est d'emporter dans sa charrette grinçante l'âme des personnes récemment décédées. Les contes sont également peuplés de petits être malicieux, parfois malfaisants, toujours doués de pouvoirs magiques, que l'on nomme korriganed (korrigans) ou poulpiquets. Le plus célèbre des collecteurs est Théodore Hersart de la Villemarqué qui au XIXe siècle a édité le fameux Barzaz Breiz qui est une source d'inspiration fréquente des artistes bretons actuels, avec la popularité de chants comme An Alac'h (le cygne), Silvestrig, Maro Pontkalleg (la mort de Pontcallec), etc. Parmi les collecteurs, il faut aussi citer François-Marie Luzel, le premier à appliquer une méthode scientifique à la collecte des chansons et des contes, ainsi que son disciple, l'écrivain et professeur de lettres Anatole Le Braz, auteur du livre « La légende de la Mort » qui relate les croyances de Bretons de son temps.
Voir aussi :
Musique
Article de fond : Musique bretonne
Au niveau musical, la tradition de musique à danser chantée (kan ha diskan, chant-contrechant) ou jouée en couple (duo biniou (cornemuse bretonne) / bombarde) est encore très présente en Haute et Basse Bretagne ; les danseurs se retrouvent au cours d'un fest-noz (fête de nuit) ou d'un fest-deiz (fête de jour).
La musique bretonne s'est considérablement diversifiée et enrichie au cours de la seconde moitié du XXe siècle, en actualisant des thèmes traditionnels avec des sonorités d'aujourd'hui.
Costumes
La Bretagne a conservé la mémoire d'une grande variété de costumes traditionnels, signes d'identification à des « pays » ou terroirs. « Kant bro, kant giz », Cent pays, cent coiffes, dit un proverbe célèbre. Ces costumes ne sont plus portés qu'à l'occasion des fêtes publiques (pardons, concours de danses et de chants, représentations). Une des caractéristiques les plus remarquables est la variété et la majesté des coiffes féminines, sortes de bonnets gracieux en dentelle destinés à retenir et à cacher les cheveux.
Gastronomie
Parmi les spécialités régionales on peut citer le kouign amann (gâteau au beurre), les crêpes, les galettes, le far breton (gâteau) et le kig ha farz (litt. « viande et far »). La proximité des côtes et la douceur du climat font de la Bretagne une région riche en fruits de mer (crabes, crustacés, coquillages) et en poissons.
La Bretagne est une région cidricole. Les Bretons affectionnent une sorte de kir appelé simplement kir breton, mélange de crème de cassis et de cidre. Elle produit un hydromel appelé chouchen (prononcer « chouchène »). Enfin, depuis quelques années la production de bière locale est en plein essor, avec une vingtaine de producteurs qui proposent des bières classiques ou originales : cervoises, bières au sarrasin, au malt de whisky, à l'eau de mer (au goût imperceptible !), etc.
Emblèmes
- Le drapeau de la Bretagne, est appelé Gwenn ha Du (en français : « Blanc et Noir »). Le quart supérieur gauche représente un semé d'hermine dit aussi « franc-quartier d'hermine plain », c'est-à-dire sans nombre précis même si habituellement on en représente onze. Il reprend les armoiries des ducs de Bretagne. Les bandes blanches et noires représentent les pays ou 9 évéchés de Bretagne : 4 pour les pays de langue bretonne et 5 pour les pays de langue gallo. Les bandes représentent surtout une modernisation qui fait rupture avec le vieux drapeau d'hermine que certains confondaient avec des fleurs de lys ; cette modernisation s'inspirant des systèmes utilisés au Royaume-uni, aux Etats-Unis et en Grèce, par exemple. Le Gwenn ha du a été créé par Morvan Marchal, architecte, militant et nationaliste breton, et exposé pour la première fois en 1925 au pavillon de la Bretagne à l'exposition des arts déco à Paris. Considéré comme séditieux jusqu'au début des années 70, ce drapeau flotte désormais au fronton des mairies et des bâtiments publics de Bretagne. Cependant, son rival malheureux, le drapeau d'hermine, est encore utilisé par quelques communes.
- L'écu d'hermine forme les armoiries de la Bretagne depuis son adoption par le duc Jean III en 1316. Il remplaçait l'échiqueté au franc-quartier d'hermine introduit en Bretagne en 1213. Ce choix fut-il dû au fait que c'était la fourrure des juges et des rois, que son motif l'apparentait au semé de fleurs de lys de France, que le précédent écu n'était plus valorisant ou que celui-ci était justement porté par la marâtre détestée de Jean III ? En tout cas cet écu représenta le duché puis la province de Bretagne. Malgré la disparition de la Bretagne comme entité politique en 1790, il est resté en usage jusqu'à aujourd'hui. Le conseil régional de la région administrative de Bretagne l'utilise parfois, sur les trains par exemple, mais il lui a préféré un logo à bandes bleues et vertes. Cet écu d'hermine est la source de toute l'emblématique bretonne : la bannière herminée a donné le drapeau traditionnel, puis le franc-quartier du Gwenn ha du ; Jean IV y a puisé sa devise personnelle, son ordre de chevalerie, sa livrée et le nom du château de sa capitale (Vannes/Gwened) ; ses couleurs furent reprises au XVe par la croix noire ; la moucheture d'hermine est déclinée sur toutes sortes de support…
- L'hermine héraldique, aussi appelée queue d'hermine, moucheture d'hermine ou tout simplement hermine, est issue des armes de Bretagne dont elle reprend le motif essentiel. Dès le XVIe siècle, elle a colonisé les médailles, les papiers timbrés, les documents officiels et privés, les ex-libris, les façades et les cursives de nombreux bâtiments, les bibelots et plus récemment les auto-collants… Contrairement aux armoiries qui représentent la Bretagne elle-même, l'hermine est la marque de ce qui est breton. C'est ce qui l'a rendue si populaire, au point que le président du Conseil régional de la région Bretagne l'a choisie comme logo en septembre 2005.
- L'hermine naturelle, c'est l'animal proprement dit, revêtu pour marquer la Bretagne, de la fourrure blanche qu'il arbore l'hiver dans les pays froids. Le duc Jean IV à son retour d'Angleterre, fin XIVe siècle, fut le premier à en faire sa devise (ou badge). Depuis, elle est apparue sur les sceaux des ducs puis des États de Bretagne, à la cathédrale de Quimper, sur les sablières de tant d'églises, sur les châteaux des Montfort et un peu partout en support d'armoiries. Réactualisée en une bestiole sympathique, elle fait un retour en force ces dernières années, entre autres sur des maillots de football ou des panneaux urbains.
- L'Armes Prydein parle des "armées noires" des Bretons d'Armorique et le poème d'Ermold le Noir évoque leurs boucliers ronds peints en noir. Le noir deviendra une constante dans l'emblématique bretonne, et c'est une couleur rare. Peut-on en conclure que l'entourage de Jean IV de Montfort ait connu ces textes anciens ou connu cette tradition par d'autres sources lors de leur choix du noir pour leurs troupes ? En tout cas de nos jours l'association de couleurs noir/blanc évoque toujours la Bretagne sur des maillots de sportifs ou des casaques.
- On peut également citer le triskel (ou triskell), symbole à trois branches ancien et polysémantique (symbolisant probablement des triades divines, une roue solaire ou les éléments primaires : l'eau, la terre, l'air) que l'on retrouve dans les cultures celtes comme dans de nombreuses autres cultures à travers les cinq continents. Accepté petit à petit comme emblème pan-celtique, voire comme breton, il est devenu très populaire depuis les années 1970.
- Le chapeau breton, la carte de la Bretagne aux 5 départements, les lettres BZH, le pêcheur et la Bigouden ou la Fouesnantaise en habits et coiffes traditionnels tiennent aussi lieu dans l'imagerie populaire de marque de bretonnité, sinon de bretonnerie.
- L'hymne national de la Bretagne est le Bro gozh ma zadoù (Vieux pays de mes pères), bien qu'il n'aie pas été officialisé. Il s'agit d'un hymne à la Bretagne avec des paroles en breton composées par François Taldir-Jaffrenou à la fin du XIXe siècle ; il est chanté sur la musique de l'hymne national gallois. La même musique est utilisée pour l'hymne de la Cornouailles britannique. Cette réutilisation de la musique dans les hymnes nationaux symbolise la proximité de cœur entre les trois régions celtiques / brittoniques.
- La Bretagne a pour devise : Kentoc'h mervel eget bezañ saotret en breton ou potius mori quam fœdari en latin, phrase traduite en français par l'expression « plutôt la mort que la souillure ». Elle est rattachée à la légende d'une hermine ("la blanche hermine") poursuivie par des chasseurs qui préféra se laisser prendre plutôt que souiller son pelage en traversant une rivière boueuse.
Sports et jeux
Article détaillé : Sport en Bretagne
Le football, le cyclisme et la voile sont les trois sports les plus populaires de Bretagne. En football, le club numéro un est le FC Nantes, demi-finaliste de la Coupe d'Europe en 1980 et 1996, et qui compte 8 titres de champion de France et 3 coupes de France. Les meilleurs clubs de Bretagne sont aujourd'hui le FC Nantes, le Stade Rennais (2 coupes de France), le FC Lorient (1 coupe de France), le club En Avant de Guingamp, le Stade Brestois et le Vannes OC.
Le cycliste breton le plus célèbre de l'histoire reste Bernard Hinault, 5 fois vainqueur du Tour de France (1978, 1979, 1981, 1982, 1985) et champion du Monde 1980, sans oublier ses prédécesseurs : Louison Bobet, Jean Robic et Lucien Petit-Breton.
Le sport traditionnel le plus connu est le gouren, nom breton de la lutte bretonne.
Parmi les jeux traditionnels, on peut citer la boule bretonne (boules en bois) et le jeu de palets, surtout présent à l'est de la Bretagne.
Avec ses nombreux ports de plaisance, la Bretagne a également contribué au développement du nautisme. On peut citer par exemple La Trinité-sur-Mer dans le Morbihan, connu comme la Mecque de la voile, ou bien encore Concarneau et les Îles de Glénan, archipel à 20 kilomètres au large de Concarneau, qui abritent la base nautique historique de la célèbre école de voile Les Glénans qui forme en croisière et en voile légère depuis l'après-guerre.
Voir aussi
Liens internes
Liens externes
- Lec'hienn kuzul rannvroel - Site du conseil régional
- Skingomz e Breizh - Radios bretonnes - e brezhoneg hag e galleg - en breton et en français
- Etymologie et histoire des communes bretonnes
- Dorioù Breizh - Portail breton - e saozneg - in english
- Bannieloù Breizh - Histoire des drapeaux bretons et Géographie de la Bretagne
Bibliographie
- Pierre Le Baud, Histoire de Bretagne avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval, 537 pages et 215 pages, Paris, chez Gervais Alliot,1638,in-f°.
- Alain Bouchart, Grandes croniques de Bretaigne, Paris, 1514, in-f°. Nouvelles éditions: Rennes, Le Meignen, 1886 et Paris, au CNRS, 1998.
- Bertrand d'Argentré, Histoire de Bretaigne, des roys, ducs, comtes et princes d'icelle..., Paris, chez Jacques du Puys, 1583,in-f°.
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