Bondage

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Sommaire

Introduction

Image:Bondage (Seile) Model Dani.jpg

Le bondage (du verbe anglais to bind, ligoter, et bond, le lien) est une pratique érotique qui consiste à contraindre, d'une manière ou d'une autre, son/sa partenaire. Le bondage consiste à contraindre le corps dans sa totalité ou en partie, généralement à l'aide de cordes et de bâillons, mais aussi de bande adhésive, de lanières, de chaînes, ou de tout autre ustensile apte à exercer une emprise sur la partie du corps concernée. L'immobilisation du partenaire n'est pas nécessairement le but. On parlera ainsi de bondage des seins, du buste, de la taille, des parties sexuelles, et ainsi de suite.

Cette forme particulière de sexualité est souvent assimilée au sado-masochisme, alors que ce sont deux pratiques bien distinctes. La différence fondamentale est que dans le bondage pur, la contrainte en soi est un but, souvent esthétique (mais pas seulement), alors que dans le sado-masochisme il s'agit d'un simple moyen, d'un outil parmi d'autres. De plus, dans le bondage pur, on ne retrouve pas les notions de dominant/maître, dominé/soumis/esclave, humiliation/servitude, etc., propres au sado-masochisme.

Au Japon, la pratique se décline sous le nom de Shibari ; elle fait partie d'une tradition à la fois historique et artistique. Aux États-Unis, on parle de « B&D » (bondage & discipline), et en France, on utilisait auparavant le terme « éducation anglaise » (qui regroupe également la flagellation), sans doute en référence aux sévices corporels pratiqués dans les collèges britanniques.

Bondageurs célèbres

En France, le premier témoignage de bondage sont les cyanotypes (ancêtre de la photographie, de couleur bleue) de Charles Jeandel (18591942), un notable angoumoisin. Ces clichés sont conservés au musée d'Orsay. Ils ont été identifiés grâces aux travaux d'Hélène Pinet dans les années 1990, qui a reconnu des portions d'une toile de Jeandel sur des clichés (Renversements de l'idôle Sérapis, 1889, exposée à la mairie d'Angoulême).

Parmi les grands inspirateurs du bondage du XXe siècle, on peut citer John Willie (Adventures of Sweet Gwendoline) Eric Stanton .

Citons aussi l'illustrateur anglais John Blake, sous le nom de Nawashi Murakawa, le japonais Akechi Denki et son assistante Akechi Enka (Shizuka Aoi de son vrai nom), le photographe Araki, le dessinateur Richard Laillier, les français Tonton Ficelle dans les années 1970 et Philippe Boxis ( photographe ).

Histoire

Il est établi que le bondage moderne puise largement ses origines dans la société japonaise, où l'utilisation de la corde sous toutes ses formes date au moins du XVe siècle, et notamment du kinbaku, un châtiment corporel. Les samouraïs ne pouvaient être entravés que par un spécialiste, le nawashi.

XVe siècle1560 : La période sanglante de Shinkoku ou le règne de Tokugawa

À cette époque, la société japonaise vécut une période de guerre sombre et tortueuse sous un règne de dictature qui durerait jusqu'au 1560. Selon la règle de Tokugawa, en 1542 on a décrété pour les criminels un système de codes présentant 4 degrés de torture à base de corde. Le premier degré était de se servir de la corde pour fouetter ou flageller, le second était d’attacher une pierre au bout et de s’en servir comme masse d’arme, le troisième consistait a créer des points de compression infligeant des séquelles graves et irréversibles, et enfin le quatrième était la suspension qui pouvait parfois durer plusieurs jours. Dans les trois derniers degrés, l’issue de la punition était généralement la mort.

Ces méthodes cruelles et barbares ont pris fin en même temps que les guerres, vers 1560. L’utilisation de la corde comme un outil de torture n’a plus jamais eu lieu depuis. Cependant, plusieurs de ces techniques sont à la base de l'utilisation moderne de la corde sous ses formes érotiques les plus courantes relevant du bondage.

16001878 : Période Edo

Après la période sanglante de Shinkoku, une technique appelé hojo-jutsu ou hobaku-jutsu fut développée. Le hobaku-jutsu était un art martial très spécial employé pour attraper et retenir des criminels ou des prisonniers. Une technique précise de l’usage de la corde pour attacher et contraindre un prisonnier a vu le jour. Chaque village avait sa propre méthode.

Un criminel/prisonnier ne pouvait être attaché/suspendu qu'en public, et tout observateur pouvait dire par la façon dont le criminel ou le prisonnier était attaché/suspendu et par le modèle de corde employé, quelle était la classe sociale du criminel/prisonnier, le crime qui avait commis, et également parfois l'âge et la profession de la victime.

L’utilisation de la corde comme forme érotique est très floue pendant cette période, et nous n’avons trouvé aucun écrit pouvant clairement nous renseigner sur son usage.

Le bondage moderne

A la fin de la période d'Edo, quelques images érotiques japonaises sont apparues, où l’usage de la corde y est enfin représenté. Si cet usage érotique a pu exister avant, on ne le connaît en tout cas dans aucun sens historique : seulement des récits ou des légendes y font mention.

L’art moderne des jeux de corde n'est pas cruel, et encore moins une pratique de torture comme malheureusement bien des vidéos nous le présentent. Il est consensuel, avec des frontières clairement définies. Il existe aujourd'hui deux grandes écoles, à la fois antagonistes et complémentaires : l'école occidentale (bondage), basée à l'origine sur l'école orientale (Shibari), a développé ses propres techniques et sa propre esthétique. Elle est aujourd'hui la plus répandue, hormis au Japon évidemment.

A titre anecdotique, les policiers japonais modernes portent toujours un morceau de corde sur leur uniforme.

Précautions d'usage

Le bondage est une relation de confiance entre la personne qui attache (le bondageur / la bondageuse) et la personne attachée (le bondagé / la bondagette). La responsabilité, et la vie de la personne attachée sont entre les mains de la personne qui attache. Si vous êtes cette personne, gardez toujours à l'esprit que la personne attachée se met entre vos mains, vous en avez sa responsabilité, sa garde.

Plusieurs décès accidentels liés au bondage sont recensés tous les ans. N'oubliez jamais les règles de sécurité élémentaires suivantes :

  • Ne laissez jamais une personne ligotée (ou enchaînée) seule, sans surveillance. Si vous pratiquez en solitaire, un certain nombre de règles supplémentaires sont décrites dans les documents relatifs au self-bondage ;
  • Encore plus important, ne laissez jamais seule, pas même un instant, une personne ligotée et bâillonnée. Les étouffements accidentels sont très rares, mais ils peuvent intervenir très rapidement ;
  • Ne passez pas de corde autour du cou. Les risques d'étranglement sont beaucoup trop grands ;
  • Conservez un moyen de défaire les cordes rapidement. Ciseaux, couteau, et/ou nœuds rapides. Notamment au niveau du thorax, et des articulations (poignets et chevilles), pour éviter les garrots ;
  • Prévenez les risques de chute, et d'étranglement. Une personne immobilisée faisant une chute en arrière (avec sa chaise, par exemple) risque de se rompre le cou ;
  • Les « suspensions » demandent beaucoup de maîtrise. Ne les pratiquez pas si vous êtes débutant ;
  • Attention aux nœuds coulants ! Il faut toujours utiliser des nœuds qui ne glissent pas. Evitez les nœuds dits « queue de cochon », qui glissent (le nœud des lacets de chaussures). Préférez-leur le nœud plat.

La durée des séances est très variable, de quelques minutes (positions très strictes et/ou personne attachée débutante) à plusieurs heures d'affilée (positions plus faciles à tenir et/ou personne attachée expérimentée). Dans tous les cas, ne prenez pas de risques inutiles, et pensez à hydrater régulièrement la personne attachée.

Les photos, vidéos et textes de fictions que l'on peut trouver sont choisis en fonction de leur esthétique et/ou de leur impact. Les positions sont généralement réelles, mais elles sont souvent plus compliquées à réaliser qu'il n'y paraît, et ne peuvent pas toujours être reproduites simplement, et/ou sans risques. Ne vous y risquez pas si vous êtes débutant.

Pourquoi des gens aiment se faire ligoter ?

Les personnes qui trouvent érotique de se faire ligoter, le trouvent pour différentes raisons:

  • La raison plus souvent citée ou du moins invoquée, est une libération des inhibitions et responsabilités, dans la mesure où les personnes ligotées ont, dans une certaine mesure, confié les clés de leur situation à un tiers. On peut appeler cela un échange de pouvoirs.
  • Certains aiment la sensation physique de la contrainte, les sensations, la pression de la corde, l'impossibilité de lutter contre la contrainte malgré ses efforts musculaires. Très rarement la brûlure ou la douleur engendrée par le frottement ou la morsure de la corde.
  • On peut aimer la sensation d'impuissance ; liée aux tentatives désespérées de rompre ses entraves (liens, chaînes ou bracelets), particulièrement en étant stimulé(e), sensuellement ou sexuellement. Rappelons qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des contacts sexuels pour jouer à des jeux de bondage, notamment dans cette dernière catégorie.
  • Certains ont des plaisirs provenant de la mise en danger symbolique, et de la dégradation. Cette catégorie est peu nombreuse. Nombre de personnes aiment les jeux de rôle sur le thème de la prison, ou de l'hôpital psychiatrique, les situations réelles les plus adaptées à ce genre de jeux.
  • On peut trouver un intérêt fétichiste envers la mécanique du bondage, particulièrement au niveau de l'équipement et des entraves utilisées. L'odeur de la corde de chanvre, du collier de cuir ou du masque de latex, la forme des menottes, etc. La géométrie formée par les lignes du bondage sur le corps et l'environnement, le degré de liberté accordé par les entraves, et les sensations engendrées.
  • Comme complément à d'autres pratiques sado-masochistes
  • Comme le saut à l'élastique, et l'escalade, certains apprécient l'adrénaline provoquée par des situations potentiellements dangeureuses (et orientent le bondage vers ce type de situations)
  • Comme « piquant » aux pratiques sexuelles, pour essayer.

Pourquoi des gens aiment ligoter d'autres personnes ?

  • Pour donner du plaisir à son/sa partenaire, et les stimulations engendrées par le plaisir de son/sa partenaire; c'est de loin le cas le plus courant et profitable aux deux partenaires.
  • La personne qui attache peut trouver du plaisir dans la soumission érotique de son/sa partenaire.
  • Le même intérêt pour la géométrie des formes, l'aspect esthétique du sujet, des cordes et de son environnement (voir les travaux de « Midori » et de son photographe, Micheal Blue par exemple)
  • Comme complément à d'autres pratiques sado-masochistes
  • Le contrôle et le pouvoir provoqué par la « mise en danger » de son/sa partenaire attaché(e). Pour cette dernière catégorie de gens, s'il s'agit de leur principale motivation, il est possible qu'ils aient des difficultés à provoquer le plaisir du jeu chez leur partenaire.

Pour que le plaisir soit partagé, il est indispensable que la personne qui attache soit à l'écoute de son/sa partenaire. Un bondageur/une bondageuse n'étant à l'écoute que de son propre plaisir ne procurera que très rarement de plaisir partagé, comme bon nombre de « pseudo-bondageurs » que l'on peut trouver par le biais de clubs et de sites internet privés.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

  • Conseils, pratiques de base pour débutants, et sécurité, dans l'ouvrage de Midori : Les sortilèges du Bondage Japonais. Gremese.
  • Bondage, liaisons débridées, Libération n° 7527, 22 juillet 2005


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