Atlantide

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L'Atlantide (du grec Ἀτλαντὶς / Atlantìs, sous-entendu νῆσος / nễsos, « île », c'est-à-dire « île d'Atlas ») est une île légendaire qui aurait été engloutie dans l'Antiquité. Elle est mentionnée pour la première fois par Platon dans le Timée et le Critias.

Sommaire

Origine du mythe

Récit du Timée

Le philosophe introduit le mythe dans le Timée, au cours d'un récit fait par Critias, un riche athénien disciple de Socrate et parent de Platon lui-même. Selon Critias, son arrière-grand-père, Dropidès, s'est vu confier par le législateur Solon (VIe siècle av. J.-C.) une confidence que lui-même tenait d'un prêtre égyptien du temple de Saïs.

Aux dires du prêtre,

« En ce temps-là, on pouvait traverser cette mer [Atlantique]. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez, dites-vous, les colonnes d'Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l'Asie réunies. (...) Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux. »
(trad. Albert Rivaud)

Le prêtre entreprend ensuite de narrer la lutte des Hellènes, menés par Athènes, puis d'Athènes seule, contre l'île Atlantide, événements qu'il situe 9 000 ans avant son ère. Peu après la victoire, un tremblement de terre survient.

« Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles, toute votre armée [athénienne] fut engloutie d'un seul coup sous la terre et, de même l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut. Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, cet océan de là-bas est difficile et inexplorable, par l'obstacle des fonds vaseux et très bas que l'île, en s'engloutissant, a déposés. »
(trad. Albert Rivaud)

Le Timée donne ensuite une description générale de la civilisation atlante, de son expansion, de la guerre contre Athènes et de la destruction finale de l'Atlantide.

(Pour en savoir plus, voir l'article consacré au Timée)

Récit du Critias

Le Critias entre davantage dans les détails, contant l'origine des habitants (nés de l'union de Poséidon et d'une mortelle, elle-même fille d'un autochtone) et leurs mœurs, la géographie de l'île, son organisation sociale et politique. La fin du Critias est perdue. Le récit s'interrompt au moment où Zeus décide de punir les Atlantes décadents.

Si la légende nous est transmise par Platon, celui-ci ne l'utilise néanmoins qu'accessoirement pour illustrer son propos, qui est le devenir d'Athènes.

Platon a décrit de façon précise l’Atlantide, qu'il présente comme un monde idyllique. On peut en résumer les détails comme suit :

  • L’île est située au-delà des Colonnes d'Hercule (considérées l'actuel détroit de Gibraltar aujourd'hui, mais il n'est pas certain qu'à l'époque dont parle Solon celles-ci soient à situer à cet emplacement), où se trouvent des fonds vaseux, restes de l'île disparue. Depuis cette île, on a accès au continent situé plus loin.
  • Le roi éponyme de l'Atlantide est Atlas, fils du dieu de la mer Poséidon et de la nymphe Cleito.
  • L’île est divisée en dix royaumes gouvernés par Atlas et ses neuf frères puis par leurs descendants. Chaque royaume possède sa propre capitale, copiée sur la cité-mère, capitale du royaume d'Atlas, dessinée par Poséidon lui-même. La cité-mère est située autour d’un mont. Elle est circulaire et entourée de fossés navigables.
  • L'île est riche en ressources naturelles, parmi lesquelles figure un métal mystérieux, l'orichalque.
  • La religion des Atlantes était centrée sur Poséidon, le père des dynasties royales, et incluait le sacrifice annuel d’un taureau que l'on devait capturer pour ensuite l'égorger sur un autel en forme de colonne.
  • Les Atlantes deviennent corrompus au fil du temps. Ils fondent par les armes des colonies des deux côtés de leur île, conquérant une partie de l’Afrique jusqu’à l’Égypte, et de l'Europe jusqu'à l'Italie. Athènes est le seul État capable de s’opposer à leur expansion.
  • L’Atlantide, ainsi que l'armée athénienne, ont été engloutis lors d'un immense raz-de-marée associé à des tremblements de terre, en un jour et une nuit. Platon ne mentionne pas d'explication géologique à cette catastrophe.
  • Ces événements ont lieu 9 000 ans avant l'époque de Solon.

(Pour en savoir plus, voir l'article consacré au Critias)

L'Atlantide dans les textes anciens

Contrairement à l’avis général, l'Atlantide en tant que telle apparaît très peu dans les textes anciens grecs ou latins.

  • La colonne sur laquelle les prêtres auraient lu à Solon l’histoire de l’Atlantide, si elle a jamais existé, n’a pas été retrouvée.
  • Diodore de Sicile, historien grec du Ier siècle av. J.-C., évoque également l'Atlantide (Bibliothèque historique, III).
  • Hérodote (c. 484425 av J.-C.) parle des Atlantes comme étant les habitants de la région du mont Atlas (Enquête, I, 202). Néanmoins rien ne confirme qu’ils aient été autre chose que cela. Il n’y a pas de lien apparent avec Atlantide.
  • Thucydide (c. 460 ?—400 av J.-C.) évoquerait une île d'Atlante, engloutie par les flots (Histoire de la guerre du Péloponnèse).

L'Atlantide dans la littérature et les arts

Le mythe de l'Atlantide a alimenté nombre d'œuvres littéraires et artistiques, parmi lesquelles :

  • The New Atlantis (L'Atlantide nouvelle) est une utopie de Francis Bacon.
  • L'Atlantide de Pierre Benoît prend quelques libertés avec le mythe d'origine en plaçant l'Atlantide en plein cœur du Sahara et en considérant que la catastrophe qui l'a ruinée est le retrait brusque de la mer et non son arrivée subite.
  • Jules Verne pour sa part fait apparaître l’Atlantide lors d’une promenade au fond de l’océan organisée par le capitaine Nemo dans Vingt mille lieues sous les mers.
  • Edgar P. Jacobs y consacre le septième volume des aventures de Blake et Mortimer.
  • Rosinski et Van Hamme se réfèrent à l'Atlantide dans plusieurs tomes de la saga Thorgal.
  • Tungstene, une serie de bande dessinée, des éditions tungstene.(dessinateur scénariste Bruno Claret)premier tome sorti en 1996. Le hero vie sur Atlantis une petite ile situé à coté de l'Atlantide. On y retrouve dans l'anachronisme, la légende de leur formidable avancé technologique, mélange de technologies antiques et récentes, ainssi qu' une organisation politique et culturel (differente de celle de la légende.
  • Atlantis est une série de bande dessinée de François Froideval et Fabrice Angleraud, chez Zenda.
  • Hugo Pratt fait référence à l'Atlantide dans Mu, une aventure de Corto Maltese, où Corto découvre avec ses amis une entrée du continent perdu.
  • Tolkien s'est appuyé sur le mythe de l'Atlantide pour créer l'île fictive de Numenor, elle aussi engloutie en raison de la décadence des hommes.
  • Au cinéma, le mythe a inspiré L'Atlantide, l'empire perdu, un film des studios Walt Disney (2001).
  • À la télévision, la franchise Stargate a repris la légende de l'Atlantide pour en créer une série dérivée Stargate Atlantis, représentant le mythe comme une cité construite par une race appelés les Anciens et la situant dans la galaxie de Pégase.
  • Dans l'anime Nadia, le secret de l'eau bleue, des descendants de l'Atlantide cherchent à reconstruire la « nouvelle Atlantide ».
  • Dans l'anime Escaflowne, les personnages évoluent dans un monde créé par les Atalantes.
  • Le comics Sigil met en scène des Atlantes considérés comme des prédécesseurs des humains.

Traces et hypothèses

Plusieurs équipes se sont lancées à la recherche de ce continent mythique, notamment par des explorations sous-marines. Certaines ont amené à la découverte de quelques ruines englouties, rien ne suggérant cependant leur appartenance à une civilisation autre que celles déjà connues dans le bassin méditerranéen, ou ailleurs.

Hypothèse minoenne

Certains, comme le Commandant Cousteau, suite aux travaux de l'archéologue grec Galanopoulos, ont identifié l'Atlantide à la civilisation minoenne (crétoise) détruite à la suite de l'éruption de Thêra (Santorin) vers 1500 avant J-C. De nombreux détails sur la culture Atlante décrite par Platon font penser à la civilisation minoenne.

Proche des Colonnes d'Hercule

D'autres ont émis l'hypothèse qu'il s'agirait d'une île située près des Colonnes d'Hercule, c'est-à-dire le détroit de Gibraltar, engloutie par la remontée des eaux à la fin de la dernière glaciation.

Un géologue du CNRS, J. Collina-Girard, a relevé un haut-fond immergé à l'ouest du détroit de Gibraltar, qui « formait une île de 14 km sur 5 km, avec des îlots satellites, au milieu d'une passe étroite s'ouvrant à l'ouest sur une mer intérieure ». Selon lui, «cet archipel fut entièrement submergé à la fin du paléolithique, en 9000 av. J.-C. »

L'Atlantide pourrait se situer devant le détroit du Gibraltar, entre Gadeira (Cadix, Andalousie) et l'Atlas Marocain, c'est la théorie défendue lors de l'été 2000 par un Hispano-Américain [1], Georgeos Diaz-Montexano. Ses recherches ont été basées sur ses traductions des textes de Platon, le Timée et le Critias. Celui-ci, comme beaucoup d'autres avant lui, a démontré l'existence d'erreurs de traduction et d'interprétation du sens de certains mots figurants dans les textes de Platon. Selon lui, ces erreurs ont été la cause principale du fait qu'experts et scientifiques ont douté de l'historicité de l'Atlantide en cet endroit.

Récemment, en 2003, le même Georgeos Diaz a dirigé une expédition dans la région du détroit de Gibraltar et du Golfe de Cadix et a déclaré en avoir rapporté les résultats auprès de l'UNESCO. [2] Il s'agit de ruines de pans de murs, cyclopéens sans doute, et de creusets servant à la fonte des métaux, est-il rapporté. La plupart de ces pièces archéologiques ont été trouvées entre -10 et -40 mètres de profondeur, à l'endroit même où, selon sa traduction de Platon, se trouvait l'île d'Atlantide et sa cité, Atlantis.

J. Collina-Girard a déclaré à ce propos avoir reçu une communication de G. Diaz-Montexano ne contenant rien d'autre que sa traduction de Platon, et ne changeant rien à ce qu'on savait déjà.

Quoi qu'il en soit, l'immersion de ce territoire, due à des facteurs multiples, s'étant produite entre - 12 000 et - 9 000, on ne peut qu'en déduire que rien de ce qui a pu être repéré et récupéré ne puisse être bien différent de ce que l'homme était en mesure de produire tant à la fin du paléolithique supérieur qu'au début du néolithique.

Au large de Chypre

En novembre 2004, une équipe conduite par Robert Sarmast a affirmé avoir découvert sur un petit plateau sous-marin au large de Chypre, par 1500m de fond, deux longs murs droits de 2 km de long chacun.

En Sardaigne

« Au-delà de Charybde et Scylla », c'est l'hypothèse d'un journaliste du quotidien italien, La Repubblica, publiée récemment.


En Amérique latine

À partir du XIVe siècle et la découverte des Amériques, les navigations phéniciennes en Atlantique ont alimenté la légende et le mythe. L'on s'est posé la question de savoir, après Christophe Colomb, si les Phéniciens n'avaient pas été les premiers à avoir traversé l'Atlantique et ce thème est périodiquement repris, donnant cours aux hypothèses les plus fantaisistes.

Certaines hypothèses, peu crédibles, nées au XIXe siècle à la suite de l'identification de la civilisation phénicienne, ont voulu voir ce monde légendaire qu'est l'Atlantide en Amérique latine. En 1889 par exemple, le vicomte Onfroy de Thoron publia un essai de 142 pages intitulé Les Phéniciens dans l'île de Haïti et sur le continent Américain. Les vaisseaux de Hiram et de Salomon sur un fleuve de l'Amazonie.

La communauté scientifique a toujours réagi avec vigueur devant ce genre d'élucubrations qui ravissent le grand public. La question serait plutôt de savoir si l'origine de la légende atlante ne serait pas davantage due plus aux phéniciens qu'aux grecs...

Voir Mythe et légende Atlante en Amérique latine

Dans l'Océan indien

L'étude de Jacques Hébert parue récemment aux éditions Carnot sous le titre de "Atlantide, la solution oubliée" (voir également à ce sujet le numéro 8 de la collection "Les dossiers des grands mystères de l'histoire", "Les survivants de l'Atlantide") soumet une toute nouvelle hypothèse. Cet auteur soutient qu'elle se soit engloutie non pas à l'ouest dans l'océan Atlantique voire la mer Méditerranée mais au large de la Somalie dont Socotra, une île du Yémen à l'embouchure du golfe d'Aden, serait un des vestiges.

Il prétend que les Phéniciens seraient les rescapés du cataclysme qui détruisit la civilisation atlante, et qu'ils connaissaient la route des amériques avant les Vikings.

Une civilisation atlantique


Des phénomènes géophysiques tels les transgressions marines et la fonte des islandis ont changé la géographie de l'océan atlantique à la fin de l'ère glaciaire. Il est assez probable qu'en longeant les glaces par cabotage ont pouvait passer de l'Europe à l'Amérique et que le détroit de Bering, la "Béringie" ne fut pas le seul passage de peuplement de ce continent. En outre, certaines affinités linguistiques entre le Basque et l'Algonquin, définies comme langues pré-indo-européennes, laissent supposer, selon les travaux de Paula Baker Sten " Summary View Point on the Relation bewtween the Basque and Cree language or "A Bone to Pick", qu'il y eut un courant migratoire en ce sens. Une civilisation assez homogène put sans doute se développer sur les côtes de l'europe, de la façade est des états-Unis et du Canada, le Groenland, en quelque sorte sur le pourtour d'un grand lac intérieur, plus ou moins fermé au sud par l'archipel des Canaries et des Açores, davantage émergés qu'aujourd'hui, à la fin du paléolithique. Les pyramides, de pierre encore mal équarries, qu'on trouve aux îles Canaries comme en Bretagne, laisse penser qu'il ne devait pas s'agir d'une civilisation différente de la civilisation mégalithique dont on trouve les traces en méditerranée datant de la même époque.

Le bassin méditerranéen à la fin du paléolithique

Il faut se le représenter il y a 15 000 ans, quand les glaciers descendaient à la latitude de Lyon, les terres s’avançaient alors d’environ une vingtaine de kilomètres par rapport au tracé des cotes d’aujourd’hui, de sorte que la méditerranée était divisée en deux mers intérieures. La Sardaigne et la Corse étaient alors unies, tandis que la Sicile était rattachée à la pointe de la Calabre et à l’Afrique du Nord. La Sicile jouxtait la Sardaigne, les deux îles étant probablement séparées par un marécage, et l’île d’Elbe était rattachée au continent. Il y avait donc une mer orientale limitée par le verrou sicilien, et une mer occidentale, limitée par le verrou de Gilbraltar, les deux cotés du détroit étant alors unis. Aux temps historiques, les chroniques des scribes égyptiens nommaient "le Grand Vert" la méditerranée occidentale, à moins qu'ils aient ainsi voulu nommer l'Atlantique).

Au-delà, comme aujourd'hui, se trouvait l'océan Atlantique, dont les pourtours devaient être également très différents de ce qu'ils sont à présent. La tradition veut que, bien plus tard, vers -6000, Tartessos, sur la côte atlantique espagnole, ait commercé avec le peuple Atlante.

Le pourtour de la méditerranée occidentale était alors peuplé de cro-magnoides dénommés Ouchtatiens (voir également pour la population l'article Guanches), supplantés par les Capsiens venus du Sahara (qui était alors un lac bordé de marécages où il n'est pas exclu que quelque campagne archéologique y découvre un jour les restes de villages lacustres ensevelis) puis assimilés , population proto-berbère parlant une langue afro-asiatique dont il reste des reliquats dans la langue sarde actuelle, le berbère et le basque. S’il fut une population « Atlante » sur les territoires émergés des trois îles quasiment soudées ensemble, ce ne pouvait être que celle-là. Vers -11000 jusque vers -8000, le niveau de la mer est alors de 55 m. plus bas qu’aujourd’hui, période de stabilisation climatique durant laquelle commence la sédentarisation et le début du mégalithisme. Lorsqu’à la suite d’un réchauffement climatique la fin de la glaciation s’opère, les eaux montent.

La légende qui nous a été transmise par Platon, recueillie de la tradition orale, amalgame probablement divers évènements survenus dans des périodes différentes et successives. Suite à l’explosion de Thera (Santorin), on s’est aperçu qu’au sud-est de la Sardaigne s’était produit un effondrement de terrain vers -1500 provoquant un tsunami dont on peut encore voir les traces sur un nuraghe, soit une énorme tour mégalithique, à proximité de la zone d'effondrement. Les « fonds vaseux » dont parle Platon pourraient bien avoir été déterminés par l'effondrement de ce pan de la Sardaigne, qui ne purent que mettre plusieurs siècles à reposer, les temps géologiques étant longs et se situant à une autre échelle que la durée moyenne de la vie humaine.

« Atlantis », la cité-mère

Nous savons que les premières cités où l'homme se sédentarise sont lacustres, sur pilotis, souvent dans des marécages. La ville d’Atlantis, sa cité-mère, (qui n'est toutefois pas citée sous ce nom par Platon, ce nom se référant chez lui à la seule île, et n'est qu'une appellation contemporaine de cette capitale mythique), située autour d’un mont au milieu de fossés navigables dans la légende pouvait fort bien se trouver quel que part dans des marécages drainés par des fossés au pied d’un volcan comme le Stromboli dans l’actuel l’archipel des îles Lipari. Vu le volcanisme actif et les séismes sous-marins fréquents dans cette zone, on ne risque guère aujourd’hui d’y retrouver quoi que ce soit. Et elle aurait aussi bien pu se trouver n'importe où ailleurs. La « civilisation atlante » s’il en fut une pouvait avoir essaimé, tels les comptoirs des Phéniciens dont Tyr était la cité-mère,dans la méditerranée d’alors bien avant eux ; et ce que l'on trouve parmi les « traces et hypothèses » n'en serait que les restes des différents comptoirs, pouvant éventuellement correspondre aux « dix cités » du mythe. La Crète Minoenne représenterait en somme assez bien la renaissance de cette même civilisation en une phase plus avancée. Tant la cité-mère que les autres, s'il y en eut, ne pouvaient que ressembler au départ à une cité lacustre et à la fin à une cité aux murs cyclopeens, telle Mycènes par exemple. Les « Atlantes » pourraient bien avoir été les mêmes que les Pélasges, "constructeurs de tours".

Reste la curieuse histoire de l’orichalque, métal inconnu qui avait fait la richesse des légendaires Atlantes comme l’étain fit celle des Phéniciens. Peut-être s’agissait-il de cuivre ou d’un alliage semblable à celui du bronze nécessitant l’étain, on ne sait. Certains ont parlé de l’aluminium, qui ne fut découvert qu’au XIXe siècle de notre ère. Peut-être les cro-magnoides proto-berbères en avaient-ils trouvé le procédé de fabrication, perdu par la suite pour n’être redécouvert que des millénaires plus tard. Une curieuse légende existe d’ailleurs au sujet d’un métal inconnu dont le dernier détenteur du secret de fabrication fut assassiné sur ordre de Néron, craignant que l’or et les métaux en cours ne s’en trouvent dévalués et son pouvoir concurrencé.

Les lieux dans lesquels on trouvait en abondance dans l'antiquité les minerais de cuivre, d'argent et d'étain étaient le sud-ouest de la Sardaigne, près du mont Sirai couronné d'un nuraghe au pied duquel se trouve un site Phénicien, le sud de l'Espagne en amont du Guadalquivir et les îles Sorlingues (iles Britanniques) et l'actuelle Grande-Bretagne.

Territoires et cités disparus

Image:Nemo Aronax Atlantis.jpg Le mythe rapporté par Platon ne recouvre qu'un aspect de l'argument ; d'autres légendes ou traditions mythiques à travers le monde parlent de territoires engloutis et de cités perdues, comme Ys, Bimini, Mu etc. Il en est des mythes des cités ou continents perdus comme pour ceux du Déluge, ils appartiennent à toutes les civilisations et à toutes les cultures.

Comme en témoigne par exemple la grotte Cosquer près de Marseille, dont l'entrée est située à 36 m au-dessous du niveau de la mer, la géographie des pourtours des continents a bien changé avec la fin de la dernière glaciation, de sorte que nombre de territoires autrefois parcourus par l'homme se trouvent aujourd'hui immergés. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le souvenir en soit resté dans l'inconscient des hommes, et qu'il soit parvenu jusqu'à nous sous forme de mythes relatifs au Déluge et à des terres ou cités englouties.

Plus que de la science-fiction, qui ne fait que transposer un mythe dans un passé inconnu ou un futur incertain, l'Atlantide comme les autres continents perdus relèvent davantage de la préhistoire et de la géologie, et du mythe qu'ils engendrent.

Deux certitudes émergent cependant des données que nous avons à notre disposition passées en revue parmi les traces et hypothèses: d'une part, du point de vue temporel tout indique qu'il n'a pu s'agir que d'une civilisation mégalithique de la préhistoire, et d'autre part tout se qui transparait du mythe platonicien quant à l'organisation de cette civilisation indique qu'il s'agissait d'une thalassocratie.


Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-François Pradeau, Le Monde, la politique. Sur le récit atlante de Platon, Timée (17–27) et Critias, Verlag, 1997.
  • Pierre Vidal-Naquet :
    • L'Atlantide. Petite histoire d'un mythe platonicien, éd. Les Belles Lettres, Paris, 2005 ; ISBN 225138071X.
    • « Athènes et l'Atlantide. Structure et signification d'un mythe platonicien », in Le Chasseur noir, La Découverte, Paris, 1991.

Liens externes


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