Ariel Sharon

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Ariel Sharon (אריאל שרון), né le 27 février 1928 à Kfar Malal près de Jaffa (Israël), est un général et homme politique israélien. Depuis le 17 février 2001, il est premier ministre d'Israël.

Il naît sous le nom de Scheinerman dans un moshav (communauté agricole) du Néguev. Son père est d'origine polonaise et sa mère russe. Il s'implique très tôt dans une organisation juive d'autodéfense, la Haganah. En 1952, il étudie l'histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Carrières militaire et politique

Image:Red Sea Summit in Aqaba.jpg

En 1953, alors âgé de 25 ans, en représailles à un attentat qui fait trois victimes israéliennes, l'unité qu'il dirige, Force 101, rase le village jordanien de Qibya. Soixante-neuf civils sont tués, dont une majorité de femmes et d'enfants. Les troupeaux de vaches sont également abattus. Le Conseil de sécurité de l'ONU, dont les observateurs font état de crimes de guerre, condamne alors, sans suite, Israël.

En 1956, durant la guerre de Suez, les Israéliens coopèrent à la prise du contrôle du Canal par les corps expéditionnaires franco-britanniques suite à sa nationalisation par Nasser. Ariel Sharon commande la 202e brigade parachutiste et se distingue au sein de l'Etat-Major par la promptitude avec laquelles les forces qu'il dirige entrent dans le Sinaï.

Ces opérations sont entâchées par un incident. On accuse les troupes de parachutistes commandées par Rafael Eytan (dépendant du commandement d'Ariel Sharon) d'avoir exécuté des prisonniers égyptiens et des civils soudanais capturés. On parle de plus de 200 prisonniers qui auraient été ainsi exécutés et jetés dans des fosses communes mais aucune preuve n'a jamais été apportée et la responsabilité d'Ariel Sharon n'a jamais été mise en cause.

En 1957, il part pour un an à l'École militaire de Camberley au Royaume-Uni. À son retour, il étudie le droit à l'Université de Tel-Aviv.

En 1967, lors de la guerre des 6 jours, il commande une des divisions qui participent à la prise du Sinaï. Ariel Sharon y acquiert un grand prestige auprès de ses hommes et de l'opinion publique israélienne. Le commandement reconnait en lui un grand stratège mais n'apprécie pas son indiscipline.

En 1971, Ariel Sharon prend en charge le commandement du front sud (Sinaï) et en particulier de la zone le long du Canal (ligne Bar-Lev). Il sera également chargé de mettre un terme aux activités terroristes dans la bande de Gaza.

Il est élu à la Knesset en 1973 sur la liste du Likoud, poste qu'il quitte en 1974 après avoir été appelé par le Premier Ministre Yitzhak Rabin pour devenir Conseiller Spécial à la Sécurité.

En 1973, L'Égypte et la Syrie lancent un attaque surprise contre Israel le jour de la fête juive du Yom Kippour. Ariel Sharon est rappelé d'urgence sur le front sud dont il vient d'abandonner le commandement pour prendre la tête d'une division de chars. Lors de la guerre du Kippour, il augmente encore son prestige auprès de l'opinion publique et confirme ses talents de tacticien hors pair suite, notamment, à plusieurs manœuvres audacieuses grâce auxquelles il encercle et isole la IIIe armée égyptienne et donne ainsi la victoire aux Israéliens.

En 1974, Sharon prendra personnellement la tête d'un groupe de colons pour établir un avant-poste illégal près de Naplouse. Expérience qu'il a ensuite renouvelée à plusieurs reprises. Ministre de l'agriculture de Begin en 1977, il permet l'expansion massive des implantations agraires juives en Cisjordanie et à Gaza.

Sous sa houlette, entre 1977 et 1981, plus de 25 000 colons s'installent dans les territoires occupés, dans des opérations nommées "Jumbo", "Judée et Samarie" ou "Météor".

Il est réélu député de 1977 jusqu'à aujourd'hui.

En 1982, il est ministre de la Défense. Il dirige les opérations d'évacuation du Sinaï, notamment de la ville de Yamit, que quelques centaines de colons israéliens irréductibles refusaient d'évacuer. Il envoie l'armée les emmener de force, et démolir leurs maisons (Opération Colombe rouge). La diffusion par la télévision qui filme les opérations marque durablement l'opinion israélienne.

Suite aux activités terroristes le long de la frontière libanaise, l'armée israélienne envahit le Liban (alors en guerre civile) pour en chasser définitivement les Palestiniens. Lors des opérations, des phalangistes chrétiens libanais attaquent les camps de Sabra et Chatila alors sous contrôle israélien et y assassinent, selon des sources différentes, entre 700 et 3500 libanais musulmans et palestiniens réfugiés. Il remettra sa démission suite au rapport de la commission officielle d'enquête dirigée par le juge en chef Yitzhak Kahan de la Cour Suprême qui le reconnaît indirectement responsable des massacres.

De 1990 à 1992, il est Ministre de la Construction et de l'Aménagement ainsi que Président du Comité Ministériel sur l'Immigration et l'Absorption. Suite à la chute de l'Union Soviétique et aux vagues d'immigration depuis la Russie, il initie et mène à bien un programme pour absorber les immigrants à travers le pays, incluant la construction de 144,000 appartements.

De 1992 à 1996, pendant la période des accords d'Oslo, il est membre du Comité de Défense et des Affaires Etrangères de la Knesset.

En 1996, Ariel Sharon est nommé Ministre de l'Infrastructure Nationale et est impliqué dans la stimulation d'entreprises conjointes avec la Jordanie, l'Égypte et les Palestinens. Il est également Président du Comité Ministériel pour l'avancement des Bédouins.

En 1998, Ariel Sharon est nommé Ministre des Affaires Etrangères et dirige les négociations avec l'Autorité Palestinienne.

En tant que Ministre des Affaires Etrangères, Sharon rencontre des leaders Américains, Européens, Palestiniens et Arabes pour faire avancer le processus de paix. Il collabore au "Flagship Water Project" fondé par la communauté internationale pour trouver une solution à long-terme à la crise de l'eau dans la région et servant de bases à des relations pacifiques entre Israël, la Jordanie et les Palestiniens.

Après l'élection au poste de Premier Ministre de Ehud Barak en mai 1999, Ariel Sharon devient leader du Likoud suite à la démission de Benjamin Netanyahou. Il est également membre du Comité de Défense et des Affaires Etrangères à la Knesset.

Sa responsabilité dans le déclenchement de la seconde Intifada est discutée : celle-ci s'est déclenchée après sa visite sur l'Esplanade des mosquées à Jérusalem, mais certains commentateurs israéliens et internationaux n'y voient que le prétexte au déclenchement d'une insurrection préparée par Yasser Arafat depuis l'échec des négociations de Camp David à l'été 2000 et après 8 ans de négociations infructueuses et dans le contexte des attentats par les groupes extrémistes palestiniens. D'autres analystes excluent le caractère prémédité du soulèvement et pense au contraire qu'Arafat n'a pris qu'en marche le train de l'Intifada.

En 2001, Ariel Sharon est élu au poste de Premier Ministre de l'État d'Israël sur un programme portant principalement sur la sécurité contre le terrorisme palestinien. Il sera réélu en mars 2003 suite à des élections anticipées.

Il stoppe toute négociation avec Yasser Arafat qu'il considère responsable de la situation et lance une campagne de répression très dure contre les activistes palestiniens. Il entame également la construction d'une barrière/mur de sécurité à l'intérieur de la Cisjordanie et autour de Jérusalem. Fin 2003, on estime que l'activité terroriste a chuté de 90%.

En 2004, peu après le décès de Yasser Arafat, il entame des pourparlers de paix avec le nouveau leader de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Parallèlement, Sharon annonce sa détermination à effectuer un retrait unilatéral des colonies israéliennes de la bande de Gaza, qui prendra fin le 11 septembre 2005.

L'attitude de Sharon a parfois porté à controverse sur des affaires liées à l'antisémitisme, notamment par exemple lorsque son conseiller en communication, Eyal Arad, sans être désavoué, s'est mis au service du candidat à l'élection présidentielle en Roumanie Corneliu Vadim Tudor, un homme politique ouvertement négationniste et antisémite.

Voir aussi

Palestine (région, terminologie, histoire générale)

Palestine (arabe)

Israël

Conflit israélo-arabe et « israélo-palestinien »



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