Albert Camus

Un article de Freepedia.

Image:Logo litt.jpg
Série : Littérature
Littérature francophone

Écrivains - Livres

Histoire littéraire

Antiquité - Moyen Âge
XVIe s. - XVIIe s.
XVIIIe s. - XIXe s.
XXe s. - XXIe s.

Formes littéraires

Conte
Nouvelle - Roman
Poésie - Théâtre

Genres littéraires

Biographie - Fantastique
Roman noir - Polar
Science-fiction - Jeunesse
Expérimental - Nouveau roman

Voir aussi

Litt. non francophone
Courants littéraires
Prix littéraires
Écriture

Méta

Le projet Littérature
Portail Littérature

Albert Camus (Algérie 7 novembre 1913Villeblevin (Yonne) 4 janvier 1960) est un écrivain français. Il a développé dans son œuvre très diverse un humanisme fondé sur la prise de conscience de l'absurde de la condition humaine. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1957.

Image:Camus.jpg

Sommaire

Biographie

Lucien, le père d'Albert Camus, travaillait dans un domaine viticole, près de Mondovi, pour un négociant de vin d'Alger. C'est dans ce département de Constantine que l'écrivain voit le jour. Lucien Camus est mobilisé en septembre 1914 et, blessé à la bataille de la Marne, meurt à l'hôpital militaire de Saint-Brieuc le 17 octobre 1914. De son père, il ne connaîtra qu'une photographie et une anecdote significative : son dégoût devant le spectacle d'une exécution capitale. La famille s'installe à Alger. Albert y fait ses études, encouragé par ses professeurs dont Jean Grenier, qui lui fera découvrir Nietzsche. Il commence à écrire très jeune et ses premiers textes paraissent dans la revue Sud en 1932. Après le bac, il obtient un diplôme d'études supérieures en Lettres, section philosophie, mais la tuberculose l'empêche de passer l'agrégation.

En 1935, il commence à écrire L'Envers et l'Endroit, qui sera publié deux ans plus tard. À Alger, il fonde le Théâtre du Travail qu'il remplace en 1937 par le Théâtre de l'Équipe ; entre temps, il a quitté le parti communiste auquel il adhérait depuis deux ans. Il entre au journal du Front populaire, créé par Pascal Pia ; son enquête Misère de la Kabylie aura une action retentissante. En 1940, le Gouvernement Général de l'Algérie interdit le journal et s'arrange pour que Camus ne trouve plus de travail. Il s'installe à Paris et travaille comme secrétaire de rédaction à Paris-Soir. C'est au cours de cette période qu'il fait paraître le roman L'Étranger et l'essai Le Mythe de Sisyphe dans lesquels il expose sa philosophie. Selon sa propre classification, ces œuvres appartiennent au « cycle de l'absurde » – cycle qu'il complétera par les pièces de théâtre Le Malentendu (1944) et Caligula (1945). En 1943, il est lecteur chez Gallimard et prend la direction de Combat lorsque P. Pia est appelé à d'autres fonctions dans la Résistance. Son œuvre littéraire se poursuit avec la production de son « cycle de la révolte » qui comprend un de ses romans les plus connus, La Peste (1947), mais également d'autres ouvrages moins célèbres : L'État de siège (1948), Les Justes (1949) et L'Homme révolté (1951).

La rupture avec Jean-Paul Sartre a lieu en 1952, après la publication dans Les Temps Modernes de l'article de Jeanson qui reproche à la révolte de Camus d'être « délibérément statique ». En 1956, à Alger, il lance son « Appel pour la trêve civile », alors que dehors, on hurle des menaces de mort. La même année, il publie La Chute, livre pessimiste dans lequel il s'en prend à l'existentialisme sans pour autant s'épargner lui-même.

Le 4 janvier 1960, au Petit-Villeblevin, dans l'Yonne, Camus trouve la mort dans un accident à bord d'une Facel Véga conduite par son ami Michel Gallimard, le neveu de Gaston. Quittant subitement la route, la voiture a percuté violemment un arbre qui la bordait. Les journaux de l'époque évoquent une vitesse excessive (130 km/h), un malaise du conducteur ou l'éclatement d'un pneu mais René Etiemble affirme : « J'ai longtemps enquêté et j'avais les preuves que cette Facel-Vega était un cercueil. J'ai cherché en vain un journal qui veuille publier mon article... ».

Camus est enterré à Lourmarin, dans le Vaucluse, où il avait acheté une maison.

En marge des courants philosophiques, Camus a poursuivi une réflexion sur la condition humaine. Refusant de formuler un acte de foi en Dieu, en l'histoire ou en la raison, il s'est opposé simultanément au Christianisme, au marxisme et à l'existentialisme. Il n'a cessé de lutter contre toutes les idéologies et les abstractions qui détournent de l'humain.

Œuvre


"L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde." (Le Mythe de Sisyphe, 1942). Dans cette phrase est concentrée la puissance d’un conflit, d’une confrontation qui supporte et emporte l’œuvre de Camus. Deux forces qui s’opposent : l’appel humain à connaître sa raison d’être et l’absence de réponse du milieu où il se trouve. L’homme vivant dans un monde dont il ne comprend pas le sens, dont il ignore tout, jusqu’à sa raison d’être .


L’appel humain, c’est la quête d’une cohérence, or pour Camus il n’y a pas de réponse à cette demande de sens. Tout au moins n’y a-t-il pas de réponse satisfaisante, car la seule qui pourrait satisfaire l’écrivain devrait avoir une dimension humaine : « Je ne puis comprendre qu’en termes humains. » (Le mythe de Sisyphe, 1942). Ainsi les religions qui définissent nos origines, qui créent du sens, qui posent un cadre, n’offrent pas de réponse pour l’homme absurde : « Je ne sais pas si ce monde à un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaître. Que signifie pour moi signification hors de ma condition ? » (Le mythe de Sisyphe, 1942). L'homme absurde n'accepte pas de perspectives divines. Il veut des réponses humaines.


L’absurde n’est pas un savoir, c’est un état acquis par la confrontation consciente de deux forces. Maintenir cet état demande une lucidité et nécessite un travail, l’absurde c’est la conscience toujours maintenue d’une « fracture entre le monde et mon esprit » écrit Camus dans le mythe de Sisyphe. Ainsi l’homme absurde doit s’obstiner à ne pas écouter les prophètes, à ne pas avoir assez d’imagination pour se représenter l’enfer, à ne faire intervenir que ce qui est certain, et si rien ne l’est, « …ceci du moins est une certitude. » (Le mythe de Sisyphe, 1942).


L’homme absurde ne pourrait s’échapper de son état qu’en niant l’une des forces contradictoires qui le fait naître : trouver un sens à ce qui est ou faire taire l’appel humain. Or aucune de ces solutions n’est réalisable.

Une manière de donner du sens serait d’accepter les religions et les dieux. Or ces derniers n’ont pas d’emprise sur l’homme absurde. L’homme absurde se sent innocent, il ne veut faire que ce qu’il comprend et « pour un esprit absurde, la raison est vaine et il n’y a rien au-delà de la raison » (Le mythe de Sisyphe, 1942).

Une autre manière de trouver du sens serait d’en injecter : faire des projets, établir des buts, et par là même croire que la vie puisse se diriger. Mais à nouveau « …tout cela se trouve démenti d’une façon vertigineuse par l’absurdité d’une mort possible ». (Le mythe de Sisyphe, 1942). En effet, pour l’homme absurde il n’y a pas de futur, seul compte l’ici et le maintenant.

La première des deux forces contradictoire, à savoir le silence déraisonnable du monde ne peut donc être niée. Quant à l’autre force contradictoire permettant cette confrontation dont naît l’absurde, qui est l’appel humain, la seule manière de la faire taire serait le suicide. Mais ce dernier est exclu car à sa manière « …le suicide résolut l’absurde » (Le mythe de Sisyphe, 1942). Or l’absurde ne doit pas se résoudre. L’absurde est générateur d’une énergie. Et ce refus du suicide, c’est l’exaltation de la vie, la passion de l’homme absurde. Ce dernier n’abdique pas, il se révolte !


Oui, il faut maintenir l’absurde, ne pas tenter de le résoudre, car l’absurde génère une puissance qui se réalise dans la révolte. La révolte, voici la manière de vivre l’absurde. La révolte c’est connaître notre destin fatal et néanmoins l’affronter, c’est l’intelligence aux prises avec le silence déraisonnable du monde, c’est le condamné à mort qui refuse le suicide. C’est pourquoi Camus écrit : « L’une des seules positions philosophiques cohérentes, c’est ainsi la révolte » (Le mythe de Sisyphe, 1942).

La révolte c’est aussi s’offrir un énorme champ de possibilités d’actions. Car si l’homme absurde se prive d’une vie éternelle, il se libère des contraintes imposées par un improbable futur et y gagne en liberté d’action. Plus le futur se restreint et plus les possibilités d’actions « hic et nunc » sont grandes. Et ainsi l’homme absurde joui d’une liberté profonde. L’homme absurde habite un monde dans lequel il doit accepter que « tout l’être s’emploie à ne rien achever » (Le mythe de Sisyphe, 1942), mais un monde dont il est le maître. Et à Camus, qui fait de Sisyphe le héros absurde, d'écrire : "Il faut imaginer Sisyphe heureux." (Le mythe de Sisyphe, 1942).


Bien que Camus réfute les religions dans lesquelles « …on n’y trouve aucune problématique réelle, toutes les réponses étant données en une fois » (L’homme révolté, 1951), bien que Camus n’accorde aucune importance au futur : « il n’y a pas de lendemain » (Le mythe de Sisyphe, 1942), sa révolte n’en est pas pour autant amorale. « La solidarité des hommes se fonde sur le mouvement de révolte et celui-ci, à son tour, ne trouve de justification que dans cette complicité » (L’homme révolté, 1951). Tout n’est pas permis dans la révolte, la pensée de Camus est humaniste, les hommes se révoltent contre la mort, contre l’injustice et tente de «  se retrouver dans la seule valeur qui puisse les sauver du nihilisme, la longue complicité des hommes aux prises avec leur destin. » (L’homme révolté, 1951). En effet, Camus pose à la révolte de l’homme une condition : sa propre limite. La révolte de Camus n’est pas contre tous et contre tout. Et Camus d’écrire : « La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifie la fin ? A cette question, que la pensée historique laisse pendante, la révolte répond : les moyens. » (L’homme révolté, 1951).

Citations

  • "L'absurde naît de la confrontation de l'appel humain avec le silence déraisonnable du monde." ("Le Mythe de Sisyphe", Editions Gallimard, 1942)


  • « Je tire ainsi de l'absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté et ma passion. Par le seul jeu de la conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort — et je refuse le suicide. » (Le mythe de Sisyphe, chapitre : La liberté absurde, 1942)

À l'expérience individuelle de Caligula succède la solidarité du Dr Rieux dans une lutte interminable contre le Mal :

  • « Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse. » (La Peste, 1947)
  • « L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile » (Lettres à un ami allemand (Gallimard), 1948)
  • « Rien n'est plus vain que de mourir pour un amour. C'est vivre qu'il faudrait. » (Noces, 1938)
  • « Dès que l'homme soumet Dieu au jugement moral, il le tue en lui-même. » - L'homme révolté -

Principaux ouvrages

  • L'Envers et l'Endroit, 1937
  • Noces, 1938, recueils d'essais et d'impressions
  • L'Été, 1938
  • Le Mythe de Sisyphe]], 1942
  • L'Étranger, 1942
  • l'absurde , 1942
  • Caligula, 1944
  • Le Malentendu, 1944
  • La Peste, 1947, prix de la critique en 1948
  • L'État de siège, 1948
  • Lettres à un ami allemand, 1948, sous le pseudonyme de Louis Neuville
  • Les Justes, 1950
  • L'Homme révolté, 1951
  • La Chute, 1956
  • L'Exil et le royaume, 1957
  • Le Premier Homme (inachevé, publié par sa fille ; 1994, Gallimard)

Bibliographie

  • Heiner Wittmann, Albert Camus. Kunst und Moral. Dialoghi/Dialogues. Literatur und Kultur Italiens und Frankreichs. Hrsg. Dirk Hoeges, Peter Lang, Frankfurt/M u.a. 2002.

Biographies

  • Herbert R. Lottman. Albert Camus. Éditions du Seuil (pour la traduction française). 1978.
  • Olivier Todd. Albert Camus. Une vie. Gallimard. 1996.

Liens externes

Wikiquote possède quelques citations de ou à propos de Albert Camus.


Articles biographiques se rapportant à la philosophie contemporaine
Philosophes analytiques :
Simon Blackburn | Ned Block | Stanley Cavell |David Chalmers | Patricia Churchland | Paul Churchland | Donald Davidson | Daniel Clement Dennett | Jerry Fodor | Susan Haack | Jaegwon Kim | Saul Aaron Kripke | Thomas Samuel Kuhn | Bryan Magee | Ruth Barcan Marcus | Colin McGinn | Thomas Nagel | Robert Nozick | Martha Craven Nussbaum | Alvin Plantinga | Karl Popper | Hilary Putnam | W. V. Quine | John Rawls | Richard Rorty | Bertrand Russell | Roger Scruton | Peter Singer | John Searle | Charles Taylor
Philosophes continentaux :
Louis Althusser | Giorgio Agamben | Roland Barthes | Jean Baudrillard | Isaiah Berlin | Maurice Blanchot | Pierre Bourdieu | Albert Camus | Hélène Cixous | Guy Debord | Gilles Deleuze | Jacques Derrida | Michel Foucault | Hans-Georg Gadamer | Jürgen Habermas | Werner Hamacher | Martin Heidegger | Michel Henry | Julia Kristeva | Jacques Lacan | Henri Lefebvre | Claude Lévi-Strauss | Emmanuel Lévinas | Jean-François Lyotard | Paul de Man | Maurice Merleau-Ponty | Jean-Luc Nancy | Antonio Negri | Paul Ricœur | Jean-Paul Sartre | Michel Serres | Paul Virilio | Slavoj Žižek



Views
Outils personels
Boîte à outils
Autres langues
Autres Liens