Études de médecine en France
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Le déroulement des études de médecine varie en fonction des pays, mais il consiste en général en une partie préliminaire de quatre à six ans d’études théoriques et pratiques, et d’au moins deux ans de pratique réelle avant de se voir autorisé à exercer. À la fin ou au cours de ces études, les médecins se voient décerner le titre de docteur, à l’issue de la soutenance d’un travail de thèse.
Dans le jargon médical, l'étudiant en médecine est appelé carabin.
Sommaire |
Études de médecine en France
Elles se déroulent en trois cycles au sein d’une faculté de médecine, associée à un CHU (Centre Hospitalier Universitaire), au nombre de 44 en France. Leur durée totale varie de 9 ans (médecine générale) à 11 ans (spécialité + sous-spécialisation). Elles sont divisées en trois cycles.
NB : cet article est en relation avec : médecin, médecine générale, médecine.
Premier cycle
Dénommée PCEM1 (premier cycle des études médicales) ou P1, la première année, essentiellement théorique, se termine par un sévère concours, permettant l’accès à la suite des études (médecine, études dentaires ou école de sage-femme et Kinesitherapie ainsi qu'Ergothérapie dans certaines villes).
La réforme visant à incorporer plus de débouchés à l’issue de ce concours, jusqu’à en faire une première année des études de santé (PAES), n’a pas eu lieu et semble avoir été abandonnée. Seul le métier de kinésithérapeute sera progressivement ajouté comme débouché de cette année de sélection, progressivement. Il est à noter que certaines écoles paramédicales privées exigent un classement en PCEM1 pour leur admission, sans que cela soit officiel.
La deuxième année (PCEM2, P2 ou PC2) comporte un enseignement essentiellement théorique sur le sujet normal : physiologie, anatomie, histologie… Dans les faits, cela correspond le plus souvent à la suite du programme de première année, sans rupture pédagogique. La deuxième année de médecine comporte un stage infirmier obligatoire et non-rémunéré d’une durée comprise entre 3 et 4 semaines, à plein temps. Il a lieu pendant les vacances précédant la rentrée des étudiants admis en deuxième année de médecine ou de sage-femme.
Il est à noter que le premier cycle des études médicales suit un programme national, mais l’organisation entre les deux années varie entre les facultés. De même pour le type d’enseignement :
- enseignement linéaire : chaque matière est enseignée séparément. anatomie, histologie, biophysique, etc. Ne nécessite pas de grande coordination entre professeurs, mais amène de grandes redondances et le risque de contradictions.
- enseignement intégré : les étudiants ont des modules qui regroupent des enseignements de différentes disciplines autour d’un même appareil. exemple : module de neurosciences : anatomie et histologie du système nerveux, biophysique sensorielle, neurobiochimie, module Cardio-Pulmonaire, Digestif, etc.
- enseignement mixte : certains appareils vus en enseignement intégré, le reste vu en enseignement linéaire.
Enfin, une matière plus médicale, la séméiologie, traditionnellement enseignée en DCEM1, est à l’heure actuelle transférée en PCEM2 dans la majorité des facultés, afin d’améliorer la portée des stages cliniques de PCEM2/DCEM1 (appelés couramment « stages de check-list » ou «stage sémio»).
Deuxième cycle
Les années sont dénommés DCEM1, DCEM2… (deuxième cycle des études médicales). En quatre ans, l’étudiant reçoit une formation théorique et pratique sur les différentes pathologies segmentées en modules : modules transversaux (plus ou moins interdisciplinaires) ou modules d’organe. Ces modules sont le programme officiel des ECN (cf infra), et comprennent une liste d'items numérotés qui correspondent soit à des pathologies, soit à des situations cliniques ou thérapeutiques, etc.
La troisième année de médecine (DCEM1) est une année de transition où l’étudiant apprend les sciences biocliniques (pharmacologie, bactériologie, virologie, parasitologie, etc.) qui font l’interface entre sciences fondamentales du premier cycle et enseignements de la pathologie. Il apprend également à mener l’interrogatoire et l’examen clinique d’un patient lors de ses stages cliniques dits « check-list » associés à l’enseignement de la séméiologie. Il entame les premiers modules.
L'enseignement magistral, de plus en plus remplacé par des travaux dirigés, se fait en alternance avec des stages hospitaliers : il s’agit de l’externat, qui commence dans la majorité des facultés en DCEM2 (4ème année) et pour certaines en DCEM1 (le stage clinique de PCEM2 est alors plus développé).
L’Externat (années DCEM2 à DCEM4)
L’étudiant externe, sous la responsabilité d’un interne ou d’un sénior, apprend à reconnaître les différents signes d’une maladie. Il n’a pas à ce stade de responsabilité thérapeutique (n’a pas le droit de prescrire). À partir de 2004, le deuxième cycle des études médicales est sanctionné par un diplôme. Le module 12 du DCEM est l’ancien Certificat de Synthèse Clinique et Thérapeutique indispensable pour remplacer un médecin généraliste. Les externes, lors de leurs derniers stages, s’ils ont validé ce certificat, jouissent de plus de prérogatives.
L’externat consiste le plus souvent en 4 stages annuels de 3 mois dans des services de spécialités, choisis par grilles en début de chaque année, soit par classement au mérite, soit par classement alphabétique. Les stages consistent en 5 matinées par semaines dans les services. Certains stages sont obligatoires de par la loi (pédiatrie, psychiatrie...) et peuvent alors intégrer l’enseignement théorique (l’externe est alors présent à l’hôpital toute la journée). Certaines spécialités n’ont pas d’externes.
L’externe doit, au cours de ses 3 années d’externat, effectuer 36 gardes de 24 heures, soit environ une garde par mois, rémunérée 20 euros.
La rémunération des stages est quant à elle « symbolique » (122 euros par mois en DCEM2, 237 euros en DCEM3, 265 euros en DCEM4), mais l’étudiant externe a le statut de salarié et cotise au régime salarié de la sécurité sociale, et à la caisse de retraite.
Il est à noter que le terme d’externe n’existe officiellement pas. Les textes officiels parlent d'étudiants hospitaliers.
Jusqu’en 2004, l’étudiant qui veut accéder à une spécialité, prépare en parallèle le Concours de l’internat de spécialité qu’il passera à la fin de ce cycle. Ce concours n’existe plus.
À partir de 2004, le second cycle s’achève pour tous les étudiants par des Epreuves Classantes Nationales (ECN) où la médecine générale est considérée comme une spécialité à part entière. L’ancien nom de projet des ECN était ENC, Examen National Classant (l’expression est parfois retrouvée).
Epreuves Classantes Nationales / Concours de l’Internat
Il s’agit d’un examen national classant depuis 2004. Il remplace l'ancien concours de l'Internat.
Suivant son classement, l’étudiant choisit sa ville d’affectation (Centre hospitalier universitaire) et sa filière puis les services où il effectuera des stages de 6 mois. Ce choix s'effectue d'abord par Internet (phase de préchoix et simulations), le choix définitif ayant lieu au cours d'un "amphi de garnison" qui réunit tous les étudiants par tranche de classement. Cette procédure permet à l'étudiant de choisir son poste en ayant pleinement connaissance des places disponibles.
Les 11 filières existantes en 2005 sont : (avec le nombre de places disponibles, sur 4 803 postes au total)
- Spécialités médicales (760)
- Spécialités chirurgicales (550)
- Médecine générale (2400)
- Anesthésie-réanimation (243)
- Biologie médicale (58)
- Gynécologie médicale (20)
- Gynécologie-obstétrique (150)
- Médecine du travail (56)
- Pédiatrie (196)
- Psychiatrie (300)
- Santé publique (70)
Troisième Cycle (Internat)
L'internat de médecine générale dure trois ans et est validé par une thèse d'exercice.
Il est constitué de stages de 6 mois rémunérés, pouvant être hospitaliers, mais aussi auprès d’un médecin généraliste, ou une structure de soin extra-hospitalier. L’étudiant prend totalement en charge ses patients mais reste sous la responsabilité d’un Sénior (chef de clinique ou praticien) : examen clinique, prescription d’examens complémentaires et traitement. L’enseignement y est essentiellement pratique.
Bien qu’il ait le statut d’étudiant et qu’il ait une tutelle, l’interne est déjà un professionnel autonome puisqu’il peut prescrire et effectuer des remplacements dans des cabinets libéraux (sous réserve qu’il ait d’une part validé un certain nombre de semestres, et d’autre part obtenu une « licence de remplacement » auprès du conseil départemental de l’Ordre des Médecins). Il s’agit plus d’une expérience professionnelle initiale que de réelles études (d’autant plus que la France est un des rares pays à considérer les internes comme des étudiants).
L'internat de spécialité dure quatre ans ou plus. Suivant la spécialité choisie, l’étudiant doit faire un nombre minimum de stages rémunérés dans des services hospitaliers validants où son rôle est identique à celui du paragraphe ci-dessus. Son internat est validé quand l’ensemble des stages de 6 mois requis ont été effectués (diplôme d’études spécialisées ou DES) et par une thèse d’exercice, portant le plus souvent sur une thème de la spécialité, et le plus souvent soutenue dans la dernière année d’internat.
Évolutions des études de médecine
- Au XIXe siècle, en réaction à l’évolution technique très rapide de la médecine et à la médiocrité de l’enseignement théorique universitaire, sont instaurés l’Externat et l’Internat, formations pratiques hospitalières accessibles sur concours. L’Internat étant accessible uniquement aux anciens externes. Les étudiants en médecine commencent alors à négliger les examens de la Faculté pour se consacrer à la préparation de ces concours, synonymes d’élite et de qualité de la formation. L’étudiant pouvait arriver au terme de ses études de médecine sans même avoir vu un seul patient, s’il avait raté ou ne s’était pas présenté au concours de l’externat.
- Suite aux évènements de mai 68, le Concours de l’Externat fut supprimé, et tous les étudiants en médecine suivirent la formation pratique de qualité qu’est l’externat devenu oligatoire. Cela correspond à l’idéal hospitalo-universitaire (création des CHU en 1958) : la pratique (l’externat) et la théorie (les cours à la Faculté) sont réconciliées dans un seul et même cursus pour tous.
- Ceci engendra un afflux massif d’étudiants dans les services des CHU, corrélé à l’augmentation générale de la population étudiante. Il fut alors instauré le concours de première année de médecine, avec un Numerus Clausus.
- Jusque dans les années 90, tout médecin pouvait devenir spécialiste, en passant la voie sélective et hospitalière de l’Internat, soit par la voie non-sélective et universitaire des Certificats d’Etudes Spécialisées de piètre qualité, laissant ainsi se développer une médecine spécialisée à deux vitesses entre Anciens Internes des Hôpitaux et Anciens Chefs de Clinique des Hôpitaux, et titulaires de CES.
- Une réforme supprima les CES médicaux et rendit l’Internat obligatoire pour la qualification ordinale de spécialiste, à travers les Diplômes d’Etudes Spécialisées (DES), compléments du diplôme de docteur en médecine.
- Les internes furent contraints de faire un stage en hôpital périphérique, c’est-à-dire non universitaire, faisant partie d’un Centre hospitalier régional ou CHR.
- À partir de 2004, tous les étudiants en médecine font un internat. Le troisième cycle de médecine générale (résidanat) est alors renommé Internat de Médecine Générale, et sa durée passe de 2,5 à 3 ans.
- On peut remarquer que le désir d’assurer une bonne formation pratique et théorique pour tous les étudiants en médecine, et de former les généralistes aussi bien que les spécialistes, a fait des études de médecine un des rares cursus français (sinon le seul) à inclure deux concours obligatoires.
- À terme, les médecins pourront changer de spécialité en cours de carrière par des reprises d’études, validation d’acquis, etc.
Études de médecine ailleurs dans le monde
Vous pouvez vous informer sur les études de médecine dans le reste du monde en explorant les autres portails de Wikipedia.
Une fédération regroupe un grand nombre d'associations nationales d'étudiants en médecine afin de promouvoir les échanges entre étudiants en médecine du monde entier : c'est l'IFMSA. Elle centralise également les informations sur les études médicales dans les différents pays et permet une comparaison des systèmes sur son site web IFMSA
en savoir plus
Liens externes
Ces trois sites comportent des documents sur les études de médecine en France, avec des forums fréquentés par les étudiants.
- Association Nationale des Etudiants en Médecine de France
- E-Carabin
- REMEDE, Regroupement d'Etudiants en Médecine
et pour l'étranger :
- http://www.ifmsa.org : Le site de la Fédération Internationale des Associations d'Etudiants en Médecine ( IFMSA)



