Éthique trad
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Éthique est un terme général utilisé pour désigner ce que l'on appelle en général « science (étude) de la morale ». En philosophie, avoir un comportement éthique signifie faire ce qui est « bien » ou « juste ». La tradition occidentale nomme parfois l'éthique philosophie morale. C'est une partie de la théorie du bien et du mal ou axiologie - l'autre versant de l'axilogie étant l'esthétique - une des quatre branches principales de la philosophie, aux côtés de la métaphysique, de l'épistémologie, et de la logique.
Sommaire |
Sens courant, morale et déontologie
Dans un sens « ordinaire », le terme éthique est synonyme de morale, et désigne une pratique ayant pour objectif de déterminer une manière de vivre conforme aux fins de la vie humaine (recherche du bonheur ou moralité). Aujourd'hui, on l'emploie généralement pour qualifier des réflexions théorique portant sur des pratiques et sur les conditions de ces pratiques ; ainsi on parle de « comité d'éthique » au sein d'institutions scientifiques.
Toujours dans le langage courant, éthique différe de la morale par la dimension religieuse qui entoure ce dernier terme. De ce point de vue, la morale désigne l'ensemble des valeurs auxquelles se réfèrent un groupe d'individus, valeurs issues d'une révélation ou d'un dogme ; c'est dans ce sens qu'il faut comprendre des expressions comme morale chrétienne ou morale judaïque. La déontologie correspond à une forme plus spécifique de réflexion morale : elle concerne l'ensemble des bonnes pratiques auxquelles se réfèrent généralement une profession.
La suite de l'article s'éloignera progressivement du sens courant pour rejoindre la définition philosophique du terme éthique.
Histoire de l'éthique
L'étude formelle de l'éthique (c'est-à-dire une étude rationnelle et analytique) commence dans la Grèce antique, se poursuit plus tard dans la Rome antique. Les premiers à l'étudier furent les sophistes, ainsi que les socratiques, Platon, et Aristote, qui développèrent le naturalisme. Ce fut ensuite Épicure et les épicuriens, ainsi que Zénon et les stoïciens qui s'intéressèrent au sujet.
Pour les Hindous, dans la civilisation indienne antique, l'éthique était une préoccupation majeure, bien qu'ils ne l'aient pas étudié formellement. Ils définirent, pour la première fois dans l'Histoire de l'humanité, les comportements éthiques les plus élevés (appelés éthique absolue par Albert Schweitzer). Des millénaires plus tard, la Société Religieuse des Amis., créée par les Quakers, atteignit le niveau des Jinas (victorieux, celui qui a triomphé des ses démons interieurs). Voir aussi Ethique dans les Religions.
En Europe, l'étude formelle de l'éthique stagna jusqu'à l'ère des Maïmonide, de Saint Thomas d'Aquin, et autres. C'est à cette époque que le débat entre une éthique basée sur une « loi naturelle », ou sur une « loi Divine » pris son importance.
La philosophie moderne occidentale fut fondée par des philosophes tels que Thomas Hobbes, David Hume et Emmanuel Kant. Leurs travaux furent suivis par celui des utilitaristes Jeremy Bentham, William Godwin et John Stuart Mill. Arthur Schopenhauer est également un philosophe majeur de l'éthique, de par son œuvre Preisschrift über die Grundlage der Moral. Il fut le premier Européen à se baser sur les travaux éthiques de l'Inde Antique. L'étude analytique de l'éthique se poursuivit avec G. E. Moore et W. D. Ross, suivis par les émotivistes C. L. Stevenson et A. J. Ayer. Enfin, l'existentialisme fut développé par des écrivains tels que Jean-Paul Sartre. Certains philosophes modernes ont également réalisé d'importants travaux philosophiques sur l'éthique, comme John Rawls, Elliot N. Dorff, Jürgen Habermas, Christine Korsgaard, Charles Hartshorne, et à moindre niveau Ayn Rand
Débat sur la définition
Il y a au moins cinq manières d'aborder le sujet:
- Les philosophes l'appellent parfois science de la morale, mais insistent généralement sur le caractère non-empirique de ce terme.
- Les théologiens considèrent l'éthique comme une branche de la théologie, particulièrement dans l'Islam, le Judaïsme, le Bouddhisme, le Catholicisme, et certaines sectes fondamentalistes Protestantes.
- Dans certaines théories, l'éthique est inséparable de l’économie, notamment dans le Marxisme, ou le féminisme, car ces visions sont dites représentatives des travailleurs, des femmes, de ceux bannis à cause de leur sexe dont l'image a été dégradée par l'éthique traditionnelle.
- Les professionnels utilisent et interprètent généralement ce terme de la même manière que « déontologie ». Il est particulièrement utilisé dans le domaine du droit, de la médecine et des sciences en général (cf. bioéthique), de la politique, etc.
- On utilise également le terme dans des théories telles que l'anarchisme, le pacifisme, ou la non-violence.
La première science sociale
Toutes les sciences sociales considèrent l'éthique comme l'une des bases influençant le comportement humain. En économie, elle joue un rôle dans la distribution des ressources rares. En science politique, elle influence la délégation du pouvoir. En sociologie, elle joue sur les dynamiques de groupe. En droit, elle codifie des concepts tels que la pitié ou la punition. En criminologie, on y a recours pour décider des comportements moraux ou immoraux. En psychologie, elle influe sur la définition, la compréhension et le traitement du comportement immoral.
Les sciences pures nécessitent également de normes éthiques. Cela est également vrai de la biologie (voir la bioéthique) et de l’écologie (éthique environnementale).
Ces champs se complexifiant en agissant dans plusieurs contextes, l’éthique, aussi, tend à devenir plus complexe. Mais Schopenhauer énonçait que le premier principe éthique demeure extrêmement simple et convaincant: « Neminem laede; imo omnes, quantum potes, juva » (Ne fais de mal à personne, donne plutôt un coup de main à autant de personnes que tu pourras).
Les différentes branches de l'éthique
En philosophie analytique, on distingue traditionnellement la métaéthique, l'éthique normative et l'éthique appliquée
La méta-éthique
La métaéthique envisage la nature des propositons éthiques. Elle traite de problèmes comme : les affirmations éthiques peuvent-elles avoir une valeur de vérité ou sont-elles d'une toute autre nature ? Sont-elles par exemple l'expression d'émotions ? La métaéthique s'occupe donc de problèmes fondamentaux et très vastes donc très vastes, ils portent sur la nature même du bien et du mal.
L'éthique normative
Cette branche étudie des situations réelles mais générales. Elle jette un pont entre la métaéthique abstraite et l'éthique appliquée qui traite des situations particulières. Elle cherche à établir des normes morales pratiques permettant de distinguer le bien du mal et de définir une vie morale. Elle peut notament définir les bonnes habitudes à acquérir, les devoir à remplir ou les conséquences de nos actions sur autrui.
Une branche importante de l'éthique normative est la théorie du comportement. Elle étudie des impératifs moraux généraux : le bien et le mal, les droits et les devoirs. Son but est de savoir comment on doit se comporter avec autrui, quels sont les devoirs de tout être humain. La théorie du comportement examine des propositions telles que « fais à autrui ce que tu voudrais que l'on te fasse », « la meilleure action est celle qui apporte le plus grand bonheur possible », « il ne faut pas voler ». La théorie du comportement moral peut être distinguée de l'étiquette ou des bonnes manières en ce que elle ne guide pas les actions en fonction des conventions sociales. Par exemple, ce n'est pas forcément une faute contre les bonnes manières de ne pas aider les personnes dans le besoin, mais c'est une faute morale.
La théorie des valeurs est l'autre branche de l'éthique normative. Elle cherche à définir ce qui est moralement valable. Supposons que nous avons défini certaines choses sont intrasèquement bonnes, ou d'une valeur supérieure à d'autres choses intrasèquement bonnes. Ceci posé, la question est comment devons nous mener notre vie ? La théorie des valeurs s'interroge également sur quels types de choses sont bonnes ? Quels types de situation sont bonnes ? Le plaisir est il toujours le bien ?
L'éthique appliquée
L'éthique appliquée applique les conclusions des autres branches de l'éthique à des situations concrètes. Elle tente de répondre à des questions comme : l'euthanasie peut-elle être morale ? L'avortement peut-il être moral ?...



